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Peut-on acheter sans apport avec 2 salaires ?
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Peut-on acheter sans apport avec 2 salaires ?

Acheter sans apport avec deux salaires : quand est-ce réaliste, ce que regardent vraiment les banques et comment mettre les chances de son côté.

DY
La rédaction Dymastyle·9 min de lecture
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Je me souviens d’un couple d’amis qui m’a lancé un soir : « On gagne correctement notre vie à deux, mais on n’a pas d’apport. Est-ce que ça sert à quelque chose d’aller voir une banque ? »

Si tu te poses la même question, tu n’es vraiment pas seul. Acheter sans apport avec deux salaires, ce n’est pas un cas exotique, c’est devenu quasiment un classique. Mais entre ce qu’on entend au café (« maintenant, sans 20 % d’apport, c’est mort ») et la réalité, il y a un fossé.

Je te propose qu’on démêle ça calmement, comme si on sortait les papiers sur la table du salon. Et précision importante : ce que je partage ici est général, ce ne sont pas des conseils financiers personnalisés. Pour un projet concret, il faut en parler avec un conseiller bancaire ou un courtier.

Oui, acheter sans apport est possible… mais pas pour tout le monde

Je vais être direct : oui, il est encore possible d’acheter sans apport avec deux salaires. Mais ce n’est pas automatique, et ça dépend de trois gros blocs :

  • la stabilité de tes revenus,
  • ton taux d’endettement,
  • ton profil global (gestion du compte, situation pro, projet).

Les banques n’ont pas une case « apport » cochée = OK, décochée = refus. Elles raisonnent plutôt en mode :

« Est-ce que ce couple peut rembourser sur la durée sans se mettre en danger ? »

Deux salaires, c’est rassurant pour elles : il y a une forme de sécurité supplémentaire (si l’un perd son emploi, il reste l’autre). Mais ça ne compense pas tout.

En général, acheter sans apport est plus envisageable quand :

  • tu es tous les deux en CDI (ou assimilé très stable),
  • tu n’as pas de gros crédits à la consommation en cours,
  • tu montres une gestion de compte propre (pas de découverts chroniques, pas d’incidents de paiement),
  • ton projet reste dans des mensualités raisonnables par rapport à tes revenus.

Là où ça se complique : si tu es tous les deux en CDD, en intérim, ou avec des revenus très irréguliers. Non pas que ce soit impossible, mais les banques deviennent beaucoup plus frileuses, et sans apport, ça peut coincer.

Ce que la banque regarde vraiment (bien avant l’apport)

Pour savoir si ton projet tient la route, je te propose une petite check-list maison, celle que je ferais juste avant de prendre rendez-vous.

1. Le taux d’endettement

En gros, les banques vont regarder si toutes tes mensualités de crédit (y compris le futur prêt immo) restent sous une certaine limite de ton revenu net.

En général, on tourne autour de 35 % des revenus nets comme plafond pour l’endettement total. Ce n’est pas une règle gravée dans le marbre, mais c’est un repère très utilisé.

Exemple simple :

  • Revenus nets du couple : 3 500 €/mois
  • 35 % = 1 225 €

Ça veut dire que toutes tes mensualités de crédits réunies (voiture, conso, prêt étudiant, futur prêt immo…) doivent idéalement rester sous 1 225 € par mois.

S’il y a déjà :

  • un crédit auto à 200 €,
  • un crédit conso à 100 €,

Il reste environ 925 € de marge pour un prêt immobilier. Sans apport, tu vas souvent chercher à financer 110 % (prix du bien + frais de notaire, voire frais de garantie). La mensualité peut vite grimper.

2. Le « reste à vivre »

Même si le taux d’endettement passe, certaines banques regardent aussi le reste à vivre :

Ce qui te reste en poche une fois tous les crédits et charges fixes payés.

Avec deux salaires, ça peut être un point fort : si tu gagnes 4 000 € à deux et que la mensualité est de 900 €, il reste encore de la marge pour vivre. Mais avec des enfants, des pensions, des frais de garde, ça se resserre.

3. La gestion du compte

C’est un point que beaucoup de gens sous-estiment. Les banquiers regardent tes trois derniers relevés de compte, parfois plus, et ils voient :

  • découverts autorisés mais souvent dépassés,
  • paiements rejetés,
  • agios tous les mois,
  • virements réguliers vers des jeux d’argent…

Sans apport, ce genre de choses peut faire pencher la balance dans le mauvais sens.

À l’inverse, même sans économies, un compte bien tenu, des dépenses maîtrisées et un petit début d’épargne automatique depuis quelques mois, ça rassure énormément.

Deux salaires, zéro apport : dans quels cas ça peut passer ?

Je te donne des situations où, concrètement, les banques peuvent être ouvertes à un financement sans apport (ou presque) :

Cas où c’est souvent jouable

  • Jeunes actifs en CDI depuis plus d’un an chacun, revenus corrects, pas ou très peu de crédits en cours, projet raisonnable en termes de prix.
  • Couple locataire qui paie déjà un loyer élevé : si la future mensualité est proche de ce loyer, la banque peut se dire « ils savent déjà vivre avec ce niveau de charge ».
  • Projet dans une zone dynamique (emploi, revente probable) : ça rassure sur la valeur du bien, donc sur la garantie.

Dans ces cas-là, certaines banques acceptent de financer :

  • le prix du bien,
  • les frais de notaire,
  • parfois une partie des frais de garantie.

Cas où ça devient compliqué sans apport

  • Revenus très irréguliers, missions courtes, début d’activité indépendante sans historique solide.
  • Plusieurs crédits à la consommation en cours, surtout contractés récemment.
  • Découverts chroniques ou incidents de paiement récents.
  • Projet « très ambitieux » par rapport aux salaires (gros saut par rapport au loyer actuel, par exemple).

Là, même avec deux salaires, l’absence d’apport est la cerise sur le gâteau… du refus. Dans ce cas, il vaut parfois mieux prendre 12 à 24 mois pour remettre la situation d’équerre plutôt que de forcer la porte des banques.

Sans apport, il faut compenser ailleurs : voilà comment

Je vais être franc : dans la tête d’une banque, pas d’apport = plus de risque. Donc pour que ça passe, tu dois lui montrer autre chose de rassurant.

1. Soigner ton dossier comme si c’était un entretien d’embauche

Un bon dossier, ce n’est pas juste « voici nos fiches de paie ». C’est :

  • bulletins de salaire nets et clairs,
  • contrats de travail (ou attestation d’ancienneté),
  • relevés de compte propres (idéalement sur 6 mois),
  • une simulation de budget après achat (revenus, charges, mensualité, reste à vivre).

Astuce pas si évidente : écrire une courte lettre de présentation de ton projet. Qui tu es, ce que tu fais, pourquoi ce bien, comment tu vois les choses à moyen terme. Ça humanise le dossier, surtout pour un courtier.

2. Nettoyer le terrain 6 mois avant

Si ton objectif est d’acheter sans apport, les 6 à 12 mois avant le rendez-vous banque sont cruciaux. Quelques leviers :

  • solder si possible les petits crédits conso qui plombent le taux d’endettement,
  • éviter les achats impulsifs à crédit (électroménager, canapé, etc.),
  • repasser dans le vert si tu es souvent à découvert.

Si tu peux, mets en place une petite épargne automatique (même 50 ou 100 €/mois) pendant quelques mois. Tu pourras dire à la banque : « Vous voyez, on met déjà X € de côté tous les mois, donc on peut supporter une mensualité au moins équivalente. »

3. Accepter certains compromis

Sans apport, il est possible que la banque :

  • propose un taux un peu moins bon,
  • demande une durée un peu plus longue pour faire baisser la mensualité,
  • exige une assurance emprunteur plus couvrante.

Le but n’est pas d’accepter n’importe quoi, mais d’avoir conscience que tu ne pars pas avec tous les atouts. D’où l’intérêt de faire jouer la concurrence, notamment via un courtier.

Deux salaires, pas d’apport : comment savoir jusqu’où tu peux aller ?

Avant de tomber amoureux d’un appartement sur une appli d’annonces, je trouve utile de faire un petit calcul de coin de table.

Étape 1 : calculer sereinement ton enveloppe

  1. Additionne tes revenus nets mensuels (salaires, primes régulières, pensions reçues…).
  2. Multiplie par 0,33 ou 0,35 pour avoir un ordre d’idée de mensualité maxi.
  3. Enlève les mensualités de crédit existantes.

Tu obtiens une mensualité de prêt immobilier réaliste. Ensuite, avec n’importe quel simulateur en ligne, tu peux voir à quel montant de prêt ça correspond sur 20, 22 ou 25 ans.

Étape 2 : ne pas oublier les frais autour

Quand on achète, il n’y a pas que le prix du bien. Il y a aussi :

  • les frais de notaire,
  • les frais de garantie (hypothèque, caution…),
  • parfois des travaux,
  • le mobilier si tu pars quasiment de zéro.

Sans apport, la banque accepte parfois de financer les deux premiers. Mais les travaux et le mobilier, c’est plus rare. Il faut donc :

  • soit revoir le projet pour limiter ces frais,
  • soit te laisser du temps pour mettre un petit coussin de côté, même modeste.

Étape 3 : garder une marge de sécurité

Un piège classique, c’est de se caler au maximum de la mensualité possible sur le papier. Sauf qu’il y a la vraie vie derrière : la voiture qui lâche, la chaudière à changer, un congé maternité, un passage au temps partiel…

Avec deux salaires, je trouve sain de viser un peu en-dessous de la mensualité maximale calculée. Ça laisse du jeu pour respirer.

Quand l’absence d’apport peut finalement devenir une force

Il y a un truc que j’aime bien rappeler : ne pas avoir d’apport, ça ne veut pas dire « être nul en gestion ». Parfois, c’est un choix (rembourser des études, vivre une expérience à l’étranger, se lancer en indépendant quelques années, aider un proche…).

Certaines banques commencent à le comprendre. Ce qu’elles apprécient, c’est :

  • un discours cohérent : expliquer pourquoi il n’y a pas d’apport aujourd’hui,
  • un projet solide : type de bien, localisation, capacité de revente ou de location,
  • une vision : tu te vois rester longtemps, louer plus tard, revendre ?

Tu peux aussi transformer ton « absence d’apport » en preuve de sérieux à venir :

  • en t’engageant à mettre en place une épargne régulière en parallèle du crédit,
  • en montrant que tu as déjà réduit certaines dépenses depuis quelques mois.

Si je devais résumer, acheter sans apport avec deux salaires, c’est un peu comme partir en randonnée sans sac ultra-technique : ce n’est pas impossible, mais ça demande d’être encore plus attentif au chemin, au temps qu’il va faire et à la façon dont tu gères ton énergie.

Si tu te reconnais dans ce projet, tu peux déjà :

  • faire tes calculs de base (revenus, mensualité supportable, frais autour),
  • nettoyer tes comptes sur quelques mois,
  • et ensuite aller discuter avec au moins deux interlocuteurs : ta banque et un courtier.

Tu découvriras peut-être que c’est jouable plus tôt que prévu… ou que tu as besoin d’un an pour te mettre en ordre de marche. Dans les deux cas, tu auras repris la main sur ton projet, au lieu de rester bloqué sur cette phrase : « Sans apport, ce n’est même pas la peine. »

Et toi, si tu te projettes dans un achat, qu’est-ce qui te bloque le plus aujourd’hui : l’apport, la mensualité, la peur de te tromper… ou juste le fait de ne pas savoir par où commencer ?

DY

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