
Qu’est-ce que I Spring et comment ça marche?
Créer des formations en ligne sans être développeur ? Je te montre comment iSpring fonctionne vraiment, avec des exemples concrets pas à pas.
La première fois qu’on m’a parlé d’iSpring, j’ai répondu : « Encore un logiciel de plus… ». Et puis j’ai vu une collègue transformer un vieux PowerPoint poussiéreux en vrai parcours interactif, avec quiz, scénarios et suivi des résultats. Le tout sans appeler un développeur.
C’est là que j’ai compris qu’iSpring méritait qu’on se penche dessus sérieusement.
Je te propose qu’on regarde ensemble ce que c’est, à quoi ça sert vraiment, et comment ça marche concrètement quand on n’est ni ingénieur informatique ni designer pédagogique star.
iSpring, en gros : un “turbo” pour tes présentations
iSpring, c’est une suite de logiciels qui servent à créer des formations en ligne (e-learning) interactives. L’idée, c’est de partir de ce que tu as déjà (souvent des PowerPoint, des PDF, des vidéos, des supports de formation) et de les transformer en vrais modules de formation :
- qu’on peut suivre en ligne, sur un ordi, une tablette ou un téléphone ;
- avec de l’interactivité (quiz, boutons, scénarios, simulations…) ;
- qui enregistrent ce que fait l’apprenant (temps passé, score, progression…) ;
- et qu’on peut intégrer dans une plateforme de formation (LMS).
Je résume comme ça : iSpring, c’est PowerPoint qui a décidé de devenir formateur pro.
Concrètement, il y a deux grands blocs :
- iSpring Suite : l’outil pour créer les contenus de formation ;
- iSpring Learn : la plateforme pour diffuser ces contenus aux apprenants et suivre leurs résultats.
On peut utiliser l’un sans l’autre, mais les deux vont plutôt bien ensemble.
Comment ça se présente quand on l’ouvre ? (rien de sorcier)
Si tu sais déjà utiliser PowerPoint, tu pars avec un gros avantage.
iSpring Suite : une barre en plus dans PowerPoint
Une fois installé, iSpring ajoute un onglet dans PowerPoint. Tu gardes donc tout ce que tu connais déjà (diapos, animations, transitions…) et tu gagnes en plus :
- un éditeur de quiz (QCM, vrai/faux, glisser-déposer, appariement…)
- un éditeur de scénarios pour faire des conversations type « jeu de rôle » ;
- un module pour créer des capsules vidéo (face caméra + capture d’écran) ;
- un outil pour faire des simulations de dialogue (par exemple pour l’accueil client) ;
- des options pour ajouter facilement voix off, vidéo, boutons, navigation personnalisée.
Tu travailles dans ton PowerPoint comme d’habitude, puis tu « publies » avec iSpring en un module e-learning, au format compatible avec les plateformes (SCORM, xAPI, etc.).
iSpring Learn : une plateforme pour tes apprenants
Côté diffusion, iSpring Learn ressemble aux plateformes de formation classiques :
- tu crées des parcours (chapitres, modules, évaluations) ;
- tu ajoutes des utilisateurs (apprenants, managers, admins) ;
- tu suis les statistiques : qui a terminé quoi, quels scores, où ça coince ;
- tu peux programmer des rappels, des certificats, des délais limites.
J’aime bien l’idée que tu peux commencer petit : un seul module, quelques apprenants tests, et construire au fur et à mesure. Pas besoin de monter tout un “campus virtuel” dès le départ.
Ce qu’on peut créer concrètement avec iSpring (et comment)
Pour que ce soit moins théorique, je te montre trois types de contenus typiques que je vois souvent avec iSpring.
1. Transformer un PowerPoint en vrai module interactif
Scénario réaliste : tu as déjà un support de formation en présentiel, en diapos. Pour en faire un module e-learning un peu digne de ce nom, je ferais comme ça :
-
Nettoyer le PowerPoint
- alléger le texte ;
- garder une idée par diapo ;
- ajouter quelques images parlantes.
-
Découper en “chapitres”
Chaque partie de ton PowerPoint devient un petit bloc de formation (5 à 10 minutes). C’est plus digeste. -
Ajouter des micro-interactions avec iSpring
- un quiz rapide toutes les 3–5 diapos ;
- un clic sur une image pour révéler des infos ;
- une mise en situation simple (« Que ferais-tu dans ce cas ? » avec choix multiples).
-
Enregistrer une voix off (si tu peux)
Même un enregistrement simple avec un micro correct change tout. iSpring permet de caler l’audio sur les animations de la diapo. -
Publier
Tu cliques sur « Publier », tu choisis :- export web (un lien à partager) ;
- ou export compatible avec ta plateforme (SCORM, xAPI…).
Tu obtiens un module que l’apprenant suit à son rythme, avec une vraie progression, et non plus juste un diaporama envoyé par mail.
2. Créer un quiz qui ne donne pas envie de fuir
L’éditeur de quiz d’iSpring permet d’aller un peu plus loin que le QCM basique. Je l’utilise pour :
- alterner types de questions : QCM, glisser-déposer, zones à cliquer, mise en ordre…
- donner un feedback immédiat :
- si bonne réponse : rassurer, éventuellement compléter l’info ;
- si mauvaise : expliquer pourquoi et renvoyer vers le contenu.
- varier le ton :
- « Pas tout à fait, regarde le point 3 du chapitre précédent » ;
- plutôt que « Faux » en rouge qui met tout le monde mal à l’aise.
Deux astuces qui aident vraiment :
- mettre moins de questions, mais mieux pensées ;
- annoncer clairement le but : « Ce quiz sert à t’entraîner, pas à te piéger ».
3. Simuler un entretien ou une situation de terrain
Là, on commence à s’amuser un peu.
Avec l’éditeur de scénarios et de dialogues, tu peux construire des situations du type :
« Tu joues le rôle d’un conseiller. Le client te dit : “Je suis très mécontent de votre service.” Que réponds-tu ? »
L’apprenant choisit parmi plusieurs réponses possibles, et selon son choix :
- la conversation se poursuit différemment ;
- un manager virtuel commente son choix ;
- des points sont gagnés ou perdus.
C’est très utile pour :
- la relation client ;
- le management ;
- les situations de sécurité (« que faire en cas de… ») ;
- l’accueil de publics fragiles.
Tu restes dans un environnement très graphique, avec des personnages, des décors, des bulles de dialogue. Pas besoin de savoir coder, juste de bien penser ton scénario.
Est-ce que c’est compliqué à prendre en main ?
Je te donne la version honnête :
- si tu es à l’aise avec PowerPoint, tu peux produire quelque chose de correct assez vite ;
- si tu débutes en pédagogie, le logiciel ne fera pas tout à ta place.
Les premiers pas sont assez doux :
- interface familière ;
- modèles prêts à l’emploi (de quiz, de mises en page…) ;
- beaucoup de petits tutos vidéo officiels.
Là où ça se corse un peu, c’est quand tu veux :
- gérer la navigation avancée (par exemple imposer un ordre, ou au contraire laisser l’exploration libre) ;
- jouer finement avec les scores, les conditions de réussite, la reprise là où l’apprenant s’est arrêté ;
- ajuster les paramètres d’export selon ta plateforme de formation.
Mais pour un usage “normal” dans une petite ou moyenne structure, on s’en sort généralement très bien avec un peu d’essais-erreurs. L’idéal, c’est de :
- prototyper un module très simple ;
- le faire tester par 3–4 personnes ;
- noter ce qui bloque (boutons pas visibles, consignes floues, temps trop long…) ;
- ajuster.
Comment savoir si iSpring est adapté à toi ?
Je ne suis pas là pour te dire « c’est l’outil parfait pour tout le monde ». Comme toujours, ça dépend de ton contexte.
iSpring est plutôt adapté si :
- tu as beaucoup de contenus existants en PowerPoint ;
- tu veux garder une autonomie : créer toi-même sans dépendre d’une équipe technique ;
- tu travailles dans une petite ou moyenne structure, ou un service formation qui doit produire rapidement ;
- tu veux des modules classiques mais efficaces (quiz, scénarios, vidéos, PDF interactifs…).
Ça colle moins bien si :
- tu cherches des expériences ultra gamifiées ou très proches du jeu vidéo ;
- tu veux des parcours très complexes, avec des mécaniques de branchement dans tous les sens ;
- tu n’utilises pas du tout PowerPoint et tu détestes ce format.
Un bon test, c’est de prendre un petit sujet (par exemple : « accueillir un nouveau collaborateur ») et de te poser trois questions :
- Est-ce que je me vois le faire dans PowerPoint ?
- Est-ce que je suis prêt·e à passer un peu de temps à tester les quiz et scénarios ?
- Est-ce que j’ai une idée claire de ce que l’apprenant doit savoir faire à la fin ?
Si tu as deux “oui” sur trois, iSpring peut valoir le coup d’être testé.
Quelques erreurs fréquentes… et comment les éviter
Avec iSpring (comme avec d’autres outils), on voit souvent les mêmes pièges. J’en liste quelques-uns pour t’éviter de tomber dedans :
-
Mettre tout le texte sur les diapos
→ Pense “diapo = support visuel”, pas “document Word sur fond coloré”. Le texte détaillé peut être en ressource à télécharger. -
Faire des modules trop longs
→ Mieux vaut 4 modules de 10 minutes qu’un pavé d’1 h. L’attention a besoin de respirer. -
Vouloir tout rendre interactif
→ L’interactivité n’est pas un but en soi. Pose-toi la question : « Est-ce que ce clic aide vraiment à apprendre quelque chose ? ». -
Oublier le point de vue de l’apprenant
→ Teste ton module en te mettant dans sa peau. Est-ce que je comprends quoi faire ? Est-ce que ça va au bon rythme ? Est-ce que c’est utile dans ma vraie vie ? -
Ne pas tester l’export
→ Entre iSpring et ta plateforme de formation, il peut y avoir des réglages à ajuster (suivi, score, progression). Teste toujours avec un ou deux comptes “faux apprenants”.
Et maintenant, on fait quoi de tout ça ?
Si tu te reconnais dans le profil « je dois créer des formations, mais je ne suis pas développeur », iSpring peut devenir un allié très pratique : il te permet de rester dans un environnement familier (PowerPoint), tout en passant un vrai cap en termes de qualité pédagogique.
Le meilleur moyen de savoir si ça te convient, ce n’est pas de lire dix avis contradictoires, c’est de :
- choisir un petit sujet très concret ;
- fixer un objectif simple (« à la fin, la personne doit savoir faire X ») ;
- te donner 2–3 heures pour bricoler un premier module test ;
- le montrer à deux personnes de confiance et leur demander ce qui, pour elles, fonctionne ou non.
Après ça, tu sauras si tu as envie d’aller plus loin avec l’outil, ou si tu préfères une autre voie.
Et qui sait : ton vieux PowerPoint poussiéreux est peut-être à deux clics de devenir une vraie petite formation qui donne enfin envie d’apprendre.
La rédaction Dymastyle
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