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À partir de quel moment l’été commence-t-il ?
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À partir de quel moment l’été commence-t-il ?

Du 21 juin aux canicules de mai, je déroule les différentes façons de définir le début de l’été : astronomique, météo, biologique, culturelle.

DY
La rédaction Dymastyle·9 min de lecture
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Je me suis déjà surpris à râler : « Il fait 30 °C à l’ombre et on n’est même pas encore en été ! » Puis je me suis demandé : au fond, c’est quoi, le début de l’été ? Une date sur le calendrier, un angle du Soleil, un ressenti sur la peau ? Plus je creuse, plus je réalise qu’il n’y a pas un début d’été, mais plusieurs.

L’été des astronomes : une histoire d’angle et de lumière

Pour les astronomes, l’été commence à un moment très précis, presque chirurgical : le solstice de juin. En France métropolitaine, c’est généralement autour du 21 juin, parfois le 20, plus rarement le 22.

Qu’est-ce qui se passe exactement ce jour-là ?

  • L’axe de rotation de la Terre est incliné d’environ 23,5° par rapport au plan dans lequel elle tourne autour du Soleil.
  • Autour du 21 juin, dans l’hémisphère Nord, cet axe est le plus penché vers le Soleil.
  • Résultat :
    • le Soleil se lève très au nord-est et se couche très au nord-ouest ;
    • la durée du jour est maximale ;
    • à midi solaire, le Soleil atteint sa hauteur maximale de l’année dans le ciel.

Techniquement, le début de l’été, c’est l’instant où le centre du Soleil atteint le tropique du Cancer (23,5° de latitude nord) dans sa trajectoire apparente. On pourrait presque mettre une alarme : il existe une heure précise, donnée par les éphémérides astronomiques.

Ce qui m’a surpris, la première fois qu’on me l’a expliqué, c’est qu’en astronomie, le solstice ne marque pas la mi-saison, mais bien le début de la saison. À partir de ce point :

  • les jours commencent à raccourcir ;
  • mais on est officiellement entré en « été boréal ».

Donc, si je m’en tiens à l’astronome puriste : l’été commence à la minute près, le jour du solstice de juin.

L’été des météorologues : des mois tout ronds

Sauf que, si tu regardes la météo, tu vois souvent autre chose : on parle d’été météorologique du 1er juin au 31 août.

Pourquoi cette différence ?

Les météorologues, eux, ne travaillent pas avec des solstices précis à la minute. Ils ont besoin :

  • de statistiques sur des périodes comparables ;
  • de séries climatiques faciles à analyser ;
  • de repères simples pour parler au public.

Ils découpent donc l’année en quatre tranches de trois mois :

  • été : juin, juillet, août ;
  • automne : septembre, octobre, novembre ;
  • hiver : décembre, janvier, février ;
  • printemps : mars, avril, mai.

D’un point de vue climatologique, c’est assez malin :

  • la période la plus chaude en moyenne se situe entre début juin et fin août ;
  • les statistiques (températures moyennes, records, canicules) sont plus faciles à comparer d’une année sur l’autre.

Concrètement, ça veut dire que pour Météo-France, par exemple :

L’été commence « officiellement » le 1er juin, même s’il peut faire 15 °C et pleuvoir sans discontinuer.

C’est une convention, pas un ressenti. Mais pour tout ce qui touche aux bilans climatiques — « L’été 2022 a-t-il été plus chaud que celui de 2003 ? » — c’est cette définition météo qui compte.

Je me retrouve souvent à jongler :

  • quand je parle de la durées des jours, je pense solstice ;
  • quand je pense canicules, vacances, climat, je pense été météo.

Deux échelles, deux logiques.

L’été du corps : quand la peau décide avant le calendrier

Entre l’astronome et le météorologue, il reste quelqu’un qu’on oublie souvent : toi, ton corps, ton quotidien.

On connaît tous ce moment où l’on se dit : « Ça y est, , c’est l’été. » Sauf qu’on ne consulte pas un éphéméride pour trancher. On se fie à des signaux très concrets :

  • on sort sans veste le soir ;
  • on ouvre les fenêtres et on laisse entrer l’air chaud ;
  • on mange dehors pour la première fois ;
  • on remet des draps plus légers et on enlève la couette.

Scientifiquement, on peut raccrocher ça à une notion : l’indice de confort thermique. Ce qu’on ressent dépend :

  • de la température de l’air ;
  • de l’humidité ;
  • du vent ;
  • du rayonnement solaire ;
  • de nos vêtements, de notre activité physique.

Il existe des indices de type « température ressentie », qui combinent tous ces paramètres. On sait par exemple qu’au-delà d’un certain seuil (autour de 25–26 °C ressentis pour beaucoup de gens), le corps bascule franchement en mode « saison chaude » :

  • on transpire davantage ;
  • le cœur travaille un peu plus ;
  • la circulation sanguine s’adapte pour évacuer la chaleur ;
  • on dort moins bien si la température nocturne ne descend pas suffisamment.

Ce décalage entre date officielle et ressenti corporel est de plus en plus visible avec le réchauffement climatique :

  • canicules en mai ;
  • nuits tropicales dès juin ;
  • et parfois des journées de septembre plus chaudes qu’un certain mois de juillet.

Je vois bien que, certaines années, mon corps « entre en été » bien avant le calendrier.

L’été des plantes et des animaux : la saison vue du vivant

Si je demande à un marronnier quand commence l’été, je n’obtiendrai pas vraiment « le 21 juin à 11 h 13, temps universel coordonné ». Le vivant a sa propre horloge, qu’on appelle parfois le temps phénologique — le calendrier des événements saisonniers des plantes et des animaux.

Quelques exemples de marqueurs d’entrée dans la belle saison :

  • la floraison de certaines espèces ;
  • l’arrivée ou le départ d’oiseaux migrateurs ;
  • l’explosion des insectes ;
  • dans certaines régions, la couleur et la texture des prairies.

Des réseaux d’observation (agriculteurs, naturalistes, amateurs, scientifiques) notent depuis des décennies des événements comme :

  • première fleur de telle plante ;
  • premier chant de tel oiseau ;
  • premières récoltes de certaines cultures.

En suivant ces données, on voit une chose très claire :

  • pour beaucoup d’espèces, les événements « d’été » se produisent de plus en plus tôt au fil des décennies.

On trouve par exemple :

  • des vendanges avancées ;
  • des floraisons décalées de plusieurs jours à plusieurs semaines par rapport aux moyennes du XXᵉ siècle ;
  • des insectes actifs plus longtemps dans l’année.

Dans ce sens-là, on peut dire que « l’été biologique » déborde : il mange un bout de printemps, parfois un bout d’automne.

Pour les écosystèmes, ce n’est pas un simple détail : si certaines plantes entrent « en été » plus tôt, mais que leurs pollinisateurs n’ont pas encore suivi, tout le système peut se désynchroniser.

L’été des humains : traditions, calendrier et habitudes

À côté des définitions physique, météo et biologique, il y a une autre couche : nos conventions sociales.

On a tous certains repères qui font office de « début d’été », selon nos vies :

  • pour les élèves, les profs, les parents : le début des grandes vacances ;
  • pour d’autres, le démarrage des festivals ou des bals en plein air ;
  • pour les villes littorales : l’arrivée massive des touristes ;
  • pour les agriculteurs : certaines récoltes ;
  • pour les sportifs : l’ouverture de la saison des sports nautiques ou des terrains extérieurs.

Ce sont des marqueurs culturels, parfois hérités d’une époque où les saisons étaient plus prévisibles, parfois ajustés au fil du temps.

Un détail que j’aime bien : longtemps, dans certaines campagnes françaises, on ne parlait pas du tout en « été / automne / hiver / printemps », mais en périodes liées aux travaux agricoles :

  • les foins,
  • les moissons,
  • les vendanges,
  • l’hivernage du bétail.

L’été, c’était moins une date qu’un enchaînement de tâches au soleil.

Aujourd’hui encore, j’ai l’impression que chacun a son petit rituel de début d’été :

  • la première glace en terrasse ;
  • la première baignade en eau « à peu près supportable » ;
  • la première nuit la fenêtre grande ouverte.

Tout le monde n’a pas le même été sur Terre

Jusqu’ici, je parle beaucoup de la France, de l’hémisphère Nord tempéré. Mais l’idée même de « début d’été » dépend fortement d’où l’on vit.

  • Hémisphère Sud : en Argentine, en Afrique du Sud ou en Australie, le solstice qui marque le début de l’été se situe autour du 21 décembre. Quand je sors la guirlande de Noël, d’autres sortent le maillot de bain.
  • Régions tropicales : plus on se rapproche de l’équateur, moins les saisons sont marquées par des contrastes de température. On parle plutôt :
    • de saison sèche et de saison humide ;
    • de saisons des pluies ;
    • parfois de 3 ou 4 saisons locales basées sur l’agriculture, les vents, les moussons.

Dans ces contextes, parler d’un « début d’été » au sens européen n’a pas forcément de sens. On peut avoir :

  • un soleil à peu près haut toute l’année ;
  • des durées de jour assez stables ;
  • mais des variations énormes de pluviométrie.

Même chez nous, le changement climatique commence à bousculer les repères :

  • des vagues de chaleur avant le 1er juin ;
  • des mois de septembre qui ressemblent aux étés d’autrefois ;
  • des périodes caniculaires plus longues.

La phrase « l’été commence » devient plus floue dès lors que la « saison chaude » s’étire.

Alors, à partir de quand, pour moi, c’est l’été ?

Si je devais résumer :

  • Astronomie : l’été commence au solstice de juin, quand l’axe de la Terre est le plus incliné vers le Soleil.
  • Météo : l’été court du 1er juin au 31 août, pour avoir des statistiques propres.
  • Biologie : l’été démarre quand les rythmes du vivant basculent vers le cycle « chaud et productif » — et cela se décale avec le climat.
  • Ressenti : l’été arrive dans ton corps quand chaleur, lumière et habitudes quotidiennes franchissent un certain seuil.
  • Culture : l’été commence souvent avec nos rituels : vacances, festivals, récoltes, migrations urbaines vers la mer.

Au fond, il n’y a pas contradiction, juste des couches de réalités superposées, chacune utile dans son domaine.

Je me rends compte que j’aime bien jouer avec ces différentes définitions :

  • regarder la date du solstice comme un rendez-vous cosmique ;
  • observer autour de moi quand les plantes, les insectes et les oiseaux basculent dans le « mode été » ;
  • écouter mon corps et mes habitudes pour repérer mon propre seuil de saison.

Et toi, si tu te poses la question sans calendrier, sans appli météo, sans réseau social, juste avec ce que tu vois, ce que tu sens sur ta peau, ce que tu entends dehors…

À quel moment, très exactement, bascules-tu, toi, en été ?

La prochaine fois que quelqu’un te demandera : « Alors, l’été commence quand, au juste ? », tu pourras répondre autre chose qu’une simple date — et peut-être, au passage, lui donner envie de lever les yeux vers le ciel, les arbres… et son propre thermomètre intérieur.

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