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Comment laver un masque chirurgical ?
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Comment laver un masque chirurgical ?

Masques chirurgicaux, lavage, réutilisation : ce qu’on peut faire sans se mettre en danger, et quand il vaut mieux ne pas insister.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Vous vous êtes déjà retrouvé devant la porte, masque en main, en vous demandant : « Il sent un peu le renfermé… je peux encore le porter ou je risque un truc ? »

Je me suis posé exactement la même question. Entre ce qu’on a entendu, ce qu’on a lu à la va-vite et ce qu’on devine, ce n’est pas simple de savoir quoi faire avec ces fameux masques chirurgicaux. Peut-on les laver ? Comment ? Combien de fois ? Et quand faut-il dire stop ?

Je vous propose qu’on démêle ça ensemble, calmement, avec des repères simples et honnêtes.

D’abord, un truc clair : le masque chirurgical est pensé comme jetable

Je commence par la base, même si ce n’est pas la réponse la plus pratique pour le porte-monnaie : à l’origine, le masque chirurgical est un dispositif médical à usage unique.

Ce que ça veut dire concrètement :

  • Il est conçu pour être porté une seule fois, pendant une durée limitée.
  • Il protège surtout les autres de vos postillons, plus que vous des microbes des autres.
  • Il n’a jamais été pensé pour être lavé, frotté, repassé, recyclé…

Le masque chirurgical, c’est un peu l’équivalent du gobelet en carton du café à emporter : on peut toujours essayer de le rincer, mais ce n’est pas ça qui était prévu au départ.

Ensuite, il y a la vraie vie : pénuries, coût, écologie, gaspillage… Là, on se met tous à regarder nos masques en se disant « Je ne peux quand même pas le jeter après 20 minutes… ». Et c’est là que la question du lavage arrive.

Je le dis tout de suite : tout ce que je vous partage ici ne remplace pas un avis médical ou les recommandations officielles. En cas de doute (santé fragile, travail à risque, proche vulnérable), mieux vaut en parler avec un médecin ou suivre les consignes locales.

Lavable ou pas lavable ? Ce qu’on sait (et ce qu’on ne sait pas bien)

Techniquement, il y a trois grandes familles de masques :

  • Les masques chirurgicaux (ceux dont on parle ici)
  • Les masques en tissu (lavables par conception)
  • Les masques FFP2/FFP3 (filtration renforcée, aussi pensés comme jetables)

Pour les masques en tissu, la règle est simple : lavage régulier à haute température, on y reviendra vite fait plus bas.

Pour les masques chirurgicaux, plusieurs points importants :

  • Le matériau filtrant supporte mal le frottement, l’essorage violent et certains produits.
  • Une partie de leur efficacité vient d’une structure électrostatique fine qui peut être altérée par certains lavages.
  • Officiellement, ils sont à usage unique. Point.

Mais des essais réalisés par différentes équipes (laboratoires, hôpitaux, institutions) ont montré que un certain type de lavage soigneux peut, dans certaines conditions, permettre une réutilisation limitée, sans tout faire s’effondrer côté filtration. Attention :

  • Ce n’est pas garanti pour tous les modèles.
  • Ce n’est pas une permission générale à les laver indéfiniment.
  • Pour un usage médical, on reste en général sur le jetable strict.

Pour le quotidien (courses, transports, milieu non médical), certaines pratiques ont émergé, à condition d’accepter que ce soit un plan B, pas l’option parfaite.

Si on choisit de laver un masque chirurgical : comment limiter la casse

Si vous n’avez pas d’autre option ou que, ponctuellement, vous décidez de laver un masque chirurgical, voilà ce que je retiens des pratiques les plus prudentes :

1. Vérifier l’état du masque AVANT

On pose le masque à plat et on regarde franchement :

  • Masque déchiré, troué, très froissé : poubelle.
  • Élastiques détendus ou abîmés : poubelle.
  • Masque souillé par du sang, des sécrétions, des produits chimiques : poubelle directe, pas de lavage.

Si déjà à ce stade il a l’air fatigué, ça ne vaut pas le coup de s’acharner.

2. Lavage en machine : le scénario le plus cohérent

Les repères qui reviennent le plus souvent pour une désinfection correcte du linge (et qui peuvent s’appliquer ici) :

  • Température : 60 °C
  • Durée du cycle : au moins 30 minutes à température cible (donc un programme pas « express 15 minutes »).
  • Avec détergent (lessive classique), pas juste de l’eau.

Personnellement, je ferais comme ça :

  1. Placer le ou les masques (si possible dans un filet à linge pour éviter qu’ils ne se coincent ou ne s’abîment trop).
  2. Les intégrer au linge du même cycle : draps, serviettes, torchons. Ça évite de lancer une machine pour deux masques.
  3. Utiliser une lessive classique (pas besoin de javel ni d’additifs agressifs qui risquent d’abîmer la matière et d’irriter la peau).
  4. Lancer un programme 60 °C « coton » ou équivalent, durée standard (souvent 1 h à 1 h 30).

Deux limites à garder en tête :

  • Plus on lave, plus on abîme : je ne miserais pas sur plus de 2 ou 3 lavages maximum par masque, en gardant un œil très critique sur son état.
  • On ne sait pas précisément ce que donne votre modèle de masque précis après lavage : certains tiendront mieux que d’autres.

3. Et le lavage à la main alors ?

On me pose souvent la question : « Si je lave à la main avec de l’eau très chaude et du savon ? ».

Le problème :

  • Difficile de s’assurer que l’eau reste assez longtemps à une température suffisante.
  • Le frottement à la main peut déstructurer le masque.
  • On ne maîtrise pas bien la désinfection.

Si vraiment il n’y a pas de machine disponible, ce serait le plan de secours du plan de secours, mais clairement moins fiable qu’un cycle à 60 °C en machine.

Un bon lavage, ce n’est pas fini tant que ce n’est pas sec

Un masque mouillé, c’est fragile, et c’est un terrain de jeu potentiel pour les microbes s’il sèche mal.

Quelques repères simples :

  • Séchage rapide : idéalement au sèche-linge (si vous en avez un) en cycle doux, ou sur un étendoir dans une pièce bien ventilée.
  • Éviter de le laisser traîner en boule dans un sac ou une poche.
  • Vérifier qu’il est complètement sec avant de le remettre dans un sac propre.

La question qui revient : « Est-ce que je peux repasser mon masque pour le désinfecter ? »

Mon avis :

  • Le fer très chaud peut abîmer la structure plastique du masque.
  • Le repassage ne remplace pas un lavage complet (ni en durée, ni en action mécanique, ni en détergent).

Donc, à la rigueur un petit coup léger pour finir de sécher, mais pas comme seule méthode de “désinfection”.

Quand faut-il arrêter de jouer avec les limites ?

Honnêtement, je pense qu’il y a des situations où il vaut mieux stopper les bricolages et rester sur du jetable strict ou du tissu lavable bien conçu.

À mon sens, on ne tente pas la réutilisation de masque chirurgical dans ces cas-là :

  • Vous êtes malade ou très symptomatique (fièvre, toux, etc.).
  • Vous vivez avec une personne fragile (âge avancé, pathologie lourde, immunité diminuée), ou vous allez la voir.
  • Vous travaillez en milieu de soins ou au contact de nombreuses personnes vulnérables.
  • Le masque a déjà vécu plusieurs lavages et commence à avoir une tête de mouchoir usé.

Dans ces situations-là, vraiment, mieux vaut :

  • Opter pour un masque neuf adapté à la situation.
  • Ou passer à des masques en tissu de bonne qualité, testés et prévus pour plusieurs lavages, si le contexte le permet.

Et si vous avez un doute sérieux (problème de santé, pathologie chronique, traitement lourd), parlez-en à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé : eux peuvent adapter les conseils à votre cas.

Et si on passait aux masques en tissu quand c’est possible ?

Beaucoup de gens, à un moment, ont fait le calcul : plutôt que d’essayer de sauver des masques chirurgicaux rincés trois fois, autant passer à des masques en tissu de qualité quand le contexte le permet.

Pour ceux-là, le protocole est plus simple :

  • Lavage à 60 °C, cycle complet d’au moins 30 minutes.
  • Avec lessive normale.
  • Séchage complet à l’air libre, au sèche-linge ou près (pas sur) d’une source de chaleur.

Le gros avantage : ils sont pensés pour ça. On sait qu’ils vont tenir un nombre défini de lavages (souvent indiqué sur l’emballage). Et surtout, on n’a pas le stress de se demander si on a affaibli la filtration sans le voir.

En résumé : comment je fais, moi, au quotidien ?

Pour vous donner quelque chose de très concret, voilà la façon dont j’essaie de naviguer entre sécurité, écologie et bon sens :

  • Situations à risque ou proches fragiles : masque neuf (chirurgical ou FFP2 selon les consignes locales), pas de lavage/réutilisation.
  • Usage court et ponctuel (courses rapides, trajet court) : je peux reposer le masque propre dans une enveloppe papier ou une pochette respirante si je le remets dans la journée, sans le laver.
  • Réutilisation exceptionnelle d’un masque chirurgical faute de mieux :
    • Un ou deux lavages en machine à 60 °C, cycle complet ≥ 30 minutes, avec linge type serviettes.
    • Vérification systématique de l’état du masque : dès qu’il fatigue, poubelle.
  • Sur le long terme : je privilégie quand c’est possible des masques en tissu filtrants, lavables, pour les contextes moins critiques.

Et surtout, je garde en tête :

Le masque n’est qu’une couche de protection parmi d’autres : se laver les mains, aérer, garder ses distances quand c’est possible restent essentiels.

Un dernier mot pour souffler un peu

On a beaucoup culpabilisé les gens sur leur manière d’utiliser les masques : trop souvent, pas assez, pas comme il faut… Alors qu’en réalité, chacun a fait comme il a pu avec ce qu’il avait sous la main, entre infos contradictoires et moyens limités.

Si vous retenez une chose de tout ça, j’aimerais que ce soit celle-ci : faites au mieux, pas au parfait.

  • Quand vous pouvez, utilisez le masque comme prévu : neuf, usage limité, puis poubelle.
  • Quand ce n’est pas possible, appliquez quelques règles simples de lavage pour limiter le risque.
  • Et dès que la situation devient vraiment sensible (santé fragile, milieu de soins, symptômes importants), ne jouez pas les héros, parlez-en à un professionnel de santé.

Votre objectif, ce n’est pas de devenir expert du masque, c’est de vous protéger, vous et les autres, en restant serein. Et ça, déjà, c’est beaucoup.

DY

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