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Quel est le rôle de l’acteur dans le labyrinthe?
🎭 Art & Culture

Quel est le rôle de l’acteur dans le labyrinthe?

Dans Le Labyrinthe, qui agit vraiment sur le destin des héros : le décor, le scénario… ou le jeu des acteurs ? Plongée au cœur du rôle de Thomas.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Je me souviens très bien de ma première projection du Labyrinthe. Salle plongée dans le noir, générique à peine terminé, et déjà cette sensation étrange : ce n’est pas juste un décor géant avec des murs qui bougent. On est coincés avec Thomas. On ne regarde pas le labyrinthe de l’extérieur, on le traverse à travers lui.

Et là, je me suis vraiment posé la question : dans une histoire comme celle-là, qui tient les rênes ? Le labyrinthe lui-même, les scénaristes… ou bien l’acteur qui incarne Thomas ?

C’est ce fil-là que j’ai envie de tirer : à quoi sert vraiment un acteur dans un univers aussi fort que celui du Labyrinthe ? Qu’est-ce que Dylan O’Brien fait, concrètement, pour qu’on s’accroche autant à Thomas ? Et comment les autres comédiens, Teresa, Newt et les autres, transforment un simple pitch SF en aventure qu’on ressent dans le ventre ?

Sans acteur crédible, le labyrinthe n’est qu’un décor en béton

Quand on y pense, Le Labyrinthe, sur le papier, c’est assez simple :

  • un groupe d’ados coincés dans une clairière
  • un labyrinthe mouvant, dangereux
  • un mystère sur qui les a mis là et pourquoi

Tout ça, c’est puissant… mais très abstrait. Des murs, des mécanismes, des monstres, des tests. Si on reste à distance, ça ressemble vite à un jeu vidéo : on regarde quelqu’un bouger sur un plateau.

Là où l’acteur devient central, c’est qu’il transforme le concept en expérience émotionnelle. Quand Dylan O’Brien se réveille paniqué dans la cage, il ne joue pas “un personnage exposé au spectateur”. Il joue quelqu’un qui ne comprend rien à ce qui lui arrive.

Il doit nous faire ressentir simultanément :

  • la peur pure (où suis-je, qui sont ces gens ?)
  • la confusion (pourquoi je ne me souviens de rien ?)
  • une espèce d’instinct de survie (je dois comprendre / bouger / fuir)

Sans ça, la scène d’ouverture serait juste une info : “Un gars se réveille dans un ascenseur qui monte.” Avec ça, on est dans l’ascenseur avec lui.

C’est ça, le rôle de l’acteur dans un labyrinthe narratif : il nous sert de boussole émotionnelle. Les murs bougent, les règles changent, mais on sait ce qu’on ressent parce qu’on lit son visage, sa respiration, ses silences.

Thomas, ce n’est pas que “le héros” : c’est un point de vue

Si je décortique un peu Thomas, il coche toutes les cases du héros classique :

  • il est “différent” des autres
  • il remet en cause les règles établies
  • il ose là où les autres n’osent plus

Sur le scénario, c’est limpide. Mais si Dylan O’Brien jouait ça en mode “mec trop sûr de lui qui arrive et qui sait tout mieux que tout le monde”, ça deviendrait insupportable.

Son rôle, c’est de transformer un archétype en être humain crédible :

  • il a peur, mais il y va quand même
  • il doute, mais il n’a plus le luxe de rester en retrait
  • il se trompe, met les autres en danger, et doit vivre avec ça

Ce qui est malin dans son jeu, c’est qu’il ne prend jamais l’ascendant “héros de film d’action” sur les autres. Il passe son temps à regarder, écouter, observer le labyrinthe, les règles, les relations. On sent le cerveau qui turbine derrière les yeux.

Le vrai “super-pouvoir” de Thomas, ce n’est pas sa force : c’est sa capacité à voir autrement.

L’acteur fait exister ce regard. Dans sa façon de se tenir, de se crisper, de froncer les sourcils, on comprend que lui ne veut pas “simplement survivre dans la clairière”, il veut comprendre le système. D’un coup, le film ne parle plus seulement de courir dans des couloirs, mais de se révolter contre un destin imposé.

Le labyrinthe, tout à coup, c’est moins un décor qu’un adversaire. Et ça, c’est l’acteur qui nous le fait sentir.

Les autres personnages : pas des figurants, des miroirs

Thomas tout seul dans le labyrinthe, ça ne tiendrait pas longtemps. Ce qui donne du relief, c’est la manière dont les autres personnages réagissent à lui. Et donc, là encore, le travail des acteurs.

Quelques exemples qui changent tout :

  • Newt (Thomas Brodie-Sangster) : son calme, son côté plus posé, presque grand frère fatigué, donne au groupe une profondeur. On sent qu’il a déjà traversé plein d’espoirs déçus. Quand il croit en Thomas, c’est un marqueur fort : si même lui y croit encore, c’est que ce gars apporte vraiment autre chose.
  • Teresa (Kaya Scodelario) : son arrivée, sa connexion mystérieuse avec Thomas, puis la méfiance qu’elle suscite… Tout se joue dans des regards. Elle est à la fois un repère et un élément perturbateur. Grâce à elle, on sort du “bande de garçons dans la boue” pour entrer dans quelque chose de plus complexe : la confiance, la trahison possible, le passé qu’on ne connaît plus.
  • Gally (Will Poulter) : sans ce personnage en opposition frontale, Thomas serait juste le héros évident. Gally représente la peur, la volonté de garder l’ordre, même cruel. Si son acteur le jouait en méchant caricatural, on roulerait des yeux. Là, on perçoit sa logique : il a peur, il veut contrôler, il croit protéger les siens.

Ce jeu de miroirs est crucial :

  • à travers les autres, on mesure l’évolution de Thomas
  • à travers Thomas, on mesure les failles des autres

Dans un univers aussi codifié, chaque acteur doit porter une facette de la réponse au labyrinthe : se soumettre, se révolter, négocier, fuir, comprendre. Quand tous jouent juste, l’ensemble devient une sorte de puzzle émotionnel.

Un labyrinthe, c’est aussi un terrain de jeu pour le corps

On parle beaucoup des émotions, mais il y a un aspect hyper concret : ce genre de film est physique. Courir, chuter, se cogner, se cacher, se battre… L’acteur devient presque un athlète.

Dans le Labyrinthe, Dylan O’Brien passe une bonne partie du temps :

  • en sprint dans les couloirs
  • essoufflé, transpirant, couvert de poussière
  • crispé de peur face aux créatures

Et ça compte énormément. Le spectateur n’est pas dupe : quand on voit un corps qui souffre vraiment, même un peu, on le ressent. Une respiration haletante, un tremblement dans les mains, un genou qui lâche…

C’est là que le jeu rejoint presque la performance sportive. L’acteur doit :

  • garder son texte et ses intentions en tête
  • respecter les marques au sol, les placements caméra
  • tout en laissant son corps exprimer la panique, la fatigue, la douleur

Un détail qui n’est pas évident : la progression. On ne court pas devant un griffeur au début du film comme à la fin. Au début, la peur handicape ; plus tard, l’adrénaline et l’habitude prennent le dessus. Ce sont des nuances dans la foulée, l’attaque des épaules, la manière de se retourner en courant.

Si Thomas courait toujours de la même façon, avec la même intensité et la même réaction, on décrocherait. Là, c’est parce que l’acteur module son jeu que, nous aussi, nous avons l’impression d’apprendre à survivre dans ce labyrinthe.

L’évolution des personnages : grandir sous pression

Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette saga, c’est la transformation. On commence avec des ados perdus, on termine avec des survivants marqués. Entre les deux, le rôle des acteurs, c’est justement d’habiter ce chemin.

Quelques repères que je regarde souvent dans ce genre de films :

  • le regard au début vs le regard à la fin
  • la façon de se tenir dans le groupe
  • la manière de réagir au danger
  • la voix (plus grave, plus assurée, ou au contraire plus éteinte)

Pour Thomas, on voit bien cette bascule : de garçon déboussolé à leader malgré lui, puis à quelqu’un qui doit porter le poids de décisions terribles. Et ça ne se joue pas que dans les grandes scènes de discours. Parfois, c’est une seconde de silence, un regard fuyant, une main qui tremble après un affrontement.

Les autres personnages suivent aussi leur propre trajectoire, et les acteurs ont une tâche délicate : faire sentir que tout ce qu’ils vivent laisse des traces. Pas juste des blessures physiques, mais des petites cicatrices internes : une confiance perdue, un ami qu’on n’a pas pu sauver, un compromis qu’on regrette.

C’est cette accumulation qui fait qu’à la fin de la saga, on ne voit plus les mêmes visages qu’au début. Même si ce sont les mêmes acteurs, ils portent autre chose dans les yeux. On sent le poids du labyrinthe sur leurs épaules.

Et nous, là-dedans ? L’acteur comme passeur

Au fond, la grande question, c’est : pourquoi on s’attache autant ? On sait bien que ce ne sont que des murs en images de synthèse, des griffeurs créés sur ordinateur, des dialogues appris la veille…

La réponse, elle tient en une idée : l’acteur est un passeur.

  • Le labyrinthe, c’est l’épreuve, le système, la complexité du monde.
  • Le scénario, ce sont les règles du jeu, les pièges, les sorties possibles.
  • L’acteur, lui, prend tout ça et le fait passer par un être humain.

C’est parce que Dylan O’Brien tremble, sourit, panique, se braque, se relève, que nous aussi, on se surprend à réfléchir : Et moi, je ferais quoi, coincé là-dedans ? J’obéirais aux règles établies ? J’oserais franchir les murs ? Je suivrais Thomas ou Gally ?

Un bon acteur, surtout dans un univers de labyrinthe, nous donne cette petite permission intérieure : essayer, par procuration. On traverse la peur sans quitter notre siège. On affronte les murs, les pièges, les autorités, tout en restant des spectateurs.

Et souvent, on sort de la salle avec une sensation bizarre : celle d’avoir couru un peu, nous aussi.


La prochaine fois que tu reverras Le Labyrinthe (ou un autre film du genre), amuse-toi à couper le son une minute, puis à le remettre. Regarde ce que tu comprends juste avec les visages, les corps, les silences.

Tu verras : les couloirs sont peut-être en pierre, mais la vraie architecture du film, elle se construit dans le jeu des acteurs. Et c’est sûrement pour ça qu’on aime tant se perdre avec eux, encore et encore, dans ces mondes dont on n’a pas la carte.

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