
Quel compte faut-il ouvrir ?
Livret A, LDDS, LEP, PEL… Je fais le tri entre les comptes et livrets, sans jargon, pour savoir lesquels ouvrir vraiment, et dans quel ordre.
Tu te souviens du premier rendez-vous à la banque, à 18 ans, où on te propose trois livrets, deux cartes et un « pack sérénité » dont tu n’as jamais compris l’utilité ? Moi aussi.
Depuis, j’ai passé pas mal de temps à démêler tout ça. Et franchement, une fois qu’on sait à quoi sert chaque compte, on respire mieux : on sait où mettre son argent, et pourquoi.
Je te propose qu’on fasse le tri ensemble, sans blabla commercial : quel compte faut-il ouvrir, concrètement, selon ta situation ?
Avant de choisir un compte : une question simple
Je commence toujours par cette question : “À quoi doit servir cet argent ?”
En général, il y a 3 grands objectifs :
- L’argent de tous les jours : salaire, loyers, prélèvements, courses.
- Le coussin de sécurité : épargne pour imprévus (panne de voiture, machine à laver qui lâche…).
- Les projets : voyage, achat immobilier, études des enfants, retraite…
Chaque type de compte a son rôle là-dedans. Le problème, c’est que les banques présentent tout en vrac. Alors je remets de l’ordre.
Les indispensables du quotidien : compte courant + un livret simple
1. Le compte courant : ton “salon” financier
Lui, tu l’as déjà sûrement. C’est là que tout arrive et tout repart :
- salaire, allocations, pensions,
- loyer, factures, abonnements,
- carte bancaire, virements…
Le compte courant n’est pas fait pour stocker beaucoup d’argent. Tu n’es en général pas rémunéré dessus, et il sert juste de zone de passage.
Astuce simple : j’essaie de ne pas laisser plus d’1 à 2 mois de dépenses sur mon compte courant. Le reste, je le pousse sur un livret.
2. Le Livret A : la base, même si tu ne roules pas sur l’or
Le Livret A, c’est un peu le jean brut de la finance : ça va à tout le monde, c’est simple et ça ne se démode pas.
- Ouvert à toute personne, même un enfant (par ses parents).
- Plafond de dépôt (hors intérêts) : limité, mais largement suffisant pour un premier coussin.
- Argent disponible à tout moment.
- Taux d’intérêt fixé par l’État.
- Intérêts non imposables (pas d’impôt, pas de prélèvements sociaux).
C’est, pour moi, le compte numéro 1 à ouvrir si ce n’est pas déjà fait. Tu peux y mettre ton épargne de précaution :
- Panne de voiture
- Dents à soigner
- Petit coup dur au boulot
Un repère que j’aime bien : viser, petit à petit, l’équivalent de 1 à 3 mois de dépenses sur ce livret. Ça ne se fait pas en un mois, mais tous les 50 ou 100 euros comptent.
LDDS, LEP, Livret Jeune : les “cousins” du Livret A
Une fois que le Livret A est en place (et un peu rempli), on regarde ses cousins.
3. Le LDDS : pour compléter le Livret A
Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) ressemble énormément au Livret A :
- Réservé aux majeurs résidant en France.
- Plafond un peu différent du Livret A.
- Taux d’intérêt en général identique au Livret A.
- Exonéré d’impôts sur les intérêts.
À quoi il sert, concrètement ?
- Si ton Livret A est plein (ou presque), le LDDS est souvent le deuxième étage de l’épargne de précaution.
- Tu peux aussi t’en servir pour un projet à court/moyen terme : permis, petit voyage, travaux légers.
En résumé : si tu peux en ouvrir un, ça vaut le coup. Il reste souple, sans piège.
4. Le LEP : le super-livret pour revenus modestes
Là, on tient un truc vraiment intéressant quand on est éligible.
Le LEP (Livret d’Épargne Populaire) est réservé aux personnes ayant des revenus sous un certain plafond (les conditions sont mises à jour régulièrement, la banque vérifie avec ton avis d’imposition).
Ses points forts :
- Taux d’intérêt plus élevé que le Livret A, souvent clairement au-dessus.
- Exonéré d’impôt, comme le Livret A.
- Plafond moins élevé que le Livret A, mais suffisant pour une bonne partie de l’épargne de précaution.
Si tu peux en ouvrir un, c’est généralement le livret à remplir en premier, avant même de blinder ton Livret A, parce que ton argent y travaille mieux.
Réflexe à avoir : à ta prochaine déclaration d’impôts, regarde si tu es éligible au LEP. Si oui, fonce demander son ouverture à ta banque.
5. Livret Jeune : le bon plan des 12–25 ans
Si tu as entre 12 et 25 ans (ou que tu as des enfants dans cette tranche d’âge), le Livret Jeune est souvent un très bon plan :
- Réservé aux jeunes résidant en France.
- Plafond assez limité, mais suffisant pour l’argent de poche, les petits projets.
- Taux d’intérêt incitatif : les banques sont obligées d’offrir au moins autant que le Livret A, et souvent plus.
- Intérêts non imposables.
Concrètement :
- Si tu es jeune : Livret Jeune + Livret A = combo idéal pour apprendre à gérer ton argent.
- Si tu es parent : proposer un Livret Jeune à ton ado, c’est une bonne façon de lui apprendre à épargner sans prise de tête.
Et pour l’immobilier : CEL et PEL, à manier avec précaution
Là, on change un peu de catégorie. On n’est plus sur la simple épargne de précaution, mais sur les projets immobiliers : achat de résidence principale, travaux importants, etc.
6. Le CEL : flexible, mais pas magique
Le CEL (Compte Épargne Logement) est plus souple que le PEL :
- Tu peux déposer et retirer librement (dans certaines limites), comme sur un livret.
- Il donne droit, sous conditions, à un petit avantage pour un prêt immobilier (taux plafonné, intérêts qui génèrent des droits à prêt).
- Son taux de rémunération n’est pas toujours très attractif.
Honnêtement, aujourd’hui, je le vois surtout comme un outil complémentaire si :
- Tu as déjà rempli tes livrets (Livret A, LDDS, LEP si tu peux),
- Tu sais que tu auras un projet immobilier dans quelques années,
- Tu veux garder ton argent disponible.
Ce n’est pas forcément le premier compte à ouvrir, sauf cas très particulier.
7. Le PEL : pour un projet précis, sur plusieurs années
Le PEL (Plan Épargne Logement), lui, est plus “carré” :
- Tu t’engages à verser régulièrement (un minimum par an).
- L’argent est en pratique bloqué plusieurs années si tu veux profiter de tous les avantages.
- Tu bénéficies d’un taux fixe connu dès l’ouverture (qui peut être un avantage ou un inconvénient selon la période).
- Il donne potentiellement droit à un prêt immobilier à un taux défini.
Est-ce que ça vaut le coup d’en ouvrir un ? Ça dépend vraiment :
- Si tu es sûr de vouloir acheter dans quelques années,
- Que tu es capable de bloquer de l’argent sans le toucher,
- Et que le taux proposé te paraît intéressant par rapport à ce qu’offrent les autres produits au moment où tu signes.
Là, un avis personnalisé peut valoir le coup : parler avec un conseiller bancaire ou un conseiller financier indépendant permet de vérifier si le PEL colle à ton projet.
Dans quel ordre ouvrir et remplir ses comptes ?
Je te partage l’ordre que j’utilise souvent comme boussole, à adapter à ta vie :
- Compte courant : pour faire tourner le quotidien (ça, c’est fait en général).
- Livret A : pour commencer ou structurer ton épargne de précaution.
- LEP : si tu y as droit, à prioriser même avant de gaver le Livret A.
- LDDS : pour compléter si Livret A et LEP (le cas échéant) sont bien remplis.
- Livret Jeune : dès que possible pour les 12–25 ans.
- CEL / PEL : uniquement si tu as un projet immobilier et que tu as déjà une épargne de sécurité correcte sur les autres livrets.
Et en parallèle, quand ton coussin de sécurité est là et que certains livrets sont pleins, tu peux commencer à te renseigner sur d’autres choses (assurance-vie, épargne retraite, etc.). Mais ça, c’est une autre histoire.
Trois erreurs fréquentes… et comment les éviter
J’en vois revenir souvent autour de moi, alors je te les partage :
-
Laisser tout sur le compte courant : on a l’impression d’avoir “tout sous la main”, mais l’argent ne rapporte rien et on perd la notion de ce qui est dépensable ou pas.
- Astuce : programme un virement automatique chaque mois vers ton Livret A (même 20 €).
-
Ouvrir un PEL “parce que la banque propose” sans projet clair.
- Avant de signer, pose-toi : “Est-ce que j’ai déjà LÀ une épargne dispo si j’ai un pépin ? Est-ce que je suis prêt à bloquer cette somme plusieurs années ?”
-
Multiplier les livrets dans plusieurs banques sans suivre.
- Avoir un Livret A dans une seule banque, un LDDS dans une autre, plus un vieux PEL oublié… on perd vite le fil. Légalement, certains produits sont limités à un par personne : la banque et l’administration peuvent vérifier.
Un réflexe sain : une fois par an, tu fais le tour de tous tes comptes, même ceux que tu n’utilises plus. Tu fermes les doublons inutiles et tu remets un peu d’ordre.
Et si tu n’es pas sûr, tu fais comment ?
Personne n’est né avec un GPS financier intégré. Hésiter, c’est normal.
Tu peux :
- Demander à ta banque un rendez-vous dédié à l’épargne, en précisant bien que tu veux comprendre, pas juste signer un “pack”.
- Noter noir sur blanc :
- ton revenu mensuel moyen,
- tes dépenses fixes (loyer, abonnements…),
- ce que tu peux épargner chaque mois (même 30 €).
- Arriver à ce rendez-vous avec une question claire :
“Je veux un coussin de sécurité et préparer [tel projet]. Quels produits simples s’y prêtent ? Et quelles contraintes ils ont ?”
Tu as le droit de dire “je vais y réfléchir” et de ne rien signer sur le moment. Tu as aussi le droit de consulter un conseiller financier indépendant si tu veux un avis qui ne soit pas lié à une banque en particulier.
Au fond, la question n’est pas “quel compte faut-il ouvrir ?” mais plutôt : “de quoi j’ai besoin, là, dans ma vie, et quel compte m’aide à y répondre simplement ?”
Et ça, personne ne le sait mieux que toi.
Alors, tu commences par quoi : consolider ton coussin, checker ton droit au LEP, expliquer le Livret Jeune à ton ado… ou juste ouvrir enfin ce Livret A qui attend depuis trop longtemps ?
La rédaction Dymastyle
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