
Comment voyager écologiquement : les meilleures pratiques pour un impact minimal sur l’environnement
Et si on voyageait sans flinguer la planète ? Itinéraires, transports, hôtels, restos, bagages : je te montre comment réduire vraiment l’impact.
Je me souviens d’un vol low-cost à 9,99 € réservé sur un coup de tête. Sur le moment, j’étais tout fier de ma « bonne affaire ». Puis j’ai vu le trajet : 1h30 d’avion pour une ville accessible en 6 heures de train. Là, je me suis demandé : « Est-ce que mon week-end vaut vraiment ce coût-là pour la planète ? »
Depuis, je n’ai pas arrêté de voyager. Mais j’ai changé ma façon de le faire. Je te partage ce que j’ai appris : ce qui compte vraiment, ce qui est du simple vernis « green », et comment on peut continuer à partir… sans se raconter d’histoires.
Par où commencer : mesurer l’impact sans se prendre la tête
Voyager « écologiquement », ça ne veut pas dire ne plus voyager. Ça veut dire faire des choix qui réduisent vraiment les dégâts, là où ça pèse le plus.
En gros, dans un voyage, ce qui impacte le plus l’environnement, c’est souvent :
- Le transport (surtout l’avion et la voiture solo)
- Le type d’hébergement (gros resorts énergivores vs petites structures sobres)
- Ce qu’on consomme sur place (bouffe, activités, souvenirs, eau, énergie)
Le piège, c’est de se focaliser sur les détails « visibles » (ne pas changer sa serviette tous les jours, refuser une paille en plastique) et d’ignorer les gros morceaux (prendre trois vols internes pendant le même voyage).
Je préfère une règle simple :
“D’abord les gros leviers (transport, durée, destination), ensuite les réglages fins.”
On regarde ça, étape par étape.
Choisir sa destination : plus près, plus longtemps, plus cohérent
Je ne vais pas te dire de ne plus jamais prendre l’avion. Mais chaque vol évité compte, surtout sur les distances courtes.
1. Réduire les vols « absurdes »
Les trajets typiques où on peut vraiment faire mieux :
- Week-ends éclairs à l’autre bout de l’Europe en avion
- Trajets de moins de 5–6 heures qui pourraient se faire en train
- Vols internes dans un même pays alors qu’il y a des trains corrects
Une astuce qui m’aide : je m’autorise l’avion pour les grandes traversées, mais je le bannis autant que possible pour les petites distances.
Par exemple :
- Partir en train en Espagne, en Italie, en Allemagne, plutôt qu’en avion
- Si je pars loin (Asie, Amérique…), rester plus longtemps sur place, et éviter les vols internes : privilégier le train de nuit, le bus, voire un long trajet plutôt que 3 mini vols.
2. Voyager moins souvent mais plus longtemps
C’est contre-intuitif, mais faire 1 grand voyage de 3 semaines est souvent moins impactant que 3 city-breaks de 3–4 jours en avion dans l’année.
En restants plus longtemps :
- On amortit l’impact du trajet
- On prend le temps de découvrir autrement qu’en enchaînant les « incontournables »
- On dépense plus sur place, ce qui profite davantage à l’économie locale
3. Redécouvrir le « proche » sans se sentir puni
On confond parfois voyage et distance. Pourtant, il y a souvent, à quelques heures de train :
- Des parcs naturels à tomber
- Des villes moyennes avec une vraie identité
- Des villages ou des littoraux où on ne met jamais les pieds
Je le vois à chaque fois : à partir du moment où je change de rythme, même à 200 km de chez moi, mon cerveau bascule en mode voyage.
Le transport : le nerf de la guerre (mais on peut faire simple)
On va aller droit au but.
En général, pour un même trajet :
- Train : souvent le meilleur compromis (surtout en électrique)
- Car / bus longue distance : très correct pour l’empreinte, pas cher, un peu moins confortable
- Covoiturage : bien si le véhicule est rempli, et si ça évite plusieurs voitures
- Voiture solo : impact élevé par personne, à éviter quand il y a mieux
- Avion : le plus impactant, surtout sur les courtes distances
Je fais comme ça :
- Je regarde d’abord ce qui est possible en train (y compris trains de nuit).
- Si ce n’est pas jouable ou hors budget, je regarde bus / covoiturage.
- Je garde l’avion pour les destinations vraiment lointaines ou sans alternative réaliste.
Deux petites astuces qui aident vraiment :
- Faire moins d’escales : un vol direct est en général moins impactant qu’un trajet avec correspondance (le décollage est la phase la plus gourmande).
- Alléger les bagages : un avion plus chargé consomme un peu plus. Ce n’est pas le levier principal, mais ça va dans le bon sens… et c’est plus agréable pour toi.
Se loger : derrière l’étiquette « écolo », ce qui compte vraiment
Je me méfie des hébergements qui se disent « green » juste parce qu’ils ont planté trois arbustes ou mis des panneaux “merci de réutiliser votre serviette”.
Quelques repères concrets pour choisir :
1. Taille et type de structure
En règle générale :
- Les petites structures (maisons d’hôtes, petits hôtels, gîtes) ont souvent une consommation par client plus raisonnable que les énormes resorts ultra-climatisés.
- Regarder si le lieu est bien intégré au territoire : architecture locale, matériaux simples, pas un gros bloc de béton posé au milieu d’un paysage fragile.
2. Indices concrets d’engagement
Ce que je regarde, au-delà du discours :
- Présence d’énergies renouvelables (panneaux solaires, etc.)
- Gestion de l’eau (récupération, arrosage raisonnable, pas de gazon vert fluo dans une région sèche…)
- Alimentation proposée : produits locaux, de saison, menu simple plutôt que buffet gargantuesque où la moitié finit à la poubelle
- Part de personnel local employé, liens avec des producteurs ou artisans du coin
Ça se voit vite sur le site ou en posant deux questions par mail.
3. Ta propre façon d’habiter le lieu
Même dans un hébergement classique, tu peux réduire ton impact en mode « bon sens + 2–3 habitudes » :
- Ne pas mettre la clim à 18 °C « pour faire frais » : 26 °C suffisent largement si tu fermes les volets en journée
- Couper la clim quand tu t’absentes longtemps
- Éteindre lumières et appareils (chargeurs compris) quand tu sors
- Limiter les douches interminables, surtout dans les régions où l’eau se fait rare
Perso, je me fixe un petit jeu : « Est-ce que je laisserais ça allumé / couler chez moi ? » Si la réponse est non, je coupe.
Manger, bouger, s’amuser : l’écologie sans casser le plaisir
Voyager écologiquement, ce n’est pas cocher des cases, c’est une manière de se comporter sur place.
1. Assiette : le local, c’est doublement gagnant
En choisissant :
- Des restos qui cuisinent vraiment local
- Les marchés pour acheter fruits, légumes, spécialités du coin
- Des portions raisonnables (on peut toujours recommander si on a encore faim)
Tu réduis les transports derrière ton assiette et tu soutiens directement l’économie du coin. En plus, tu manges mieux et tu découvres vraiment la culture.
Si tu es dans un pays côtier : fuir les cartes où tout le monde propose exactement le même poisson « du jour » en quantité énorme, surtout les espèces déjà surpêchées. Je n’hésite pas à demander : « C’est pêché localement, aujourd’hui ? » La façon dont on te répond en dit long.
2. Activités : éviter d’appuyer là où c’est déjà fragile
Les signaux à éviter de financer :
- Excursions qui sur-fréquentent un site naturel sans aucune régulation
- Motos, quads ou jets-skis dans des zones sensibles
- Attractions avec animaux captifs (dauphins, tigres, éléphants, etc.) sauf vrais sanctuaires sérieux — et là, mieux vaut se renseigner en profondeur
À la place, il y a souvent :
- Des randos avec des guides locaux
- Du kayak, du vélo, des balades à cheval (dans des structures respectueuses)
- Des ateliers cuisine, artisanat, musique, visites agricoles
Ce n’est pas juste « plus vert », c’est souvent plus marquant qu’une énième file pour une activité industrielle.
3. Souvenirs : moins d’objets, plus de rencontres
J’ai arrêté de collectionner les babioles made in ailleurs achetées en vitesse à l’aéroport.
À la place, j’essaie de :
- Acheter peu, mais utile : artisanat local, vêtements, vaisselle, aliments que je vais vraiment consommer
- Éviter tout ce qui vient clairement d’animaux protégés ou d’écosystèmes fragiles (corail, coquillages entiers, bois rare…)
Et surtout, je mise sur les souvenirs immatériels : une recette, un contact, une habitude ramenée de là-bas. C’est ce qui reste vraiment.
Préparer sans tuer la surprise : un minimum d’anticipation change tout
On peut voyager plus écologiquement sans passer des nuits entières à planifier.
Les 3 choses que je prépare à chaque fois :
- Le trajet le plus sobre que je peux : je vérifie train / bus avant de cliquer sur « vol + hôtel ».
- L’hébergement : je cherche 2–3 options qui cochent quelques cases (taille humaine, localisation, engagement minimal).
- Une idée de rythme : au lieu de faire 7 villes en 8 jours, je choisis 2 ou 3 bases fixes, et je rayonne autour.
Le reste, je le laisse volontairement ouvert pour garder de la spontanéité. D’ailleurs, le slow travel, ce n’est pas juste un concept à la mode : c’est un super prétexte pour arrêter de courir.
Une astuce qui a changé ma façon de faire :
“Au lieu de lister tout ce que je veux voir, je choisis ce que j’accepte de rater.”
Ça apaise la FOMO et ça réduit les déplacements inutiles.
On fait de notre mieux, pas du parfait (et ça compte déjà)
Voyager écologiquement, ce n’est pas un concours de pureté. Tu prendras encore parfois l’avion. Tu feras des choix imparfaits. Moi aussi.
La question intéressante, c’est : « Est-ce que je peux faire un peu mieux que la dernière fois, sans renoncer au plaisir de partir ? »
Parfois, ce « un peu mieux », ce sera :
- Remplacer un vol par un train
- Rallonger un séjour au lieu d’en faire trois
- Tester un hébergement plus engagé
- Oser dire non à une activité que tu sens vraiment limite
Au final, voyager avec cette boussole-là, ce n’est pas juste « moins polluer ». C’est aussi changer ton rapport au voyage : plus lent, plus profond, plus vrai.
Et toi, si tu regardes ton prochain départ avec ce prisme-là… c’est sur quoi que tu as envie de jouer en premier ?
La rédaction Dymastyle
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