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Qu’est-ce que la factorielle et comment la calculer ?
🔭 Science

Qu’est-ce que la factorielle et comment la calculer ?

La factorielle, ce drôle de « n! » qui fait exploser les calculettes : je te montre à quoi ça sert vraiment et comment la calculer simplement.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Tu as peut‑être déjà croisé ce petit point d’exclamation collé à un nombre, du genre 5!, et tu t’es dit : « Bon, soit c’est un bug, soit les maths me crient dessus. »

En réalité, c’est beaucoup plus sympa que ça. La factorielle, c’est un outil ultra simple… qui cache derrière lui des questions de tirages, d’organisations, de probabilités, d’informatique. Et oui, tout ça dans un pauvre petit n!.

Je te propose qu’on la décortique ensemble, sans prise de tête, mais en allant assez loin pour que tu sois vraiment à l’aise avec.

L’idée derrière la factorielle : combien de façons d’organiser ?

Je commence avec une image très concrète.

Imagine que tu as 3 peluches en ligne sur ton lit : un chien, un chat, un lapin. Tu veux les poser sur une étagère, dans un ordre précis. Combien d’ordres différents possibles ?

On peut les énumérer :

  • chien – chat – lapin
  • chien – lapin – chat
  • chat – chien – lapin
  • chat – lapin – chien
  • lapin – chien – chat
  • lapin – chat – chien

On en trouve 6.

Eh bien, cette histoire d’ordres possibles, c’est exactement ce que la factorielle sait compter. Pour 3 objets, on note :

3! se lit « 3 factorielle » et vaut 6

On retrouve le même principe si tu te demandes :

  • En combien de façons peut‑on placer 4 livres sur une étagère ?
  • Combien d’ordres possibles pour 5 personnes dans une file d’attente ?
  • Combien de codes différents si j’ai 6 symboles à mettre dans un ordre sans répétition ?

Dès qu’on parle d’organiser tous les éléments d’un groupe dans un ordre, la factorielle n’est jamais loin.

La définition officielle (qui tient en une ligne)

La factorielle d’un nombre entier positif n, notée n!, c’est :

Le produit de tous les entiers de 1 jusqu’à n.

En formule :

  • n! = n × (n - 1) × (n - 2) × … × 2 × 1

Exemples :

  • 3! = 3 × 2 × 1 = 6
  • 4! = 4 × 3 × 2 × 1 = 24
  • 5! = 5 × 4 × 3 × 2 × 1 = 120

Deux détails un peu surprenants mais très importants :

  • 1! = 1
  • 0! = 1 aussi (oui, ça a l’air bizarre, je t’explique juste après)

Déjà ici, on voit que ça monte vite : 5! = 120, alors qu’on a juste multiplié les nombres de 1 à 5.

Pourquoi 0! = 1 (non, ce n’est pas une erreur de typographie)

Au départ, ça choque un peu : comment un produit « vide » pourrait valoir 1 ?

Repartons de nos histoires d’ordres possibles.

  • Si j’ai 1 objet, j’ai 1 seule façon de le ranger.
  • Si j’ai 0 objet (le vide), en réalité, il y a… 1 façon de ne rien ranger : ne rien faire. C’est un peu philosophique, mais ça marche.

Mathématiquement, ce choix permet aussi de garder des formules propres. Par exemple, on a cette relation très utile :

  • n! = n × (n - 1)!

Testons avec n = 1 :

  • 1! = 1 × 0!

On sait que 1! = 1, donc il faut forcément que 0! = 1 pour que tout soit cohérent.

Moralité : ce n’est pas un bug, c’est une convention très pratique, choisie pour que tout le reste fonctionne bien.

La factorielle grossit à une vitesse folle

Faisons un petit tour de quelques valeurs (sans aller trop loin, sinon la calculette fume) :

  • 3! = 6
  • 4! = 24
  • 5! = 120
  • 6! = 720
  • 7! = 5040
  • 8! = 40320
  • 10! vaut déjà plusieurs millions

Tu vois le délire : chaque fois que tu augmentes n d’1, tu multiplies tout le résultat précédent par n. Donc ça explose.

Une bonne image :

La factorielle, c’est comme une boule de neige qui descend une pente très raide. Elle grossit tellement vite que, passé un certain point, tu ne peux plus la porter à bout de bras.

C’est pour ça qu’en informatique, en statistiques, ou même sur une simple calculatrice, on peut rapidement atteindre des limites dès qu’on tape n! avec un n un peu gros.

À quoi sert vraiment la factorielle ?

Je te donne quelques situations du quotidien ou du monde réel où elle se cache :

1. Compter des possibilités (permutations)

On en a déjà parlé : avec n objets tous différents, le nombre d’ordres possibles est n!.

  • 4 livres → 4! = 24 ordres différents
  • 6 amis dans une file → 6! = 720 organisations possibles

C’est la base des permutations.

2. Probabilités simples

Dès qu’on parle de :

  • Tirer des cartes dans un ordre
  • Organiser des équipes
  • Choisir des gagnants parmi des participants

…on tombe très souvent sur des formules avec des factorielles, du type :

  • n! / (k! × (n - k)!) (pour compter des combinaisons, par exemple « parmi 10, en choisir 3 »)

Tu n’as pas besoin d’apprendre ces formules par cœur maintenant, mais savoir d’où sort le ! aide à ne pas avoir peur quand tu le vois.

3. Informatique et algorithmes

Beaucoup d’exemples d’algorithmes « jouets » utilisent la factorielle pour :

  • Apprendre la récursivité (une fonction qui s’appelle elle-même)
  • Tester la performance d’un programme (parce que n! devient vite énorme)

4. Approximations en sciences

Quand n devient très grand, on ne calcule plus n! à la main. On utilise des approximations (comme la célèbre formule de Stirling) pour estimer la taille de n! sans la calculer exactement.

L’idée à retenir : la factorielle est un outil de base, comme l’addition ou la puissance, qu’on retrouve partout où on compte des arrangements ou des scénarios possibles.

Comment calculer une factorielle à la main (et ne pas s’y perdre)

Bonne nouvelle : la méthode est mécanique. Mauvaise nouvelle : ça peut vite devenir pénible pour des gros nombres.

Méthode simple, pas à pas

Pour calculer n! :

  1. Tu démarres à 1
  2. Tu multiplies par 2, puis par 3, puis par 4… jusqu’à n

Exemple pour 6! :

  • Départ : 1
  • ×2 → 2
  • ×3 → 6
  • ×4 → 24
  • ×5 → 120
  • ×6 → 720

Tu peux écrire juste : 6! = 6 × 5 × 4 × 3 × 2 × 1 = 720

Petit truc pratique : réutiliser le résultat précédent

La relation clé :

  • (n + 1)! = (n + 1) × n!

Donc, si tu connais 6! = 720, alors :

  • 7! = 7 × 720 = 5040
  • 8! = 8 × 5040 = 40320

Très utile pour aller un peu plus loin de tête (ou sur un brouillon) sans tout recommencer à chaque fois.

Version « programme informatique »

Même sans coder, c’est chouette de voir comment un ordinateur pense la factorielle.

Il y a deux grandes façons de l’écrire :

  • Boucle : on fait exactement comme à la main, on multiplie dans un for ou un while
  • Récursif : on utilise la formule n! = n × (n - 1)! et on demande à la fonction de s’appeler elle-même, jusqu’à arriver à 0!

Ça donne une très bonne illustration de ce qu’est la récursivité : un problème qu’on réduit à une version plus petite de lui‑même.

Une astuce un peu plus avancée : estimer la taille de n!

Si tu dois juste te faire une idée de la taille de n! sans le calculer précisément, il y a un repère simple :

  • Chaque fois que n augmente, tu multiplies par un nombre de plus en plus grand.

Donc :

  • 10! est plus grand que 10^5 (100 000) et plus petit que 10^7 (10 millions) — on sait que c’est plusieurs millions
  • 20! est déjà gigantesque (on dépasse largement les milliards, on est dans un nombre à une vingtaine de chiffres)

Une petite technique de mentaliste :

  • Tu estimes combien de fois tu vas multiplier par environ 10 dans le calcul. Ça te donne un ordre de grandeur du nombre de zéros.

Ce n’est pas précis, mais pour de la culture générale ou pour sentir si un résultat « tient la route », c’est souvent suffisant.

Erreurs fréquentes (et comment les éviter)

Je te fais le tour des pièges que je vois souvent :

  • Oublier que le produit va jusqu’à 1 : s’arrêter trop tôt, par exemple écrire 5! = 5 × 4 × 3 = 60 (non, il manque 2 × 1)
  • Confondre factorielle et puissance : 5! n’a rien à voir avec 5^5
  • Penser que 0! = 0 : on a vu pourquoi c’est 1
  • Essayer de calculer une factorielle de nombre négatif : ça, ce n’est pas défini dans ce cadre‑là, on reste sur les entiers positifs et zéro

Un bon réflexe : pour les petites factorielles (jusqu’à 8 ou 9), ça vaut le coup de mémoriser les résultats à force de les revoir. Ça évite les erreurs bêtes quand on fait des exercices de proba ou de combinatoire.

Et après ? Factorielle, variations, et curiosité

Une fois qu’on est à l’aise avec n!, on ouvre la porte à d’autres notions :

  • Les arrangements : quand on ne prend qu’une partie des objets
  • Les combinaisons : quand l’ordre n’a plus d’importance
  • Les coefficients binomiaux (les nombres dans le triangle de Pascal)

Tout ça repose sur des factorielles combinées entre elles.

Et si tu aimes voir les maths dans la vie de tous les jours, amuse‑toi à repérer où la factorielle se cache : nombre de façons d’organiser une équipe, nombre de tours possibles dans un jeu, ordre de passage d’artistes, etc.

Derrière chaque petit ! dans une formule, il y a une foule de scénarios possibles qu’on essaie juste de compter proprement.


Et si un jour tu expliques la factorielle à quelqu’un, tu pourras repartir de nos trois peluches sur l’étagère : chien, chat, lapin. Ça, c’est du concret.

Au passage, rien à voir avec la factorielle, mais si ton chien, ton chat (ou ton lapin, soyons fous) a le moindre souci de santé, n’hésite jamais : on demande toujours conseil à un vétérinaire. Pour les nombres, je peux t’aider ; pour les bobos, c’est leur domaine.

Alors, la prochaine fois que tu verras un 7! dans un coin de cahier, tu sauras qu’il ne te crie pas dessus : il te raconte juste toutes les façons possibles d’organiser 7 petites choses dans un ordre différent. Et ça, mine de rien, c’est assez beau.

DY

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