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Que faire pendant le Ramadan : activités et pratiques recommandées ?
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Que faire pendant le Ramadan : activités et pratiques recommandées ?

Ramadan, ce n’est pas “juste” ne pas manger : idées concrètes, activités et petits rituels pour vivre ce mois avec cœur, calme et sens.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Le premier jour de Ramadan, je me retrouve souvent un peu perdu : plein de bonnes intentions, un peu de stress, et cette question qui revient : « Concrètement, je fais quoi de mes journées ? » À part ne pas manger, j’entends.

Si tu t’es déjà fait la même réflexion, on est deux. Alors j’ai eu envie de rassembler tout ce qui peut rendre ce mois plus doux, plus cohérent… et surtout vivable quand on a une vraie vie : travail, enfants, fatigue, imprévus.

Organiser ses journées : trouver un rythme qui tient la route

Je commence par le truc le moins “spirituel”, mais le plus déterminant : l’emploi du temps.

Quand on jeûne, deux écueils classiques :

  • se remplir d’activités au point de s’épuiser,
  • ou au contraire, se laisser porter et finir le mois avec un goût de “j’aurais voulu faire plus”.

Ce qui m’aide, c’est de penser ma journée en trois temps.

1. Avant l’aube (suhur)
C’est le moment le plus stratégique, même si on a envie de rester sous la couette :

  • un vrai petit-déjeuner (protéines, un peu de féculents, de l’eau) plutôt que 3 biscuits engloutis à moitié endormi ;
  • quelques minutes de silence, de prière ou d’intention : « Qu’est-ce que j’ai envie de vivre aujourd’hui ? »;
  • si tu es du matin, un court moment de lecture spirituelle ou de Coran.

2. La journée “active”
Là, je me fixe un principe simple : ne pas surcharger.

Tu peux par exemple :

  • garder ton travail ou tes études comme bloc principal, sans chercher à ajouter 1001 activités ;
  • prévoir un temps calme (même 15 minutes) pour te poser, respirer, prier, méditer ou lire quelques versets ;
  • limiter ce qui “vide la tête” sans nourrir le cœur : défilement infini sur les réseaux, séries sans fin, disputes inutiles.

3. Soirée et nuit
Après la rupture du jeûne, le corps et le cœur se réveillent… et c’est souvent là que tout se joue.

Tu peux organiser ta soirée autour de :

  • l’iftar (repas de rupture) le plus simple et digeste possible ;
  • la prière, seule ou en groupe, selon ta pratique ;
  • un temps dédié : lecture, activité en famille, charité, visite à quelqu’un.

L’idée, ce n’est pas de tout faire. C’est de choisir deux ou trois choses auxquelles tu tiens vraiment, et de t’y tenir doucement.

La maison qui change de rythme : décor, ambiance et petits rituels

Même un petit studio peut prendre des airs de fête douce pendant Ramadan.

Je ne parle pas de transformer ton salon en centre commercial, mais de poser une ambiance qui te rappelle pourquoi tu jeûnes.

Décor simple, effet maximum

Une guirlande de Ramadan, quelques bougies (sécurisées), un coin “paisible” pour prier ou lire… ça change vraiment l’atmosphère.

Avec des enfants, c’est l’occasion de bricoler :

  • guirlandes en papier avec des étoiles, des lunes, des mots doux ;
  • un calendrier de Ramadan fait maison, avec 30 enveloppes ou petits papiers : chaque jour, une idée de bonne action ou une phrase inspirante ;
  • un “coin des histoires” où on lit le soir avant l’iftar ou avant de dormir.

Même sans enfants, quelques touches suffisent : une nappe spéciale pour l’iftar, un carnet dédié pour noter tes réflexions, une petite plante… L’important, c’est que chez toi, ça se voit que ce mois est différent.

Nourrir le cœur : prières, Coran, réflexion… à ton rythme

On a parfois l’image d’un Ramadan “parfait” : tout le Coran lu, prières nocturnes chaque soir, zéro baisse de régime. Dans la vraie vie, c’est plus nuancé.

Je préfère une approche réaliste : un peu, mais souvent.

Lire le Coran… sans se décourager

Si tu as envie de lire davantage le Coran pendant Ramadan, tu peux :

  • te fixer un objectif modeste : quelques versets ou une page par jour ;
  • choisir un moment précis (après une prière, avant de dormir) pour installer une routine ;
  • lire avec une traduction si l’arabe t’est difficile, pour vraiment comprendre ;
  • garder un carnet à côté pour noter une idée, une question, une phrase qui te marque.

Personnellement, je préfère lire peu mais avec attention plutôt que courir après un quota de pages. Certains jours, tu feras plus, d’autres moins. C’est normal.

Prières et moments de silence

Ramadan est aussi un mois pour :

  • ralentir un peu le rythme des prières obligatoires, en évitant de les bâcler entre deux mails ;
  • ajouter, si tu le souhaites, quelques prières surérogatoires (par exemple le soir) ;
  • prendre des instants de silence : une simple phrase répétée doucement, une gratitude, une demande.

Si tu peux aller à la mosquée, les prières en groupe du soir peuvent être une vraie bouffée d’air : on se sent moins seul dans l’effort.

Et si tu ne peux pas y aller (horaires, enfants, fatigue, transport), prier chez soi reste tout à fait valable. Le but n’est pas de cocher des cases, c’est de rester relié.

La charité au quotidien : donner, ce n’est pas qu’une question d’argent

Ramadan est très lié à la charité, mais ce mot peut impressionner. On imagine de grosses sommes, des actions spectaculaires. Alors qu’en pratique, les petits gestes réguliers comptent énormément.

Donner avec son porte-monnaie… à sa mesure

Si tu en as la possibilité, tu peux :

  • choisir une association sérieuse (locale ou non) et lui faire un don, même modeste ;
  • soutenir une cagnotte pour une cause qui te touche (éducation, santé, aide alimentaire…) ;
  • organiser un iftar pour quelqu’un qui est loin de sa famille, un voisin isolé, un ami étudiant.

Pas besoin d’afficher ce que tu donnes, ni de te comparer aux autres. Chacun fait avec sa réalité.

Donner autrement : temps, écoute, services

On a tendance à l’oublier, mais :

  • garder les enfants d’une amie pour qu’elle puisse se reposer ou aller prier tranquillement ;
  • préparer un plat en plus pour un voisin ;
  • appeler une personne âgée qui se sent seule ;
  • apaiser un conflit plutôt que l’alimenter…

tout ça, c’est de la charité aussi.

Tu peux même te faire une petite liste d’“idées de bonnes actions” et en choisir une par jour :

  • dire merci avec intention à quelqu’un ;
  • ranger un espace commun à la maison ;
  • éviter une parole dure quand tu es à bout de nerfs (celui-là est costaud !).

Ramadan avec des enfants : les embarquer sans les brusquer

Avec des enfants, Ramadan prend une autre couleur. Ils observent tout, posent mille questions, veulent souvent “faire comme les grands”.

Mon repère personnel : ne jamais forcer un enfant à jeûner. Physiquement et psychologiquement, ça peut être très lourd pour eux.

À la place, tu peux :

  • leur proposer de “jeûner” un moment symbolique (par exemple de goûter entre 16 h et l’iftar, ou sauter un petit goûter) s’ils en ont envie ;
  • leur expliquer ce qu’est la faim, pourquoi on la ressent, à quoi ça sert ce mois ;
  • les impliquer dans la préparation de l’iftar : mettre la table, couper des fruits, préparer les dattes ;
  • inventer des petits défis : une gentillesse par jour, un merci, un coup de main à un frère ou une sœur.

Tu peux aussi instaurer des rituels :

  • une histoire autour d’un personnage juste avant l’iftar ;
  • une “boîte à remerciements” où chacun glisse un papier avec quelque chose pour lequel il est reconnaissant ;
  • un moment “question-réponse” où tout le monde peut demander ce qu’il veut (oui, même les questions qui dérangent un peu).

L’idée n’est pas d’en faire des experts religieux avant 10 ans, mais de leur faire sentir que Ramadan est un mois de douceur, de partage et de sens.

Préserver sa santé : écoute du corps, adaptions et bienveillance

Ramadan, c’est aussi un effort physique. Et là, je suis obligé de rappeler un truc important : en cas de souci de santé, de doute ou de traitement médical, il faut parler à un médecin. On ne joue pas au héros avec sa santé.

En général, quelques repères peuvent aider :

  • boire en quantité raisonnable entre le coucher du soleil et l’aube, de façon espacée ;
  • éviter de se “gaver” à l’iftar : commencer léger (eau, dattes, soupe), laisser un peu de temps, puis manger tranquillement ;
  • limiter les aliments ultra-salés et très sucrés qui donnent soif et coupent les jambes ;
  • adapter son activité physique : marcher, s’étirer, éviter de démarrer un marathon d’un coup.

Si tu es très fatigué, irritable, ou que tu sens que quelque chose cloche, ce n’est pas un échec de lever le pied, de dormir plus tôt, de déléguer certaines tâches. Ramadan n’est pas un concours d’endurance.

Travail, études, vie sociale : garder l’essentiel

Le plus délicat, souvent, c’est de faire cohabiter Ramadan avec une vie bien remplie.

Quelques pistes que j’ai vues fonctionner :

  • prévenir, quand c’est possible, ses collègues ou camarades qu’on jeûne, sans en faire un drame ;
  • éviter de programmer des choses très importantes en fin d’après-midi, quand la fatigue se fait sentir ;
  • profiter des temps de transport (si tu en as) pour lire, écouter quelque chose qui nourrit l’esprit, ou juste fermer les yeux ;
  • accepter de dire non à certaines invitations ou activités sociales qui risquent de te vider complètement.

Côté famille, si tout le monde ne jeûne pas, expliquer calmement ce que tu vis aide aussi : tu peux rester présent sans forcément cuisiner un banquet tous les soirs ou sortir jusqu’à minuit.

Et si ce Ramadan n’est pas parfait… il est quand même précieux

On se met beaucoup de pression avec cette idée de “Ramadan idéal”. Sauf que la vie réelle ne se met pas en pause : maladies, enfants qui ne dorment pas, horaires décalés, charge mentale, deuils, examens, boulot…

Ramadan reste Ramadan même si :

  • tu n’as pas fini le Coran ;
  • tu as raté quelques objectifs ;
  • tu as eu des jours de grosse fatigue ou d’humeur massacrante ;
  • tu as passé une partie du mois à gérer le quotidien avant tout.

Si je devais garder une seule question pour ce mois, ce serait peut-être celle-ci :

« Qu’est-ce qui, aujourd’hui, m’a rapproché un peu de ce que je veux vraiment vivre ? »

Parfois, ce sera une prière concentrée. D’autres fois, une sieste pour ne pas exploser sur tes proches. Ou un message envoyé à quelqu’un de seul. Tout ça compte.

Alors ce Ramadan, tu peux te donner la permission d’en faire un mois habité, pas parfait. Avec ses ratés, ses petites victoires discrètes, ses prises de conscience. Et si tu choisissais, là maintenant, une seule pratique que tu as envie d’essayer dès demain ?

DY

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