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Mains tenant des aiguilles à tricoter avec de la laine colorée, gros plan chaleureux, lumière naturelle douce
🎨 Loisirs Créatifs

Pourquoi le tricot fait mal aux poignets (et comment continuer sans se blesser)

Loisir censé être relaxant par excellence, le tricot finit parfois par faire mal aux poignets et aux doigts après de longues séances. Voici ce qui provoque vraiment cette douleur, et comment continuer à tricoter sans y renoncer.

DY
La rédaction Dymastyle·6 min de lecture
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Le tricot a tout du loisir apaisant : geste répétitif et régulier, concentration douce, résultat concret entre les mains. Et pourtant, après une longue soirée devant un film, aiguilles en main, c’est parfois une douleur bien réelle qui s’installe au poignet, voire jusqu’au coude ou aux doigts. Loin d’être une fatalité réservée aux tricoteuses très assidues, cette douleur touche aussi bien les débutantes que les mains les plus expérimentées — et elle vient presque toujours d’une combinaison de tension musculaire et de posture, pas d’un loisir intrinsèquement mauvais pour les articulations.

Pourquoi un geste aussi doux peut faire mal

La répétition du mouvement, avant tout. Chaque maille tricotée mobilise les mêmes petits muscles et tendons du poignet et des doigts, des centaines de fois par séance. Ce n’est pas l’intensité du geste qui pose problème (le tricot ne demande presque aucune force), mais sa répétition sur une durée parfois longue sans pause, un peu comme une utilisation intensive de souris d’ordinateur.

Une tension excessive du fil. Beaucoup de tricoteuses, en particulier au début, serrent le fil bien plus fort que nécessaire, sans s’en rendre compte, pour obtenir des mailles régulières. Cette crispation constante du poignet et des doigts fatigue les tendons bien plus vite qu’un geste détendu.

Une mauvaise posture du poignet lui-même. Un poignet cassé (plié vers le bas ou vers le haut) pendant toute la durée du tricot comprime davantage les tendons qui passent par le canal carpien que s’il reste dans une position neutre, dans le prolongement de l’avant-bras.

Le type d’aiguilles utilisées. Des aiguilles trop fines et lisses, ou au contraire trop rigides, demandent une prise plus crispée pour ne pas glisser, ce qui augmente la tension globale dans la main.

La douleur au tricot est presque toujours une douleur de type tendinite ou syndrome de surutilisation — pas une usure articulaire profonde — ce qui est plutôt une bonne nouvelle : elle se corrige en général bien, sans arrêt total nécessaire.

Comment adapter sa façon de tricoter pour éviter la douleur

  • Faire une pause de quelques minutes toutes les 20 à 30 minutes, en étirant doucement les doigts et le poignet, plutôt que d’enchaîner une longue session sans interruption.
  • Vérifier la tension du fil régulièrement : si les doigts sont crispés en permanence, essayer consciemment de relâcher la prise, quitte à obtenir des mailles légèrement moins régulières au début.
  • Garder le poignet dans une position neutre, ni cassé vers le haut ni vers le bas, en s’aidant si besoin d’un coussin ou d’un accoudoir pour soutenir l’avant-bras pendant les longues séances.
  • Tester différentes tailles et matières d’aiguilles : le bambou ou le bois, plus doux au toucher et moins glissants que le métal, demandent souvent une prise moins crispée pour beaucoup de tricoteuses.
  • Alterner les techniques de tenue du fil (à l’anglaise, au continental) si la douleur persiste d’un côté en particulier : chaque méthode sollicite légèrement différemment les muscles de la main.
  • Étirer les poignets et les doigts avant et après chaque séance, comme on le ferait avant une activité sportive répétitive.

Le tableau des douleurs selon leur localisation

Douleur ressentie Cause probable
Face intérieure du poignet, parfois avec fourmillements dans les doigts Compression du canal carpien, tension du fil trop forte
Dessus du poignet, au niveau du pouce Tendinite de De Quervain, sursollicitation du pouce
Diffuse dans l’avant-bras Crispation générale, séances trop longues sans pause
Doigts raides le matin après une longue session Inflammation légère liée à la répétition du geste

Quand faut-il vraiment s’inquiéter

Une gêne légère qui disparaît après quelques étirements et une bonne nuit de sommeil n’a rien d’alarmant. En revanche, des fourmillements persistants dans les doigts, une douleur qui irradie jusqu’au coude, ou une gêne qui dure plusieurs jours malgré le repos méritent l’avis d’un médecin ou d’un kinésithérapeute — en particulier si la sensation évoque un syndrome du canal carpien, qui peut nécessiter une prise en charge spécifique au-delà du simple ajustement de la pratique.

Les questions qu’on se pose souvent

Faut-il arrêter complètement le tricot en cas de douleur ? Rarement nécessaire dans les cas légers : réduire la durée des séances et corriger la posture suffit souvent à faire disparaître la gêne en quelques jours. Un arrêt total n’est justifié qu’en cas de douleur intense ou de signes évoquant une atteinte plus sérieuse.

Le crochet pose-t-il les mêmes problèmes que le tricot ? La logique est similaire, puisque le geste répétitif est en cause dans les deux cas, mais le crochet sollicite davantage le pouce et moins les deux poignets simultanément que le tricot à deux aiguilles — une bonne alternative à tester en cas de gêne persistante, comme pour apprendre à crocheter des chaussons pour bébé.

Des accessoires existent-ils pour soulager le poignet pendant le tricot ? Oui : coussins de soutien pour poignet, aiguilles circulaires (qui répartissent différemment le poids de l’ouvrage par rapport à de longues aiguilles droites), ou simples gants de compression légère peuvent aider à réduire la tension pendant de longues sessions.

Le tricot n’a donc rien d’un loisir à risque en soi : la douleur qui apparaît parfois signale surtout une posture ou une tension à corriger, pas une raison d’abandonner l’aiguille. Un peu comme le mal de dos qui s’installe en fin de journée de télétravail, il s’agit avant tout d’une question d’ergonomie et de pauses régulières, bien plus que d’un problème lié à l’activité elle-même.

DY

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