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Comment la classe fermée a-t-elle été impactée par la COVID ?
🧸 Parentalité

Comment la classe fermée a-t-elle été impactée par la COVID ?

Entre SMS de fermeture, visios improvisées et devoirs à la maison : je décortique l’impact des classes fermées COVID sur nos enfants et nos quotidiens.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Le message tombe à 7h12 : « Classe fermée jusqu’à nouvel ordre suite à un cas positif. Travail à distance. »

Le bol de céréales est encore sur la table, votre enfant jubile à moitié, vous faites mentalement le Tetris de la journée. Qui le garde ? Comment on fait pour le travail ? Et les leçons du jour ?

Je me souviens des premières fois : un mélange de soulagement (« au moins il sera protégé ») et de panique logistique. Puis les semaines ont passé, et je me suis mis à me demander : qu’est-ce que ça change vraiment, pour les enfants, d’avoir une classe qui ferme à répétition ?

Spoiler : ce n’est pas juste « quelques jours sans école ».

Quand la classe ferme, ce n’est pas des “vacances surprises”

Sur le papier, c’est simple : un cas positif, la classe ferme, on bascule en « distanciel ». En vrai, pour un enfant, c’est un mini-séisme.

J’ai vu à peu près trois profils se dessiner autour de moi :

  • Celui qui est ravi : « Trop bien, pas d’école ! » (au bout de 3 jours il s’ennuie ferme).
  • Celui qui s’angoisse : « Je vais rater plein de choses… ».
  • Celui qui décroche complètement : caméra coupée, devoirs non rendus, journée flottante.

Une classe fermée, ça bouscule :

  • Les repères : l’école structure la journée. Quand elle disparaît, tout devient flou.
  • Le lien social : plus de copains, plus de petits rites (la récré, la cantine, la maîtresse qu’on retrouve le matin…).
  • Le sentiment de sécurité : on ferme pour cause de maladie. Même si on ne le dit pas comme ça, les enfants le sentent.

« On sous-estime souvent à quel point un enfant s’accroche à la routine. La casser, ce n’est pas neutre. »

L’impact exact dépend beaucoup de l’enfant, de son âge, de la situation à la maison. Mais il y a des grandes tendances qui reviennent.

Apprendre à distance : ce qui a vraiment changé pour les élèves

Dans les discussions, on parle surtout de « retard scolaire ». En réalité, pour beaucoup d’enfants, l’enjeu a été plus large : la façon d’apprendre.

1. L’attention en miettes

En classe, même le plus distrait finit par être ramené « dans le match » par la dynamique du groupe, le regard de l’enseignant, un exercice écrit au tableau.

À la maison, surtout quand les fermetures de classe s’enchaînent :

  • Les frères et sœurs passent, ça parle dans la cuisine.
  • Le lit, le canapé, la console ne sont jamais bien loin.
  • Le temps d’écran grimpe en flèche : cours en visio + devoirs en ligne.

Résultat :

  • Les enfants qui avaient déjà du mal à se concentrer se retrouvent vite dépassés.
  • Ceux qui sont très scolaires tiennent bon, mais au prix d’une vraie fatigue mentale.

2. Comprendre sans le « regard du prof »

On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne l’a pas perdu : le petit « coup d’œil » du prof qui voit instantanément si un élève a compris ou pas.

En classe fermée, avec des cours à distance ou des fiches envoyées :

  • Les enfants hésitent plus à poser des questions.
  • Ils n’osent pas toujours avouer qu’ils sont perdus.
  • Certains recopient sans vraiment comprendre, pour « rendre quelque chose ».

Les matières les plus impactées que j’ai vues autour de moi :

  • Maths : sans explication en direct, beaucoup décrochent sur les nouvelles notions.
  • Langues : moins d’oral, moins de pratique, plus difficile de progresser.
  • CP/CE1 : la lecture, l’écriture, ça se joue sur du très régulier. Les coupures font mal.

3. Les inégalités qui explosent

Une chose m’a frappé : la fermeture d’une même classe ne produit pas les mêmes effets chez tous les élèves.

  • Dans certaines familles, il y a un parent disponible, un coin calme, une bonne connexion Internet.
  • Dans d’autres, pas d’ordinateur, plusieurs enfants pour un seul téléphone, un parent qui doit sortir travailler.

Sur le papier, tout le monde a « la même classe fermée ». Dans la réalité, l’écart se creuse. Ceux qui étaient déjà en difficulté se retrouvent souvent encore plus loin du programme.

L’impact sur le moral : pas « juste » scolaire

J’ai entendu beaucoup de parents me dire : « Il va s’en remettre, ce ne sont que quelques jours. » C’est vrai… et pas tout à fait.

Quand les fermetures sont :

  • Rares et courtes : la plupart des enfants rebondissent sans souci majeur.
  • Fréquentes et imprévisibles : c’est là que le moral commence à flancher.

Chez certains enfants, on a vu :

  • Des troubles du sommeil (cauchemars, difficultés à s’endormir).
  • De la tristesse : « J’en ai marre de ne plus voir mes copains. »
  • De l’irritabilité : colères plus fréquentes, hypersensibilité.

Et chez d’autres, plus discrets :

  • Un retrait, moins d’envie, une motivation qui s’éteint petit à petit.

Là-dessus, je suis clair : si vous voyez votre enfant vraiment changer de comportement (repli, tristesse durable, angoisses fortes), il ne faut pas rester seul. Un médecin, un psychologue, l’enseignant, le pédiatre… peuvent aider à mettre des mots et des solutions.

Parents, profs : la double peine (et parfois le sentiment d’être nuls)

Je ne compte plus les parents qui m’ont confié s’être sentis :

  • Nuls parce qu’ils n’arrivaient pas à tout suivre.
  • Coupables de « crier plus qu’avant ».
  • Méfiants envers l’école… tout en ayant besoin d’elle comme jamais.

Les enseignants, eux, ont dû :

  • Passer en urgence au numérique sans vraie formation parfois.
  • Gérer les élèves connectés, les non-connectés, les parents inquiets.
  • Continuer à évaluer, rassurer, tout en étant eux-mêmes bousculés par la situation.

Je trouve important de le dire clairement : ce n’était simple pour personne. On a tous un peu improvisé, fait du « mieux possible avec ce qu’on avait ».

Si vous avez le sentiment que votre enfant « paye » encore cette période, ce n’est pas un jugement sur vous. C’est le résultat d’une crise qui nous a tous pris de court.

Que faire, concrètement, quand la classe ferme (encore) ?

On ne maîtrise ni les virus, ni les décisions ministérielles. Mais on peut agir sur le quotidien de nos enfants.

1. Poser des repères simples

Même si la classe est fermée, on peut garder une sorte de « squelette » de journée :

  • Heures fixes pour le lever, le déjeuner, le coucher.
  • Un moment dédié au travail scolaire, toujours au même créneau (même court).
  • Une vraie séparation symbolique :
    • On travaille à un endroit précis (la table, le bureau).
    • On range tout une fois le « temps d’école » terminé.

Ça aide à éviter l’effet « journée molle » qui se dilue entre écrans, grignotage, énervement.

2. Prioriser au lieu de vouloir tout faire

Quand on reçoit 6 fichiers par mail, 3 liens et 2 messages sur l’ENT, c’est facile de paniquer.

Perso, je conseille souvent aux parents :

  • De prioriser les bases : lire, écrire, compter.
  • De demander à l’enseignant : « Qu’est-ce qui est vraiment important cette semaine ? »

Faire un peu bien vaut mieux que tout faire dans la tension et les larmes.

3. Miser sur le lien, pas seulement sur les leçons

Ce qui manque le plus aux enfants quand la classe ferme, ce sont les autres. Petites idées :

  • Un appel vidéo avec un ou deux camarades pour faire un exercice ensemble.
  • Un défi lancé par le prof ou les parents :
    • trouver 5 objets qui commencent par la même lettre pour les petits ;
    • un petit exposé filmé pour les plus grands.

L’idée, c’est de garder la dimension collective de l’école, même à distance.

4. Rester honnête (sans dramatiser)

Les enfants entendent tout. Plutôt que de chuchoter au téléphone « encore cette histoire de COVID », on peut leur dire simplement :

  • « La classe ferme pour que tout le monde reste en bonne santé. »
  • « Le maître / la maîtresse va continuer à vous faire travailler autrement. »

Et si on ne sait pas (combien de temps, ce qui va changer…), on a le droit de dire :

« Je ne sais pas encore, mais on va s’adapter ensemble. »

Ça vaut mieux qu’une fausse certitude qui s’écroule deux jours après.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on garde de cette période ?

Avec le recul, même si je n’ai aucune nostalgie des annonces de classe fermée à 22h sur l’ENT, j’y vois quelques apprentissages utiles :

  • On sait mieux à quel point l’école est un pilier : pour les apprentissages, mais aussi pour le lien social, la stabilité de nos enfants.
  • On a découvert la capacité d’adaptation des enfants : beaucoup ont appris à gérer des outils numériques, à être plus autonomes.
  • On peut parler école autrement : davantage comme un partenariat parents-profs-enfants que comme une boîte noire.

Si votre enfant a l’impression d’avoir « raté un morceau » à cause des classes fermées, rien n’est figé. On peut :

  • Redemander des explications sur certaines notions.
  • Solliciter de l’aide (enseignant, soutien scolaire, associations, proches).
  • Travailler en douceur sur ce qui coince, sans chercher à tout rattraper en une semaine.

Les classe fermées liées au COVID ont laissé des traces, oui. Mais les enfants ont une grande force : ils avancent, souvent plus vite qu’on ne le croit, dès qu’on leur redonne des repères, un peu de confiance… et le droit de ne pas tout réussir du premier coup.

Et nous, adultes, on peut continuer à se poser cette question simple : qu’est-ce qu’il lui faut aujourd’hui, là, concrètement, pour que ça aille un peu mieux ?

Le reste, on l’écrira ensemble, au fil des jours… classe ouverte ou pas.

DY

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