
La ferraille a de la valeur et vous pouvez l’utiliser pour gagner un peu d’argent
Et si votre “tas de vieux trucs en métal” valait plus que vous ne pensez ? Comment trier, vendre sa ferraille et faire un geste pour la planète.
Je me souviens d’un déménagement où, au fond de la cave, j’ai découvert un tas de vieux tuyaux, un radiateur rouillé et une boîte pleine de câbles. Pour moi, c’était juste « du bazar ». Le gars venu vider la cave a jeté un œil et m’a sorti : « Vous savez que ça, c’est de l’argent ? ».
C’est là que j’ai vraiment compris un truc : la ferraille, ce n’est pas juste des déchets. C’est une matière première… qui se revend. Et au passage, c’est un moyen très concret de réduire ses déchets et de soutenir le recyclage.
Voyons comment transformer ce tas de métal oublié en quelques billets, sans se prendre pour un ferrailleur pro.
Pourquoi la ferraille vaut quelque chose (et pourquoi c’est écolo)
Le principe est simple : le métal se recycle très bien. L’aluminium, le cuivre, l’acier, le laiton… se refondent et se réutilisent. Les usines préfèrent souvent racheter du métal recyclé plutôt que d’en extraire de nouveau dans des mines, parce que :
- ça consomme moins d’énergie,
- ça évite d’ouvrir de nouveaux sites d’extraction,
- ça coûte souvent moins cher que la matière première « neuve ».
En gros, votre vieux radiateur en fonte ou vos câbles électriques ne sont pas des déchets. Ce sont des « matières » que les ferrailleurs et les centres de recyclage revendent ensuite à l’industrie.
On se débarrasse d’un encombrant, on évite un déchet et on récupère quelques euros : le combo est plutôt intéressant.
Évidemment, on ne va pas financer ses vacances aux Maldives avec de la ferraille. Mais pour :
- vider une cave ou un garage,
- amortir un chantier de rénovation,
- éviter de jeter n’importe où,
ça peut vraiment valoir le coup de s’organiser un peu.
Qu’est-ce qui se revend (et qu’est-ce qui ne vaut presque rien) ?
Tous les métaux ne se valent pas. Certains se vendent au kilo beaucoup plus cher que d’autres. Sans donner de prix exacts (ça change tout le temps selon les marchés), on peut se faire une idée en gros.
Les « stars » de la ferraille
Ceux-là partent très bien chez les ferrailleurs :
- Cuivre : câbles électriques (après retrait de la gaine plastique), vieux tuyaux de plomberie, anciens chauffe-eaux, moteurs électriques.
- Laiton (alliage cuivre + zinc) : anciens robinets, poignées, certaines pièces de plomberie, cartouches de chasse d’eau.
- Aluminium : profils de fenêtres, vieilles casseroles (sans revêtement spécial), jantes, cadres de vélo, certaines pièces auto.
- Inox (acier inoxydable) : éviers, certaines casseroles, pièces de cuisine pro, rambardes.
Ce sont les métaux dits « non ferreux » (qui ne collent pas à l’aimant). Ils sont en général plus intéressants à la revente.
Les métaux qui valent moins mais restent utiles
- Fer et acier (ferraille classique) : radiateurs en fonte, poutrelles, tôles, carcasses d’outils, électroménager (hors électronique), portails, grillages.
Ça se revend souvent au kilo pour pas grand-chose, mais sur de gros volumes (un portail, plusieurs radiateurs, des poutres…), ça peut faire une différence, et surtout : ça évite une benne « tout-venant ».
Ce qui pose problème
- Déchets électroniques (ordinateurs, TV, box internet) : ne se traitent pas comme de la simple ferraille. Ils contiennent des métaux intéressants mais aussi des composants polluants. Direction les filières DEEE (déchets électriques et électroniques).
- Aérosols, bonbonnes de gaz, batteries, piles : surtout pas dans la ferraille classique. C’est dangereux. Ils ont leurs propres filières.
Repère simple : quand tu n’es pas sûr, ne démonte pas tout toi-même, demande conseil à la déchetterie ou à un ferrailleur. Parfois, ils reprennent l’objet tel quel.
Comment reconnaître un métal sans être pro (test de l’aimant & co.)
Je ne suis pas métallurgiste, et probablement toi non plus. Mais il existe quelques petits tests « de terrain » :
-
Le test de l’aimant
- Si ça colle : fer, acier (valeur plutôt faible au kilo, mais intéressant en volume).
- Si ça ne colle pas : on est peut-être sur du cuivre, de l’alu, du laiton, de l’inox… souvent mieux payé.
-
La couleur (sur une zone propre, un peu poncée si besoin)
- Rouge/brun orangé : cuivre.
- Jaune un peu doré : laiton.
- Argenté clair, très léger : souvent aluminium.
- Argenté plus dense, résistant, parfois légèrement bleuté : inox.
-
Le poids dans la main
- Alu : étonnamment léger pour sa taille.
- Cuivre et laiton : lourds, denses.
- Fer/acier : lourds aussi, mais aimantés.
Ce ne sera jamais aussi précis qu’un pro, mais c’est suffisant pour trier en deux tas :
“ferraille classique” d’un côté, “métaux intéressants” de l’autre.
Astuce que j’utilise : garder un petit aimant sur le frigo, le décrocher pour tester rapidement les objets douteux.
Où vendre sa ferraille sans se faire avoir
Il y a plusieurs options, selon ce que tu as et en quelle quantité.
1. Les ferrailleurs / centres de recyclage privés
Ce sont les plus classiques :
- Tu y vas avec tes métaux triés dans le coffre (ou la remorque),
- On pèse chaque catégorie sur une balance,
- On t’annonce un prix au kilo selon le cours du moment,
- Tu repars avec un bon d’achat ou un paiement (souvent virement ou chèque, parfois espèces dans une certaine limite selon la loi en vigueur).
Pour ne pas te faire surprendre :
- Appelle avant pour connaître les types de métaux qu’ils reprennent et les conditions (certains refusent les petites quantités).
- Demande s’ils donnent une estimation des prix du jour pour le cuivre, l’alu, etc. (même approximative, ça permet de voir si ça vaut le déplacement).
2. Les déchetteries avec reprise des métaux
Certaines collectivités ont passé des accords avec des recycleurs. Tu ne seras pas payé à la pièce, mais parfois :
- l’accès est gratuit,
- les métaux ont une filière de recyclage correcte,
- tu es sûr de respecter la réglementation.
Si tu vis en appartement ou que tu n’as pas beaucoup de volume, c’est parfois plus simple que d’aller chez un ferrailleur qui ne veut pas 4 kg de ferraille.
3. Les petites annonces & dons malins
Parfois, la meilleure « vente », c’est… le don :
- Une personne qui retape une voiture ou une moto,
- Quelqu’un qui fait des créations en métal,
- Un bricoleur qui récupère pour ses projets.
Tu peux proposer :
- « À récupérer contre coup de main pour évacuer » (pratique pour les gros volumes : portails, radiateurs),
- « Don à qui vient chercher » pour éviter un déplacement.
Tu ne touches pas d’argent, mais tu gagnes : du temps, de la place, et tu évites de passer des heures à démonter et trier.
Ce qu’il faut absolument éviter (pour ne pas finir dans les ennuis)
Quand on commence à se dire « tiens, le métal c’est de l’argent », il y a deux, trois écueils à éviter.
1. Ne jamais récupérer sur les voies publiques sans autorisation
Panneaux, grilles, plaques de rue, matériel sur un chantier, rails, câbles visibles…
Même si c’est vieux, rouillé, abandonné en apparence, ce n’est pas à toi.
Les vols de métaux sont un vrai sujet pour les communes, les chantiers et les entreprises. Les ferrailleurs sérieux sont vigilants. Ils peuvent te demander :
- une pièce d’identité,
- parfois une preuve d’origine pour certains métaux (par exemple si tu arrives avec une quantité énorme de câbles cuivre).
2. Attention à la sécurité
Couper, démonter, porter de la ferraille, ce n’est pas sans risques :
- Coupures avec les tôles ou les bords tranchants,
- Chutes d’objets lourds (radiateurs, poutres),
- Poussières, rouille.
Le minimum :
- gants solides,
- chaussures fermées (idéalement de sécurité si tu en as),
- ne pas porter seul des charges trop lourdes,
- éviter d’utiliser des outils électriques sans être sûr de ce que tu fais.
Si tu as un doute (par exemple, une vieille cuve, un réservoir, un objet potentiellement dangereux), mieux vaut appeler un pro ou te renseigner en déchetterie.
Une méthode simple pour vider son stock de ferraille à la maison
Si tu as l’impression que ton garage est une annexe de casse auto, voici un petit plan d’attaque en 5 étapes.
1. Faire un tour d’horizon
Balade-toi avec un sac solide (ou un bac) et repère tout ce qui est en métal :
- vieilles casseroles, outils cassés,
- restes de chantier (tubes, profilés, plaques),
- vieux vélos irrécupérables,
- radiateurs, carcasses d’appareils,
- câbles électriques, tuyaux de cuivre.
Mets tout au même endroit pour voir le volume. C’est souvent là qu’on réalise : « ah oui, j’ai vraiment de quoi faire un aller-retour ».
2. Pré-trier grossièrement
Sans te prendre pour un expert, sépare au moins :
- Fer / acier (ce qui colle à l’aimant),
- Le reste (cuivre, alu, laiton, inox…).
Ne passe pas deux heures à démonter chaque objet pour grappiller 200 grammes de métal. Le temps, c’est aussi de l’argent (et de la fatigue).
3. Démonter seulement ce qui est simple
Exemples :
- Enlever les poignées en plastique d’un outil pour récupérer la partie métallique,
- Dégainer des morceaux de câble si tu as une bonne longueur et que ça vient facilement,
- Séparer alu et fer si c’est juste quelques vis à retirer.
Si tu te retrouves à maudire une vis rouillée depuis 20 minutes, c’est que ça ne vaut sans doute pas le temps passé.
4. Appeler un point de rachat
Avant de charger la voiture :
- Vérifie les horaires,
- Demande s’ils reprennent les particuliers,
- Note les papiers nécessaires (pièce d’identité, parfois RIB pour un virement).
Tu peux aussi demander : « J’ai environ [tant] de ferraille, [tant] de cuivre ou de câbles, est-ce que ça vaut le déplacement ? ». Ils te répondront franchement, en général.
5. Y aller une bonne fois… et respirer
Une fois le voyage fait, tu profites :
- d’un garage ou d’une cave désencombré,
- de quelques billets pour te payer un bon resto ou amortir un achat utile,
- du sentiment d’avoir fait un geste propre, plutôt que de tout balancer à la benne « classique ».
Et tu verras qu’après, on regarde les vieux métaux différemment. On a plus le réflexe : « je mets de côté, je ferai un voyage quand j’en aurai assez ».
Gagner un peu, changer beaucoup
Faire de la ferraille un mini « revenu bonus », ce n’est pas un business miraculeux. C’est surtout un changement de regard.
On arrête de voir :
- des déchets,
et on commence à voir :
- des matériaux,
- des ressources,
- une filière de recyclage qu’on nourrit.
C’est un geste très simple, presque banal, mais il coche beaucoup de cases : moins de gaspillage, un peu d’argent, moins de matières vierges extraites, et des espaces de vie un peu plus légers.
La prochaine fois que tu baisses les yeux sur un vieux tuyau qui traîne ou une pile de métal dans un coin, tu te poseras peut-être cette question :
et si ce tas de ferraille était le début de mon prochain petit coup de pouce au porte-monnaie… et à la planète ?
La rédaction Dymastyle
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