
Comment faire face à la hausse du chômage ?
Perte d’emploi, revenus en baisse, marché incertain : comment garder la main sur son argent, son moral et ses projets quand le chômage grimpe.
Je me souviens très bien de la première fois où j’ai vu un collègue partir « pour raisons économiques ». Tout le monde a fait semblant de continuer sa journée normalement, mais l’ambiance avait changé : une question flottait dans l’air… « Et si c’était moi, demain ? ».
Quand le chômage augmente, ce n’est pas une courbe abstraite au journal télé. C’est de l’angoisse dans les cuisines, des discussions tendues sur le loyer, des projets qu’on met en pause. Alors comment garder la main sur son argent, son avenir, et un peu de sérénité dans tout ça ?
Je te partage ici une manière de regarder les choses à la fois concrète et apaisée. Et important : ce qui suit n’est pas un conseil financier personnalisé, mais des repères généraux pour t’aider à y voir plus clair.
Quand le chômage grimpe, ce qui change vraiment dans nos vies
Avant de parler d’argent, je préfère reconnaître le truc qui fait souvent le plus mal : la peur. Peur de perdre son job, peur de ne pas en retrouver, peur de « ne pas y arriver ».
Quand le chômage augmente, on voit plusieurs effets en chaîne :
- La sécurité d’emploi recule : plus de licenciements économiques, de CDD non renouvelés, d’intérim en dents de scie.
- Les salaires se tendent : les augmentations sont plus rares, les primes sautent parfois.
- La concurrence entre candidats augmente : à compétences égales, les recruteurs ont plus de choix.
- Les parcours deviennent plus chaotiques : alternance de périodes travaillées, chômage, formation, missions courtes.
Je ne dis pas ça pour te stresser, au contraire : comprendre le terrain de jeu permet de reprendre un peu de pouvoir. La vraie question devient : qu’est-ce que je peux faire, moi, là-dedans ?
Ta priorité n°1 : sécuriser le quotidien (même si rien de grave n’est arrivé)
Quand le chômage monte, la première marche, ce n’est pas « investir mieux ». C’est tenir le coup si un pépin arrive.
J’essaie toujours de raisonner en trois cercles :
- Survivre 1 à 3 mois : payer le loyer, la nourriture, l’énergie.
- Tenir 3 à 6 mois : garder un minimum de confort sans s’endetter.
- Tenir plus de 6 mois : ajuster son mode de vie si la situation dure.
Construire (ou renforcer) un petit matelas de sécurité
Si tu es en poste aujourd’hui, même précaire, c’est le moment idéal pour te créer un fonds d’urgence, même modeste. Quelques repères :
- Viser au moins un mois de dépenses essentielles (logement, nourriture, transports indispensables). Deux, c’est déjà très bien. Trois ou plus, c’est royal, mais ne te compare pas : l’important, c’est de commencer.
- Le mettre sur un compte très liquide (livret réglementé par exemple), sans chercher le rendement.
- L’utiliser uniquement en cas de pépin de revenus (perte d’emploi, baisse forte d’activité) ou de grosse dépense essentielle imprévue.
Si tu es déjà au chômage ou en fin de droits, le sujet est différent : l’objectif n’est plus de constituer un matelas, mais de l’étirer au maximum et d’éviter de nouveaux boulets (crédits, retards de paiement).
Budget : piloter en mode « brouillard » sans paniquer
Quand l’horizon se brouille, je conseille une version simplifiée du budget, pas un tableau Excel qui fait culpabiliser. L’idée, c’est : voir pour agir.
Étape 1 : Faire l’état des lieux honnête
Sur un mois, note :
- Tous les revenus : salaire, indemnités chômage, aides, pensions, petits boulots…
- Les dépenses fixes : loyer, crédits, abonnements, assurances, impôts, transports incompressibles.
- Les dépenses variables : courses, sorties, achats divers, santé, enfants…
Tu peux faire ça sur une feuille, un bloc-notes, une appli, peu importe. Le but, c’est un chiffre :
« Combien il me reste vraiment une fois les indispensables payés ? »
Étape 2 : Classer les dépenses en 4 catégories
Je le fais souvent comme ça :
- Indispensable et non négociable (loyer, électricité, assurance habitation…)
- Indispensable mais optimisable (courses, forfait mobile, transports…)
- Confort utile (plateformes, sorties, loisirs, petit shopping…)
- Carrément dispensable (les achats dont on se passe sans trop de douleur après coup)
Ensuite, tu vois ce que tu peux :
- Négocier (crédit, assurance, forfaits, certains abonnements).
- Réduire (courses avec liste stricte, limiter les petits achats impulsifs, partager certains abonnements à plusieurs quand c’est légal…).
- Suspendre le temps de la tempête (certains loisirs coûteux, projets non urgents).
L’idée n’est pas de s’amputer de toute joie, mais de garder la main. Un resto de temps en temps peut être plus précieux pour le moral qu’un énième abonnement qu’on oublie d’utiliser.
Faire la paix (temporaire) avec l’épargne et les placements
Quand tout va bien, on nous répète : « Il faut épargner pour la retraite, investir à long terme… ». Quand le chômage grimpe, les priorités changent.
Si tu es encore en poste mais inquiet
À mon sens, l’ordre logique devient :
- Fonds d’urgence d’abord (1 à 3 mois de dépenses essentielles).
- Remboursement des crédits les plus chers (découverts, revolving, cartes de magasin…), si possible.
- Épargne long terme (retraite, investissements plus risqués).
Ça peut vouloir dire :
- Diminuer provisoirement ton épargne long terme pour renforcer ton matelas court terme.
- Éviter de te lancer dans des placements compliqués que tu ne comprends pas juste parce que « tout le monde en parle ».
Si tu es déjà au chômage
Là, l’épargne sert de parachute. Ce qui compte :
- Accepter (sans trop de culpabilité) de taper dedans pour les dépenses vitales.
- Éviter de casser trop vite les placements qui auraient un gros coût de sortie (par exemple, certains contrats qui te pénalisent si tu retires tout d’un coup).
Et si tu as des sommes engagées sur des produits risqués, ça vaut le coup de :
- Te poser calmement.
- Éventuellement en parler à un conseiller financier ou associatif (Maison de justice et du droit, associations de consommateurs, parfois des structures d’accompagnement gratuites) avant de prendre une décision brutale.
Là encore, ce que je partage n’est pas un conseil personnalisé : ta situation, tes contrats, ton âge, tes projets changent tout.
Crédits : ne pas se cacher, parler tôt (ça change tout)
Beaucoup de gens attendent d’être en retard de paiement pour bouger. C’est humain, mais c’est le pire moment.
Le réflexe qui aide vraiment : parler avant que ça casse.
- Si tu sens que tu vas avoir du mal à rembourser ton crédit immobilier, conso, auto : contacte ta banque ou ton organisme de crédit tout de suite.
- Explique la situation (chômage, baisse de revenus) et demande ce qui est possible :
- report d’échéances,
- allongement de la durée du crédit (ça coûte plus cher au global, mais ça soulage le mois),
- regroupement de crédits dans certains cas.
Dans certains pays, il existe aussi des recours auprès du tribunal pour les situations de surendettement, ou des commissions spécifiques. Ça peut faire très peur de se lancer, mais les retours que j’ai souvent sont : « J’aurais dû le faire plus tôt ».
Et si tu te sens dépassé, tu peux te tourner vers des associations de défense des consommateurs ou des services sociaux. Parler de ses dettes fait honte au début, mais c’est souvent le premier vrai pas vers l’apaisement.
Se rendre « employable » : la carte formation que beaucoup sous-exploitent
Quand le chômage monte, on entend souvent : « Faut se former ». C’est vrai, mais on peut vite se retrouver perdu entre les catalogues de formations et la réalité du marché.
Je trouve utile de raisonner comme ça :
« Comment je peux devenir la personne dont on a besoin même quand l’économie tousse ? »
Repérer les compétences qui résistent mieux aux crises
Souvent, ce qui tient le mieux la route, ce sont :
- Les métiers liés aux besoins essentiels (santé, alimentation, énergie, logistique…).
- Les métiers de maintenance et de réparation (réparer coûte parfois moins cher que remplacer en temps de crise).
- Les métiers de la relation humaine (accompagnement social, éducatif, soin, service à la personne).
- Certaines compétences transversales très recherchées (gestion de projet, numérique de base, langues, vente, support client…).
L’idée n’est pas de faire une reconversion totale du jour au lendemain, mais de te demander :
- Qu’est-ce que je sais déjà faire qui pourrait être utile ailleurs ?
- Qu’est-ce qu’il me manquerait pour être embauchable dans un secteur plus porteur ?
Utiliser les dispositifs existants (souvent méconnus)
Selon ton pays et ta situation (salarié, demandeur d’emploi, jeune, travailleur handicapé…), il existe souvent :
- Des droits à la formation accumulés au fil des années.
- Des formations gratuites ou financées pour les demandeurs d’emploi.
- Des bilans de compétences pour t’aider à y voir plus clair.
Là, je t’encourage vraiment à prendre un rendez-vous avec un conseiller emploi (type service public de l’emploi) ou une structure d’orientation. Tout seul, on tourne en rond. À deux, on a plus d’idées, plus de recul.
Entrepreneuriat, petits boulots, entraide : jouer la carte « système D » sans se brûler
Quand le salariat se crispe, beaucoup se disent : « Je vais me mettre à mon compte ». Pourquoi pas, mais attention : se lancer dans un projet entrepreneurial par défaut, sous pression financière, c’est un cocktail risqué.
Si tu sens une envie d’entreprendre :
- Commence petit, en testant ton idée avec des missions ponctuelles, des prototypes, du bouche-à-oreille.
- Informe-toi sur les aides à la création d’entreprise pour les chômeurs (souvent, il en existe : accompagnement, maintien partiel des allocations un temps, etc.).
- Entoure-toi (réseaux d’entrepreneurs, coopératives d’activité, espaces de coworking solidaires…).
Dans le même esprit, il ne faut pas sous-estimer :
- Les petits boulots temporaires (garde d’enfants, aide à domicile, soutien scolaire, livraisons, missions saisonnières). Ce n’est pas toujours l’emploi rêvé, mais ça peut être un pont qui évite de s’endetter, tout en gardant un rythme.
- Les réseaux d’entraide : troc de services, garde partagée, achats groupés, colocations, associations locales. Chaque coup de main, c’est un peu moins de pression sur le compte en banque.
Et le moral, dans tout ça ?
On parle d’argent, mais derrière il y a surtout une question : comment rester digne quand l’emploi vacille ?
Quelques repères que je vois souvent aider :
- Ne pas confondre sa valeur personnelle et son statut professionnel. Tu n’es pas ton contrat de travail.
- Garder un rythme : horaires de lever, activité physique, démarches chaque jour, même petites.
- Éviter de s’enfermer : parler à au moins une personne de confiance de ta situation, pour ne pas tourner en boucle.
Et si tu sens que l’angoisse devient envahissante (insomnies, crises, idées noires), ne reste pas seul : un médecin, un psychologue, une association d’écoute peuvent vraiment aider à passer le cap.
Garder la main, même quand on ne contrôle pas tout
On ne choisit pas la conjoncture économique, ni les plans sociaux, ni les statistiques du chômage. Par contre, on a plus de prise qu’on ne le croit sur :
- La façon dont on organise son budget.
- La manière dont on prépare un éventuel coup dur.
- Les démarches qu’on lance pour se former, se reconvertir ou compléter ses revenus.
- Les liens qu’on entretient avec les autres.
Si tu dois retenir une seule chose : tu as le droit d’avoir peur, mais tu peux aussi agir à petits pas. Un appel à ta banque, un rendez-vous avec un conseiller emploi, une heure à mettre ton budget noir sur blanc… Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est exactement comme ça qu’on traverse les périodes où le chômage grimpe.
Et toi, quel serait le tout petit pas que tu pourrais faire cette semaine pour te sentir un peu plus aux commandes ?
La rédaction Dymastyle
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