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Qui est Lauren Alexis ?
🎭 Art & Culture

Qui est Lauren Alexis ?

Derrière le nom de Lauren Alexis, une influenceuse bien réelle… et un bon prétexte pour parler de notre rapport aux réseaux et à l’image.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Je me souviens de la première fois où quelqu’un m’a demandé : « Mais au fait, c’est qui Lauren Alexis ? Tout le monde en parle sur TikTok. »

Je voyais passer son nom, des extraits de vidéos, des réactions, des commentaires parfois admiratifs, parfois très durs. Et je me suis rendu compte d’un truc : on connaît son visage, mais pas forcément ce que ça dit de nous, de nos écrans, de notre façon de consommer les corps et l’intimité.

Alors, plutôt que de répondre juste : « C’est une influenceuse connue », j’ai eu envie de dérouler un peu le fil. Sans juger, sans diaboliser, mais en regardant les choses en face.

Lauren Alexis, une influenceuse parmi d’autres… et pourtant pas tout à fait

Si je résume simplement : Lauren Alexis, c’est une jeune femme qui s’est fait connaître sur les réseaux sociaux, principalement YouTube, Instagram, TikTok, et sur des plateformes au contenu plus intime.

Elle produit surtout :

  • des vidéos de réactions (à des tendances, des défis, du contenu d’autres créateurs),
  • des vlogs de vie quotidienne,
  • du contenu très centré sur son apparence, son corps, son style.

En clair, son image est son principal « outil de travail ». C’est le cas d’énormément d’influenceuses, mais chez elle c’est particulièrement assumé : tenues très sexy, angles de caméra calculés, mise en scène de sa silhouette… Elle joue avec les codes du désir, du fan service, de la proximité.

Ça fonctionne : une grosse communauté, beaucoup de vues, des réactions en chaîne, des extraits qui tournent partout. Pour autant, il y a quelques nuances importantes à garder en tête.

Entre divertissement, érotisation et business bien huilé

Ce qui m’intéresse quand on parle de quelqu’un comme Lauren Alexis, ce n’est pas de savoir si on « aime » ou « pas tout à fait ». C’est ce mélange de genres :

  • On est officiellement dans le divertissement : challenges, réactions drôles, vlogs.
  • On est clairement dans l’érotisation : cadrages, tenues, miniatures très explicites.
  • Et on est aussi dans le business : abonnements à des plateformes payantes, contenu exclusif, partenariats, placements de produits.

Tout ça repose sur une mécanique assez classique :

  1. Construire une image reconnaissable : un style, une attitude, des mimiques.
  2. Créer une impression d’intimité : on te parle comme à un ami, on filme sa chambre, son quotidien, ses « galères ».
  3. Entretenir le manque : teasing, avant-après, promesse de contenu « plus » ailleurs (souvent payant).
  4. Monétiser l’attention : pubs, partenariats, contenus réservés, etc.

Lauren Alexis le fait avec une esthétique très marquée : jeune femme très sexualisée, mais qui garde un ton léger et souvent humoristique. C’est précisément ce mélange qui brouille les pistes : on ne sait plus trop si on regarde une copine, un personnage, un fantasme ou une entrepreneuse hyper stratégique. (Spoiler : c’est un peu tout à la fois.)

Pourquoi elle fascine autant : miroir de nos contradictions

On pourrait se dire : « Bon, une influenceuse sexy de plus, où est le problème ? »

Je crois que le phénomène Lauren Alexis nous renvoie à plusieurs choses assez inconfortables :

  • Notre rapport au corps : on consomme des images très sexualisées tout en disant qu’on est « au-dessus de ça ».
  • Notre curiosité : on clique, même « juste pour voir », même si on se dit qu’on juge.
  • Nos doubles standards : on critique les créatrices qui monétisent leur image… alors que des industries entières vivent de la même logique depuis longtemps.

Et puis, il y a les plus jeunes. Beaucoup d’ados croisent son contenu sur TikTok ou YouTube, parfois sans trop mesurer l’univers complet qui va avec (plateformes payantes, sexualisation forte, etc.). Ce qui peut créer :

  • des comparaisons physiques douloureuses,
  • une vision raccourcie de la réussite (corps + buzz = argent),
  • une confusion entre intimité réelle et spectacle.

Je ne pense pas qu’il faille paniquer, mais fermer les yeux n’aide pas non plus. Mieux vaut en parler, nommer ce qu’on voit, remettre du contexte.

Comment regarder ce genre de contenu sans se perdre dedans

Je ne vais pas faire semblant : on peut très bien suivre Lauren Alexis en adulte consentant, apprécier le style, rigoler devant certaines vidéos, passer à autre chose. Tout dépend de l’état d’esprit avec lequel on regarde.

Quelques repères que j’utilise moi-même :

1. Se rappeler que c’est un personnage

Même si elle filme « sa vie », Lauren Alexis reste un personnage construit :

“Les réseaux sociaux, c’est un peu comme une série : ce que tu vois est vrai… mais monté, filtré, choisi.”

Rien n’oblige à tout croire. Ni la spontanéité, ni la vulnérabilité affichée. Ce n’est pas forcément faux, mais c’est toujours pensé pour tenir l’attention.

2. Observer son propre ressenti

Si je regarde quelques vidéos et que je me sens ensuite :

  • moins bien dans mon corps,
  • un peu obsédé par son contenu,
  • jaloux, frustré, ou au contraire dans une dépendance affective,

… c’est un signal. Ce n’est pas « de sa faute à elle » en tant que personne, mais ça dit quelque chose de ma propre relation à l’image, au désir, à la comparaison.

Dans ces cas-là, je conseille souvent :

  • une pause de quelques jours,
  • de diversifier ce qu’on regarde (d’autres créateurs, d’autres thématiques),
  • éventuellement d’en parler à quelqu’un de confiance.

3. Remettre l’argent et le travail au centre

On a tendance à résumer : « Elle montre son corps, elle est payée ». C’est plus compliqué :

  • il y a des heures de tournage, de montage, de gestion de communauté,
  • la pression d’algorithmes qui réclament toujours plus de contenu,
  • une exposition permanente aux jugements, au harcèlement.

Ça n’excuse pas tout, mais ça rappelle que ce n’est pas juste « poster une photo et encaisser ». C’est un boulot avec ses risques, ses choix, ses angles morts.

Et pour les parents : comment gérer si ton ado la suit

Beaucoup de parents se retrouvent un peu largués face à ces créatrices très sexualisées, mais ultra populaires. On repère le prénom dans l’historique YouTube, on tombe sur une miniature très suggestive… et on panique.

Je comprends. Mais partir en mode : « Interdit, c’est n’importe quoi, elle se déshabille pour de l’argent » a souvent l’effet inverse.

À la place, j’essaierais :

  • La curiosité sincère : « Tu la suis depuis longtemps, toi ? Qu’est-ce que tu aimes dans ses vidéos ? »
  • Les questions ouvertes : « Ça te fait quoi, quand tu la regardes ? Tu trouves que c’est réaliste, comme image du corps ? »
  • Le décryptage doux : parler des angles de caméra, des miniatures exagérées, du montage, du fait que c’est un business.

L’idée n’est pas de faire un procès à Lauren Alexis, mais d’utiliser son contenu comme support pour discuter :

  • consentement,
  • image de soi,
  • sexualisation,
  • commerce du corps.

Et si, au passage, on parle aussi de respect, de limites, de ce que ton enfant souhaite ou non montrer de lui en ligne, c’est gagné.

Nuances utiles : liberté, choix, et zones grises

On pourrait être tenté de trancher : héroïne de la liberté sexuelle ou symbole d’un système qui ne valorise que les corps ?

En réalité, les deux lectures coexistent :

  • D’un côté, elle incarne une femme qui choisit de monétiser son image, de prendre la main sur ce que d’autres auraient exploité à sa place, de transformer le désir projecté sur elle en revenus, en indépendance financière.
  • De l’autre, elle s’inscrit dans un univers où la valeur d’une femme est encore beaucoup liée à sa capacité à être désirable, jeune, séduisante, disponible à l’écran.

Je me méfie des jugements rapides. On peut critiquer le système sans écraser les individus qui essaient d’y trouver leur place. On peut aussi admirer son sens du business et, en même temps, se dire que ce n’est pas le seul modèle à proposer aux plus jeunes.

Et les animaux là-dedans ? Notre façon de prendre soin du vivant… et de nous

Tu te demandes peut-être : « Attends, c’est un magazine qui parle aussi de vie quotidienne avec les animaux… quel rapport ? »

Pour moi, il y a un fil commun : notre façon d’habiter nos corps, de respecter le vivant, de ne pas réduire ce qui nous entoure à des objets de consommation.

  • Quand je regarde une influenceuse très sexualisée, je peux me demander : est-ce que je la vois comme une personne entière, ou juste comme une image à consommer ?
  • Quand je vis avec un animal, je peux me demander : est-ce que je respecte ses besoins, ses limites, son rythme, ou est-ce que je le force à « faire le show » pour mes réseaux ?

Dans les deux cas, l’important, c’est de remettre de l’empathie, du recul, du respect. Et si ton animal montre un changement de comportement, de l’agitation, ou des signes bizarres de stress, mieux vaut toujours en parler avec un vétérinaire : pour la santé, on ne joue pas aux devinettes.

En finir avec la question « Mais du coup, elle est bien ou pas ? »

Je vais être honnête : je ne crois pas que la vraie question soit de savoir si Lauren Alexis est une « bonne » ou une « mauvaise » influenceuse.

La vraie question, c’est plutôt :

  • Qu’est-ce que je viens chercher, quand je regarde ce genre de contenu ?
  • Est-ce que ça me tire vers le haut, ou est-ce que ça me grignote de l’intérieur ?
  • Comment j’en parle autour de moi, surtout avec les plus jeunes ?

On ne choisira pas le paysage numérique à la place des ados, ni même à la place des adultes. Par contre, on peut apprendre, ensemble, à mieux le traverser : en gardant notre sens critique, notre humour, et un peu de douceur pour nous-mêmes quand on se surprend à scroller plus que prévu.

Au fond, derrière chaque « Qui est Lauren Alexis ? », il y a une autre question qui se cache : « Et moi, qui je suis, quand j’éteins l’écran ? » C’est peut-être celle-là qui mérite qu’on s’y attarde un peu plus longtemps.

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