
Comment installer un récupérateur d’eau de pluie facilement
Marre de gaspiller l’eau du robinet au jardin ? Je t’emmène installer un récupérateur d’eau de pluie pas à pas, simplement, sans prise de tête.
La première fois que j’ai vu ma facture d’eau grimper juste parce que j’arrosais le jardin et rinçais la terrasse, j’ai un peu avalé de travers. D’autant que, les jours d’orage, je voyais des torrents d’eau filer directement dans la gouttière… gâchis monumental.
Alors j’ai fini par installer un récupérateur d’eau de pluie. Et je te rassure : je ne suis pas né avec une perceuse dans la main. Avec un peu de méthode, c’est vraiment à la portée de presque tout le monde.
Je te montre comment faire, sans jargon et sans prise de tête.
Avant de sortir la perceuse : les bonnes questions à se poser
Avant d’acheter un gros bidon en promo (et de le regretter après), j’ai appris à me poser trois questions simples :
- Où je vais le mettre ?
- À quoi va servir l’eau récupérée ?
- De quel volume j’ai vraiment besoin ?
1. L’emplacement : près d’une gouttière… et accessible
Un récupérateur se place en général :
- au pied d’une descente de gouttière,
- sur un sol bien plat et stable,
- dans un endroit où tu peux facilement accéder au robinet.
Deux points souvent négligés :
- Le poids : 300 litres d’eau = environ 300 kg. Autant dire qu’un vieux caillebotis en bois un peu pourri, ça ne va pas le faire. Si besoin, on renforce le sol (dalles béton, parpaings, palettes solides bien à plat).
- La hauteur : plus le robinet est haut, plus tu pourras facilement remplir un arrosoir en le glissant dessous. Sinon, prévois un petit support (parpaings, briques, socle vendu avec le récupérateur).
2. L’usage : pas la même histoire pour le jardin et les toilettes
En général, l’eau de pluie sert à :
- arroser les plantes, le potager,
- nettoyer la terrasse, la voiture,
- rincer outils, bottes, gamelles (mais pas pour l’alimentation, j’y reviens plus bas),
- éventuellement alimenter les WC ou le lave-linge… mais là, c’est une autre catégorie.
Pour un usage extérieur simple, on reste sur un système autonome, non relié à la plomberie de la maison : beaucoup plus simple et sûr pour commencer.
Pour une utilisation dans la maison (toilettes, machine à laver), là on entre dans le domaine du pro : normes spécifiques, risques de contamination du réseau d’eau potable. Dans ce cas, je conseille clairement de faire appel à un plombier ou un installateur spécialisé.
3. Le volume : ne voir ni trop petit ni trop grand
On est souvent tenté de prendre « le plus gros possible ». Pas toujours une bonne idée si :
- tu as un tout petit jardin,
- l’espace au sol est limité,
- tu n’as pas beaucoup de pluie.
Quelques repères (vraiment généraux) :
- Petit jardin / balcon : 200 à 300 L.
- Jardin de ville, quelques massifs et bacs : 300 à 500 L.
- Beau potager + massifs + quelques arbres : 500 à 1 000 L.
L’astuce pratique : tu peux très bien commencer par un récupérateur moyen, et plus tard en ajouter un deuxième relié au premier par un simple tuyau. C’est ce que j’ai fait chez moi, et ça évite de tout repenser dès le départ.
Bien choisir son récupérateur : ne pas se fier qu’au design
Je ne vais pas mentir : certains récupérateurs sont vraiment moches, d’autres sont presque des objets de déco. Mais au-delà du look, il y a deux ou trois choses à vérifier.
Les grands types de récupérateurs
- Cuve classique en plastique (souvent vert ou gris) : économique, légère, facile à percer.
- Cuve décorative (imitation bois, mur, amphore…) : plus chère, mais plus discrète dans un petit jardin ou sur une terrasse.
- Cuve souple (style gros sac renforcé) : pratique si tu veux quelque chose de temporaire ou démontable.
Personnellement, j’ai commencé par une cuve plastique basique, et ça fait très bien le travail.
Les éléments indispensables à regarder
- Un couvercle fermé : pour éviter les moustiques, les feuilles, et les jouets des enfants.
- Un robinet : idéalement en bas de cuve, avec un filetage standard pour visser un raccord rapide.
- Une sortie de trop-plein : pour évacuer l’excès d’eau vers l’évacuation des eaux pluviales ou un second récupérateur.
- Une matière résistante aux UV : pour que le plastique ne se casse pas au bout de deux étés.
Si tu vis dans une région froide, vérifie aussi que la cuve supporte le gel ou, au minimum, qu’on peut la vidanger facilement en hiver.
Le matériel de base : la petite liste rassurante
Pour une installation simple sur descente de gouttière, il te faudra en général :
- 1 récupérateur d’eau avec couvercle et robinet,
- 1 kit collecteur à mettre sur la gouttière (souvent vendu séparément),
- 1 scie-cloche ou scie à métaux (selon que ta gouttière est en PVC ou en métal),
- 1 niveau à bulle (facultatif mais vraiment utile),
- 1 crayon pour marquer les repères,
- éventuellement un ou deux parpaings ou dalles pour surélever.
La bonne nouvelle : beaucoup de récupérateurs sont vendus avec un kit complet et une notice plutôt bien faite. On va quand même voir les grandes étapes pour que tu saches à quoi t’attendre.
Étape par étape : installer le récupérateur sur la gouttière
Je te détaille ici le cas classique : toit, gouttière, descente de gouttière verticale, récupérateur posé à côté.
1. Positionner la cuve et vérifier la hauteur
- Place la cuve (sur son support si tu en as un) là où tu veux qu’elle reste.
- Vérifie qu’elle est stable et à peu près de niveau.
- Repère la hauteur de l’orifice d’entrée sur la cuve (là où tu vas raccorder le tuyau venant de la gouttière).
L’idée : le collecteur sur la gouttière doit être légèrement plus haut que l’entrée de la cuve, pour que l’eau puisse couler par gravité.
2. Marquer l’emplacement du collecteur sur la gouttière
- Pose ton collecteur à blanc contre la descente de gouttière.
- Avec le crayon, dessine l’emplacement à découper (en suivant la notice du kit, elles sont toutes un peu différentes).
- Vérifie une deuxième fois la hauteur par rapport à la cuve.
Ma règle personnelle : je ne découpe jamais avant d’avoir vérifié deux fois la hauteur, une fois la cuve remplie, c’est trop tard pour regretter.
3. Découper la gouttière
- Pour une gouttière en PVC : scie-cloche ou petite scie à main.
- Pour une gouttière en métal : scie à métaux, en y allant doucement.
On enlève la partie nécessaire pour insérer le collecteur. C’est un peu impressionnant la première fois, mais on respire : tu ne vas pas ruiner ta maison.
4. Poser le collecteur et le tuyau
- Insère le collecteur dans l’espace découpé.
- Visse/clipse selon le système fourni.
- Raccorde le tuyau flexible qui va jusqu’à la cuve.
- Perce, si besoin, un trou dans la cuve (souvent avec une scie-cloche fournie) pour l’entrée d’eau.
Petite astuce : fais en sorte que le tuyau ait une légère pente descendante vers la cuve, sinon l’eau va stagner dedans.
5. Gérer le trop-plein (important !)
Quand la cuve est pleine, l’eau doit pouvoir s’échapper, sinon ça déborde par le couvercle et tu te retrouves avec un marécage à côté de la maison.
- Beaucoup de collecteurs ont un système d’arrêt automatique quand la cuve est remplie : l’eau repart alors dans la gouttière.
- Sinon, utilise la sortie de trop-plein de la cuve pour :
- renvoyer l’eau vers la gouttière,
- alimenter un deuxième récupérateur,
- ou l’évacuer plus loin dans le jardin.
L’idée, c’est que l’eau n’aille pas ruisseler contre les fondations de la maison.
Entretien et sécurité : deux ou trois réflexes à prendre
Une fois la cuve installée, le plus gros est fait. Après, c’est surtout une histoire de petits gestes réguliers.
Nettoyer, mais pas tous les quatre matins
Je me suis calé sur un rythme simple :
- Deux fois par an (printemps et automne) :
- je vérifie que les feuilles ne bouchent pas le collecteur,
- je rince vite fait l’intérieur du couvercle et du filtre,
- je regarde si le robinet ne fuit pas.
- Une fois par an, je vide presque complètement la cuve et je passe un coup de jet d’eau à l’intérieur pour enlever le dépôt au fond.
Inutile de mettre des tonnes de produits. Si vraiment l’eau devient très odorante ou trouble, tu peux utiliser des pastilles ou produits spécifiques pour cuves d’eau de pluie, vendus en jardinerie. Toujours en suivant la notice et sans improviser de mélange maison.
Attention aux moustiques
L’eau stagnante, c’est le paradis des moustiques, sauf si :
- le couvercle ferme bien,
- les arrivées d’eau sont protégées par un grillage fin ou un filtre,
- tu bouches tous les petits trous inutiles.
Dès que tu vois des larves à la surface (petites virgules qui bougent dans l’eau), c’est qu’il y a une entrée quelque part à colmater.
Et pour les enfants et les animaux ?
- On garde la cuve fermée pour éviter toute chute (surtout avec les gros volumes).
- On évite de laisser traîner des seaux d’eau stagnante à côté.
Et côté animaux, justement : même si on est dans la rubrique « Animaux » ici, je ne recommande pas de donner l’eau de pluie à boire à ton chien, ton chat ou tes poules, surtout si elle vient d’un toit (pollution, fientes d’oiseaux, etc.).
Pour eux, on reste sur de l’eau potable propre. Si tu as le moindre doute sur leur santé (diarrhées, vomissements, comportement inhabituel), le réflexe reste toujours le même : vétérinaire.
Et après ? Les bons usages au quotidien
Une fois ton récupérateur en place, tu verras, on prend vite goût à « piocher » dedans.
Perso, je l’utilise pour :
- arroser les plantes en pot (elles adorent, l’eau est moins calcaire),
- le potager, surtout les jeunes plants,
- rincer les bottes et le matériel de jardin,
- pré-rincer la terrasse avant un vrai nettoyage.
Deux petits repères utiles :
- En période de fortes chaleurs, j’essaie de garder un peu d’eau en réserve pour les plantes les plus fragiles plutôt que tout utiliser d’un coup.
- En hiver, si le gel est violent chez toi, pense à vider partiellement la cuve et à ouvrir le robinet pour éviter qu’elle n’éclate.
Installer un récupérateur aujourd’hui, se remercier demain
La première pluie après l’installation, j’ai passé une bonne dizaine de minutes à regarder l’eau couler dans la cuve avec un sourire un peu idiot. Mais ça fait quelque chose de concret : tu vois vraiment que tu récupères une ressource qui partait à l’égout.
Ce n’est pas un geste qui va « sauver la planète » à lui tout seul, mais :
- tu allèges tes factures,
- tu préserves l’eau potable pour ce qui est vraiment indispensable,
- tu offres à ton jardin et à tes plantes (et à tout l’écosystème autour, oiseaux, insectes…) une eau souvent mieux adaptée.
Et surtout, tu mets un pied dans une démarche plus douce, plus attentive à ce qui t’entoure. Souvent, après un récupérateur, on se surprend à regarder différemment la pluie, les gouttières, la façon dont l’eau circule chez soi.
Alors, c’est peut-être le bon moment pour te poser la question : la prochaine averse, tu la laisses filer… ou tu t’installes un petit trésor liquide au fond du jardin ?
La rédaction Dymastyle
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