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Quel est le rôle de la parentalité dans la prise en charge des enfants ?
🧸 Parentalité

Quel est le rôle de la parentalité dans la prise en charge des enfants ?

Et si la « bonne » parentalité n’était pas une performance, mais une façon d’accompagner son enfant au quotidien, sans se perdre soi-même ?

DY
La rédaction Dymastyle·9 min de lecture
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La première fois qu’on m’a demandé : « Et toi, tu veux être quel genre de parent ? », j’ai répondu un truc vague du style : « Euh… bienveillant ? ». En vrai, je n’en savais rien. Je pensais que la parentalité, c’était aimer fort, nourrir, câliner, point. Et puis arrivent les nuits hachées, les crises au supermarché, les devoirs, les écrans, les « je t’aime plus » hurlés à 19h42… Là, on découvre que la parentalité, c’est tout un rôle. Et qu’il n’y a pas de fiche de poste claire.

Alors, quel est vraiment le rôle de la parentalité dans la prise en charge des enfants ? Et comment le jouer sans s’épuiser, ni culpabiliser du matin au soir ?

Parentalité : bien plus qu’« avoir des enfants »

Je pars d’un constat simple : on confond souvent « avoir un enfant » et « exercer sa parentalité ».

Pour moi, la parentalité, c’est :

  • ce qu’on fait avant la naissance (se projeter, s’inquiéter, rêver) ;
  • ce qu’on fait pendant que l’enfant grandit (soigner, poser un cadre, écouter, râler aussi parfois) ;
  • et tout ce qu’on continue de faire même quand il est grand, différemment.

Ce n’est pas juste : « donner à manger, habiller, coucher ». C’est une position :

  • je suis le point de repère ;
  • je protège ;
  • j’accompagne ;
  • je prépare mon enfant à faire sans moi.

La parentalité, ce n’est pas fabriquer un enfant parfait. C’est l’aider à devenir lui, en restant suffisamment solide à côté.

Ça change tout, parce que ça enlève une bonne partie de la pression : ton rôle, ce n’est pas de tout réussir, c’est d’être présent, suffisamment bon, et ajustable.

Nourrir et protéger : le rôle « basique »… mais pas si simple

Le premier rôle de la parentalité, c’est la sécurité. Physique, puis émotionnelle.

1. Assurer le « minimum vital » sans se sacrifier entièrement

Oui, il y a des besoins non négociables :

  • manger à peu près équilibré ;
  • dormir suffisamment (lui… et toi !) ;
  • être soigné, protégé du danger ;
  • avoir un toit, des vêtements, un environnement à peu près stable.

On a vite l’impression que « bon parent » = parent qui donne tout, tout le temps. Sauf qu’un parent vidé, qui ne dort plus, qui ne respire plus, ne peut plus assurer son rôle de base.

Une astuce qui m’aide : quand je suis au bout du rouleau, je me pose trois questions simples :

  1. Mon enfant a-t-il mangé aujourd’hui ?
  2. Est-il globalement en sécurité ?
  3. A-t-il reçu au moins un peu de présence/attention ?

Si la réponse est oui, je coche la case « besoins vitaux assurés ». Le reste pourra être amélioré, mais je ne suis pas un mauvais parent pour autant.

2. Le sommeil : protéger sans devenir gardien de prison

Le sommeil cristallise beaucoup de culpabilité : « Il ne fait pas ses nuits, j’ai raté quelque chose ». En réalité, le rôle du parent n’est pas de « faire dormir » un enfant, mais de :

  • proposer un cadre régulier (heure de coucher à peu près stable) ;
  • créer un environnement rassurant (rituel, lumière apaisée, bruit modéré) ;
  • accompagner les peurs et les réveils sans se perdre soi.

Tu as le droit :

  • de laisser parfois un autre adulte prendre le relais la nuit ;
  • d’être moins disponible si tu es épuisé, tant que tu restes globalement bienveillant ;
  • d’ajuster les méthodes en fonction de ton enfant (certains ont besoin de présence, d’autres non).

Le rôle de la parentalité ici, c’est de chercher l’équilibre entre ses besoins à lui et les tiens à toi. Pas de cocher toutes les cases d’un guide parfait du sommeil.

Contenir les émotions sans les étouffer

On passe à la sécurité émotionnelle. Là aussi, on se sent vite dépassé : colères, peurs, jalousies, tristesses… On se demande si on fait « bien ».

1. Ton rôle : être le conteneur, pas le magicien

Un enfant ne sait pas encore réguler ses émotions. C’est comme s’il avait une énorme vague à l’intérieur, sans digue. Toi, ton rôle, c’est d’être la digue : tu ne peux pas empêcher la vague d’exister, mais tu peux l’aider à ne pas tout emporter.

Concrètement, ça donne :

  • nommer ce qu’il ressent : « Là tu es très en colère parce que… » ;
  • poser un cadre : « Tu as le droit d’être en colère, mais pas de taper » ;
  • tenir bon : rester calme autant que possible, même si tu bouillonnes à l’intérieur.

Et parfois, on explose. Ça arrive. Le rôle de la parentalité, c’est aussi de réparer :

« Tout à l’heure j’ai crié très fort, j’étais dépassé·e. Tu n’y es pour rien, je vais essayer de faire mieux. »

Ce genre de phrase, ce n’est pas de la faiblesse, c’est un modèle. Tu lui montres comment on reconnaît ses erreurs, comment on s’excuse, comment on repart.

2. Une petite méthode simple pour les grosses tempêtes

Quand l’émotion déborde, j’aime bien ce mini-protocole : ARRÊT.

  • A comme Apparaître : je m’approche, je me mets à sa hauteur (ou je reste disponible si l’enfant veut de l’espace).
  • R comme Respirer : deux lentes respirations pour moi avant de parler.
  • R comme Reconnaître : « Je vois que tu es très fâché / très triste ».
  • ÊT comme Être là : je reste, je n’essaie pas tout de suite de raisonner ou de donner une leçon.

Souvent, le simple fait d’avoir un adulte qui tient le cadre et qui reste présent suffit à faire baisser l’intensité.

Les écrans : cadrer sans diaboliser

Sujet sensible, là encore. Entre les injonctions « zéro écran » et la réalité du « j’ai besoin de 20 minutes pour souffler », on fait comment ?

Le rôle de la parentalité, ce n’est pas d’éradiquer les écrans, mais de les mettre à leur place.

1. Penser « usage » plutôt que « tout ou rien »

Quelques repères (souples !) que j’utilise :

  • plus l’enfant est petit, plus les écrans devraient être rares et accompagnés ;
  • en grandissant, on peut introduire des temps d’écran clairs, limités, anticipés ;
  • on privilégie des contenus adaptés, plutôt que du zapping sans fin.

Tu peux aussi poser avec l’enfant quelques règles simples :

  • pas d’écran pendant les repas ;
  • pas d’écran juste avant le coucher ;
  • on éteint quand le temps est fini (avec un rappel avant : « Il reste 5 minutes »).

Et oui, parfois, on met un dessin animé juste pour pouvoir prendre une douche tranquille. Ça ne fait pas de toi un parent défaillant. C’est la cohérence globale qui compte, pas chaque minute isolée.

2. Parentalité = modèle vivant

Les enfants apprennent autant par ce qu’on fait que par ce qu’on dit. Le rôle de la parentalité, sur les écrans, c’est aussi de se regarder soi-même.

  • Si je suis tout le temps sur mon téléphone, mon discours sur les écrans va perdre en crédibilité.
  • Si je montre que moi aussi je sais décrocher (« J’éteins, on joue ? »), ça donne un exemple concret.

Ça ne veut pas dire être parfait. Mais simplement se demander régulièrement : « Est-ce que la façon dont j’utilise les écrans ressemble à ce que je voudrais pour mon enfant ? »

Guider les étapes sans courir après un calendrier parfait

Marcher, parler, lire, être propre, gérer l’école… Là, la pression sociale est énorme. On a vite l’impression que le rôle des parents, c’est de faire avancer l’enfant à une certaine vitesse.

En réalité, le rôle de la parentalité dans toutes ces étapes, c’est plutôt :

  1. Observer : où en est mon enfant, lui, pas les autres ?
  2. Soutenir : proposer des occasions de pratiquer, sans forcer.
  3. Sécuriser : montrer qu’on est là, même s’il n’y arrive pas tout de suite.
  4. S’alerter : si quelque chose inquiète vraiment, consulter un professionnel pour en parler.

Un repère anti-culpabilité : la marge

Pour la plupart des acquisitions, il existe une grande marge de normalité. Certains marchent tôt, d’autres plus tard. Certains lisent vite, d’autres ont besoin de plus de temps.

Une question que j’aime bien poser à des pros quand je doute :

« Est-ce que ce que vous voyez chez mon enfant vous inquiète vraiment, ou est-ce que ça se situe encore dans la grande zone du “normal mais différent” ? »

Si un doute persiste, on a le droit de demander un deuxième avis. Ça aussi, c’est exercer sa parentalité : chercher de l’aide quand on ne sait pas.

Et nous, dans tout ça ? Le rôle invisible : tenir sur la durée

On parle beaucoup de ce qu’on doit faire pour les enfants, et très peu de ce qui nous permet, nous, de tenir la distance.

Le rôle de la parentalité, pour moi, c’est aussi :

  • accepter d’être imparfait : on fera forcément des erreurs, l’enjeu c’est d’ajuster, pas de se flageller ;
  • s’entourer : famille, amis, pros, autres parents – personne n’est censé élever un enfant seul sur une île déserte ;
  • préserver des espaces à soi : même petits (10 minutes de lecture, un café solo, une marche) ;
  • dire stop quand ça déborde : « Là, j’ai besoin de souffler », « j’ai besoin d’aide ».

Un truc contre-intuitif : plus on se donne le droit d’être humain, plus on peut être un parent suffisamment bon. Pas parfait, pas « instagrammable », mais fiable.

Ce que ton enfant retient vraiment

Si je résume le rôle de la parentalité dans la prise en charge des enfants, je le vois comme un balancier entre quatre axes :

  • Protéger : le corps, le cœur, l’esprit.
  • Cadre : des limites claires, évolutives, expliquées.
  • Lien : de l’affection, de l’écoute, des moments partagés, même courts.
  • Lâcher-prise : les laisser essayer, tomber, se relever… et se tromper aussi.

Le reste – le style éducatif précis, l’heure exacte du coucher, le nombre idéal de minutes d’écran – compte moins qu’on ne le croit.

Au fond, un enfant retiendra surtout :

« Est-ce que j’étais aimé ? Est-ce que j’étais en sécurité ? Est-ce que j’avais le droit d’être moi ? »

Et ça, tu peux le construire à ta manière, avec ton histoire, tes forces, tes limites.

La parentalité, ce n’est pas un concours. C’est un chemin qui se fait en marchant, parfois en boitant, souvent en improvisant. Si tu te poses des questions, si tu te remets en cause, si tu cherches à faire de ton mieux sans t’effacer totalement, tu es déjà en plein dans ton rôle.

La vraie question, alors, ce n’est peut-être pas : « Suis-je un bon parent ? », mais plutôt :
« Comment puis-je être un parent vivant, présent et assez solide… à ma façon ? »

Et ça, tu as le droit d’y répondre différemment chaque jour.

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