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Pourquoi utiliser du savon de Marseille ?
Beauté

Pourquoi utiliser du savon de Marseille ?

Un bloc vert ou blanc, une odeur d’enfance… Le savon de Marseille vaut-il vraiment le coup ? Je te montre pourquoi (et comment) l’adopter pour de bon.

DY
La rédaction Dymastyle·9 min de lecture
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Tu vois ce gros cube vert ou blanc, un peu rustique, qui sent le propre chez ta grand-mère ? Celui qu’on regarde en magasin en se demandant : « Franchement, est-ce que ce n’est pas juste un savon moche ? »

Je me suis posé exactement la même question. Et un jour, j’en ai acheté un « pour voir ». Résultat : il a fini dans la salle de bain, la cuisine, le placard à produits ménagers… et j’en ai offert autour de moi.

Je te montre pourquoi ce vieux savon mérite clairement sa place dans nos vies modernes — et comment l’utiliser sans se laisser avoir par les faux « savon de Marseille » qui surfent sur la mode.


Savon de Marseille : c’est quoi, vraiment ?

Avant de parler bienfaits, il faut savoir de quoi on parle. Parce que malheureusement, l’inscription « savon de Marseille » n’est pas protégée comme une appellation d’origine. Résultat : on trouve de tout.

En gros, un « vrai » savon de Marseille traditionnel, c’est :

  • un savon saponifié au chaudron, donc fabriqué de manière traditionnelle,
  • à base d’huiles végétales (souvent olive, parfois palme ou coprah, selon les fabricants),
  • sans graisses animales, sans colorants flashy, sans parfums synthétiques ajoutés (pour la version la plus brute),
  • avec au moins 72 % d’huiles végétales (c’est souvent marqué en gros sur le cube).

Le bon réflexe : retourner le savon et lire la liste d’ingrédients, pas juste se fier au packaging « à l’ancienne ».

Comment lire l’étiquette sans perdre 15 minutes ?

Sur la liste d’ingrédients (INCI), tu peux voir :

  • Sodium olivate : savon à base d’huile d’olive (vert en général).
  • Sodium cocoate / palm kernelate : base coco/palme.
  • Aqua : de l’eau, normal.
  • Glycerin : glycérine formée naturellement pendant la saponification (ok).
  • Sodium chloride, tetrasodium glutamate diacetate : sels et agents de chélation, pas dramatiques.

Ce qui doit te faire tiquer :

  • une longue liste avec parfums, colorants (CI….) en pagaille,
  • des tensioactifs type « sodium laureth sulfate » (là, ce n’est plus un savon traditionnel, mais un pain de syndet maquillé).

En résumé : plus la liste est courte, plus le savon est proche du vrai savon de Marseille.


Pour la peau : ce que ce bloc brut change vraiment

On va être honnête : le savon de Marseille n’est pas une potion magique qui guérit tout. Mais il a plusieurs atouts très concrets.

Un nettoyant simple, qui fait le job

Le savon de Marseille, c’est surtout :

  • détergent (il enlève le gras, la sueur, les impuretés),
  • sans parfum dans sa version brute, donc intéressant pour les peaux sensibles ou réactives aux parfums,
  • sans conservateurs, puisqu’un savon solide bien séché n’en a pas besoin.

Pour le corps, ça marche bien si :

  • tu n’as pas la peau ultra-sèche ou atopique,
  • tu ne te laves pas dix fois par jour en frottant comme si tu voulais poncer une table.

Pour le visage, c’est plus nuancé :

  • peau grasse ou mixte : ça peut convenir, surtout si tu rinces bien et que tu hydrates après,
  • peau sèche, sensible, rosacée : je serais prudent, ou alors en usage ponctuel, pas matin et soir.

Le piège : le côté « ça tire »

Le savon de Marseille est alcalin (pH autour de 9-10), alors que la peau est légèrement acide. Sur certaines personnes, ça peut donner cette sensation : peau qui tiraille, inconfort, rougeurs.

Si tu veux l’utiliser sans martyriser ta peau :

  • ne frotte pas directement le cube sur la peau : fais mousser dans les mains d’abord,
  • utilise de l’eau tiède, pas brûlante,
  • rince bien, vraiment bien,
  • applique une crème ou une huile légère après la douche, surtout si tu as tendance à être sec(he).

Et si tu as des soucis de peau sérieux (eczéma, psoriasis, dermite) : là, c’est direction dermatologue. Le savon de Marseille peut dépanner certaines personnes, aggraver les choses chez d’autres.


Dans la salle de bain : minimaliste, mais pas triste

Tu peux très bien te faire une routine « simple mais futée » autour du savon de Marseille.

Quelques usages beauté qui marchent bien

  • Nettoyant main “propre-propre” : après le jardin, la cuisine, le bricolage, il dégraisse mieux que beaucoup de savons liquides parfumés.
  • Savon pour pinceaux de maquillage : tu humidifies le pinceau, tu le fais tourner sur le savon, tu rinces, nickel.
  • Pré-détachant textile sur col/poignets avant la lessive : oui, ça compte pour la beauté de ta chemise.

Une astuce que j’adore :

Pour les peaux mixtes : un nettoyage au savon de Marseille le soir, pas le matin, et toujours suivi d’un hydratant. Ça limite le côté décapant tout en gardant l’effet “propre profond”.

Et les cheveux, on en parle ?

Là, je vais être cash :

  • Sur les cheveux, ce n’est pas l’idéal au quotidien. Le pH pas adapté + calcaire = cheveux rêches, poisseux, difficiles à rincer.
  • Si tu veux vraiment tester : fais toujours un rinçage acide derrière (eau + un peu de vinaigre de cidre), et regarde comment réagissent tes longueurs.

Mais pour la plupart des gens, un shampoing solide formulé pour les cheveux sera plus agréable.


Dans la maison : le couteau suisse qui dépanne (presque) tout

C’est là que le savon de Marseille devient franchement impressionnant. On parle d’un seul produit qui peut en remplacer plusieurs.

Lessive maison ultra simple

La version “je n’ai pas envie de passer mon samedi à fabriquer des potions” :

  1. Râper environ 20–30 g de savon de Marseille pour une machine (un petit tas dans ta main).
  2. Dissoudre dans un peu d’eau chaude dans un bocal.
  3. Verser dans le bac lessive.

Ça mousse peu, ça lave très bien les vêtements peu à moyennement sales, et ça évite :

  • les parfums agressifs,
  • certains tensioactifs irritants,
  • les bidons en plastique à répétition.

Attention juste à ne pas charger la dose : trop de savon = linge cartonné, traces, machine encrassée.

Détachant avant lavage

Sur une tache (gras, sauce, transpiration) :

  1. Humidifier la zone.
  2. Frotter avec le cube de savon.
  3. Laisser poser quelques minutes.
  4. Laver normalement.

Ça ne remplace pas tous les détachants du monde, mais pour les taches du quotidien, c’est bluffant.

Nettoyant multi-usages maison

Pour un spray simple :

  • 1 cuillère à soupe de copeaux de savon de Marseille,
  • 500 ml d’eau chaude,
  • éventuellement une cuillère de vinaigre blanc (pas sur le marbre ni les pierres calcaires).

Tu mélanges, tu laisses dissoudre, tu transvases dans un spray. Parfait pour :

  • le plan de travail,
  • la table (non fragile),
  • les portes, interrupteurs,
  • certaines surfaces de salle de bain.

On en revient à une vraie logique :

Moins de produits différents, mais des produits qu’on connaît bien.


Portfolio secret : animaux, jardin, objets précieux…

Ce qui est drôle, c’est qu’un simple cube de savon finit par sortir de la salle de bain sans qu’on s’en rende compte.

Pour les animaux (avec prudence)

Certaines personnes l’utilisent pour :

  • laver leur chien,
  • nettoyer les accessoires (laisse, harnais, panier en tissu).

Là, je mets un bémol :

  • la peau des animaux est différente de la nôtre,
  • certains peuvent être sensibles, irrités.

Si tu veux tester :

  • choisis une version sans parfum,
  • rince très abondamment,
  • observe bien la peau dans les jours qui suivent.

Et au moindre doute : véto > savon de Marseille.

Au jardin et dans la maison, côté “astuces de grand-mère”

On l’utilise souvent :

  • en spray doux pour les plantes (savon dilué dans l’eau) contre certains insectes, pucerons…
  • pour nettoyer en douceur des surfaces délicates : panier en osier, semelles de chaussures, sacs en toile…

Là encore, on évite les formules parfumées ou colorées, surtout pour ce qui est en contact avec les plantes ou les animaux.


Écologie, budget, minimalisme : ce que ça change dans une vie réelle

Ce que j’aime avec le savon de Marseille, c’est que c’est un produit « modeste », mais qui coche plusieurs cases d’un coup.

Côté écologie

  • Savon solide = moins d’eau transportée, moins d’emballage.
  • Un seul produit peut remplacer : gel douche, liquide vaisselle, nettoyant sol, lessive… selon ton envie de simplifier.
  • Les formules simples sont mieux biodégradables que certains détergents synthétiques.

Attention toutefois :

  • si tu veux un produit très éthique, regarde aussi l’origine des huiles (par exemple, les questions autour de l’huile de palme).
  • tout n’est pas forcément parfait, mais on est déjà sur une base beaucoup plus sobre que la moyenne.

Côté portefeuille

Un gros cube peut sembler cher à l’achat, mais il dure longtemps.

Concrètement, avec un seul savon, tu peux :

  • te laver le corps pendant des semaines,
  • détacher ton linge,
  • nettoyer certains recoins de la maison.

Par rapport à :

  • un gel douche,
  • un “savon pour les mains” liquide,
  • un nettoyant multi-usage,
  • un détachant,

… tu fais vite la différence sur quelques mois.

Côté mental : moins encombré, plus clair

Étrangement, avoir moins de flacons partout :

  • ça fait moins de décisions à prendre,
  • ça simplifie les routines,
  • ça donne un petit sentiment de « maîtrise » : tu connais vraiment ce que tu utilises.

C’est un peu comme passer d’un tiroir plein de gadgets de cuisine à trois bons couteaux que tu utilises pour tout.


Comment l’adopter sans se tromper (et sans se forcer)

Pour finir, quelques repères concrets si tu veux tester sans tout révolutionner.

1. Commencer petit

Tu peux très bien :

  • garder ton gel douche habituel,
  • mais utiliser le savon de Marseille pour les mains, la lessive et comme détachant.

Et voir déjà si ça te convient, si tu aimes la texture, l’odeur, le côté pratique.

2. Choisir une version adaptée à toi

  • Peau sensible du corps : privilégie le savon à l’huile d’olive, souvent plus doux.
  • Usage maison prioritaire : un cube classique, peu importe la couleur, tant que la composition est clean.
  • Allergies ou intolérances : version sans parfum de préférence.

3. Accepter que ce n’est pas « parfait »

Le savon de Marseille :

  • peut être trop décapant pour certaines peaux,
  • ne remplacera pas un bon soin visage sur-mesure,
  • n’est pas toujours irréprochable côté ingrédients (selon les marques).

Mais même imparfait, il reste une option simple, lisible, polyvalente, qu’on peut ajuster à sa sauce.


Au fond, ce vieux cube qui traîne au bord de l’évier, c’est un peu l’anti-produit miracle : il ne promet pas de transformer ta vie, il fait juste le job, partout où tu le poses.

Et si la vraie petite révolution beauté & maison, c’était juste ça : savoir pourquoi on utilise un produit, ce qu’il y a dedans, et le garder parce qu’il nous rend vraiment service ?

Tu l’essaies où en premier, toi : dans la douche, dans la machine à laver, ou sur la planche à découper pleine de traces de tomate ?

DY

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