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Comment faire du compost avec un composteur ?
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Comment faire du compost avec un composteur ?

Installer un composteur, éviter les odeurs, attirer les bons insectes et obtenir un compost bien mûr : je t’emmène pas à pas au jardin.

DY
La rédaction Dymastyle·9 min de lecture
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Tu sais que tu es devenu officiellement adulte quand tu te surprends à dire : « Attends, ça, ça va au compost ». Et que ça te rend presque fier.

Si tu as un composteur (ou envie d’en installer un) mais que tu te demandes : où le mettre, quoi mettre dedans, comment éviter les odeurs et quand c’est prêt… je te propose qu’on s’y mette ensemble, tranquillement.

Parce que oui, faire du compost, ça peut être simple. Mais il y a deux ou trois pièges qui transforment vite un bon projet en truc qui pue au fond du jardin.

D’abord : ton composteur, tu le poses où ?

La place du composteur, c’est un peu comme la place du canapé : si tu te rates, tu vas le regretter longtemps.

Je me pose toujours ces questions :

  • Est-ce que j’y vais facilement ? (sinon, flemme d’y aller en plein hiver)
  • Est-ce que ça ne gêne pas les voisins ?
  • Est-ce que le sol est en contact avec la terre ?

L’idéal :

  • Un endroit à l’ombre légère ou à mi-ombre : derrière une haie, sous un arbre léger… Le compost n’aime ni la fournaise ni le congélateur.
  • Directement sur la terre, jamais sur du béton : les vers de terre, insectes et micro-organismes doivent pouvoir entrer. C’est eux, les vrais ouvriers du compost.
  • À quelques pas de la maison : assez près pour y aller souvent, assez loin pour être tranquille si ça fermente un peu fort au début.

Si tu vis en appartement, ce n’est pas perdu :

  • Balcon ou terrasse → composteur de balcon ou lombricomposteur.
  • Sans extérieur → certains immeubles ont des composteurs partagés ou des points de collecte municipaux.

Le bon repère : si tu dois mettre des bottes ou une lampe frontale pour y aller, c’est peut-être un peu trop loin.

Acheter, fabriquer ou récupérer : le composteur qui te va bien

Franchement, un composteur, ce n’est pas un objet sacré. C’est une boîte aérée où tout va pourrir joliment.

1. Les composteurs du commerce

On en trouve en bois ou en plastique recyclé, en général de 300 à 600 litres.

Je regarde surtout :

  • Les ouvertures : une trappe en bas pour récupérer le compost, un couvercle facile à ouvrir.
  • La ventilation : quelques fentes ou trous dans les parois.
  • Le volume : pour un petit jardin, 300 L c’est déjà très correct. Pour un jardin familial avec pas mal de déchets de cuisine et de jardin, 600–800 L peuvent être confortables.

2. Le composteur fait maison

Si tu aimes bricoler (ou récupérer) :

  • Palette en bois : 4 palettes assemblées, quelques vis, et tu as un bac rustique mais très efficace.
  • Vieux bac en bois / caisse / ancien coffre : tant que l’air peut circuler et que le fond reste ouvert sur la terre, ça marche.

Astuce simple :

  • Laisse des interstices dans les parois pour l’air.
  • Mets un petit grillage au sol si tu as des rats dans le coin, pour les décourager sans bloquer les vers.

3. En appartement : et les animaux dans tout ça ?

Si tu vis avec un chat, un chien, ou des NAC à la maison :

  • Lombricomposteur intérieur : parfait pour un coin cuisine, ça ne sent pas mauvais si c’est bien géré.
  • À garder hors de portée des animaux curieux : ce n’est pas toxique en soi, mais mieux vaut éviter que le chat décide d’en faire une litière alternative.

Qu’est-ce qu’on met (vraiment) dans un composteur ?

On entend souvent « tout ce qui est organique se composte ». En pratique, oui, mais pas au même rythme… ni avec le même confort.

Je m’appuie toujours sur deux familles :

  • Les “verts” : riches en azote, humides, qui nourrissent les microbes.
  • Les “bruns” : riches en carbone, plus secs, qui aèrent et évitent la bouillie.

Les déchets “verts” (à mettre)

  • Épluchures de fruits et légumes
  • Restes de fruits abîmés
  • Marc de café + filtres en papier
  • Sachets de thé (sans agrafe, idéalement sans plastique)
  • Fanes, feuilles vertes de légumes
  • Tontes de gazon (en petite quantité à la fois)

Les déchets “bruns” (très importants)

  • Carton brun non imprimé, découpé en morceaux (boîtes d’œufs, cartons de rouleaux de papier toilette…)
  • Papier kraft, essuie-tout non gras
  • Feuilles mortes sèches
  • Petites branches, brindilles, broyat de taille
  • Coquilles d’œufs écrasées (elles se dégradent lentement mais c’est utile pour la structure)

Ce que je garde hors du composteur maison

  • Viande, poisson, restes très gras : ça attire les nuisibles et ça sent vite mauvais.
  • Produits laitiers en quantité (un tout petit reste perdu, ce n’est pas grave, mais pas un camembert entier…).
  • Excréments de chiens, chats, litière souillée : risque sanitaire, mieux vaut éviter dans un compost domestique, surtout si le compost sert au potager.
  • Plantes très malades : pour ne pas propager les maladies au jardin.

Pour les animaux de la maison :

  • Les copeaux et foin souillés de lapin, cochon d’Inde, poules… peuvent parfois être compostés, mais ça dépend du volume et du type de litière. Si tu hésites, tu peux te renseigner auprès de ta mairie ou d’un service de gestion des déchets.

Le geste clé : toujours équilibrer vert + brun

Si je devais résumer le compost à une règle :

À chaque apport de “vert”, ajoute un peu de “brun”.

Tu viens de vider ton seau d’épluchures ? Ajoute une bonne poignée de carton déchiré ou de feuilles mortes.

Pourquoi c’est si important ?

  • Trop de verts → compost compact, humide, qui sent mauvais (œuf pourri, ammoniaque… le bonheur).
  • Trop de bruns → tas sec, qui ne se décompose presque pas.

Un repère simple :

  • Vise 1/3 de verts pour 2/3 de bruns en volume. Pas besoin de mesurer, c’est juste une image pour dire : le brun est souvent le parent pauvre, pense à en rajouter plus souvent que tu ne crois.

Astuce pratique :

  • Garde un sac de feuilles mortes ou de carton brun sec à côté du composteur, comme réserve. Tu “saupoudres” un peu à chaque fois que tu apportes des déchets de cuisine.

Mélanger, aérer, surveiller l’humidité : le trio gagnant

Le compost, c’est une vie en mouvement. Si ça ne bouge jamais, ça prend… beaucoup de temps.

Mélanger : à quelle fréquence ?

Pas besoin d’y passer ta vie. En général :

  • Un remuage léger toutes les 2 à 3 semaines suffit largement.

Tu peux utiliser :

  • Une fourche, un manche, un outil spécial “aérateur de compost”… ou ce que tu as sous la main.

Le but :

  • Ramener un peu d’air.
  • Faire descendre les apports récents et remonter un peu l’ancien.

L’humidité : ni marécage ni désert

Un compost en forme doit être :

Aussi humide qu’une éponge bien essorée.

Si tu prends une poignée de compost en cours et que :

  • Ça dégouline → trop humide. Ajoute du brun sec (feuilles, carton) et mélange un peu.
  • Ça s’effrite et c’est poussiéreux → trop sec. Ajoute un peu d’eau (un arrosoir, pas un seau) et/ou plus de verts.

En période de canicule, je n’hésite pas à :

  • Laisser le couvercle légèrement entrouvert seulement le soir.
  • Donner un léger coup d’arrosoir si tout semble sec.

Et la température ?

Dans les gros tas, la température peut monter franchement quand ça travaille bien. Dans un composteur de jardin classique, tu peux juste sentir que :

  • En glissant la main à l’intérieur, c’est un peu tiède → c’est bon signe.

Pas besoin de thermomètre spécialisé sauf si tu veux jouer au pro.

Odeurs, moucherons, rongeurs : les pépins classiques (et comment les gérer)

On me dit souvent : « J’aimerais bien composter, mais j’ai peur que ça sente / que ça attire les bêtes ».

En vrai, un compost bien géré ne sent presque rien, juste une légère odeur de sous-bois.

Si ça sent mauvais

En général, c’est qu’on a :

  • Trop de déchets humides entassés sans brun ni mélange.

Que faire ?

  • Ajouter généreusement des matières brunes (carton, feuilles, broyat).
  • Mélanger un peu.
  • Bien refermer.

Si tu as plein de moucherons

Rien de dangereux, juste agaçant.

  • Évite de laisser les épluchures apparentes en surface : recouvre toujours d’un peu de matières brunes.
  • Tu peux ajouter une couche de terre ou de compost mûr au-dessus.

Et les rongeurs ?

Les rats et souris viennent pour la nourriture facile.

  • Ne mets jamais de viande, poisson, restes cuisinés très gras.
  • Si c’est un vrai problème autour de chez toi, installe un grillage fin sous le composteur et des parois bien jointes.

Quand est-ce que le compost est “mûr” ?

Ça dépend de la taille du composteur, de la saison, de ce que tu mets dedans… Mais en général, il faut compter entre 6 et 12 mois pour obtenir un compost bien mûr.

Comment reconnaître qu’il est prêt ?

  • Il sent la terre de forêt, pas les épluchures.
  • On ne reconnaît presque plus les déchets d’origine (sauf quelques coquilles d’œufs, petits morceaux de bois… c’est normal).
  • La couleur est brun foncé, la texture grumeleuse.

Souvent, on récolte le compost par le bas, via une trappe ou en soulevant le composteur et en récupérant ce qui a bien mûri au fond.

Si certains morceaux sont encore visibles ou un peu fibreux :

  • Tu peux tamiser grossièrement avec un grillage.
  • Ce qui reste passe dans le composteur pour un deuxième tour.

Comment utiliser ton compost sans se prendre la tête

Le compost, c’est de l’or brun… mais inutile de le traiter comme un produit chimique ultra-dosé.

Quelques idées simples :

  • Au potager : étale une couche de 1 à 3 cm à la surface, au printemps ou à l’automne, puis griffe légèrement.
  • Pour les plantes en pot : mélange un peu de compost (1/3) à ton terreau habituel (2/3).
  • Au pied des arbres et arbustes : une bonne poignée ou deux autour du tronc, sans coller directement contre l’écorce.

Évite juste d’utiliser un compost encore trop frais (où tu reconnais encore beaucoup d’éléments) directement au contact de jeunes racines fragiles : laisse-le finir sa vie un peu plus longtemps sur un coin de terre si besoin.

Et les animaux dans tout ça ?

Je reviens un instant sur nos compagnons à poils, plumes ou écailles.

  • Un composteur bien géré ne présente pas de danger particulier pour les animaux du foyer, surtout s’il est fermé.
  • Évite que le chien aille fouiller dedans ou croquer des restes à moitié décomposés : ce n’est pas fait pour être mangé, et certains restes de plantes ou de fruits peuvent ne pas lui convenir.
  • Pour tout problème digestif, comportement inhabituel ou doute sur quelque chose qu’un animal aurait pu ingérer, mieux vaut appeler ton vétérinaire. Lui seul peut te conseiller précisément sur la santé de ton compagnon.

Et bonne nouvelle : le compost attire aussi une petite faune utile (vers, coléoptères, parfois hérissons autour du tas à l’extérieur…). C’est tout un micro-monde qui aide ton jardin à être plus vivant.


Au fond, faire du compost, c’est juste accepter que rien ne se perd vraiment : tes épluchures d’aujourd’hui deviennent les tomates, les fleurs ou les herbes aromatiques de demain.

On peut commencer petit : un seau dans la cuisine, un bac basique au fond du jardin, et voir comment ça vit. Tu verras, au bout de quelques mois, ouvrir le composteur devient presque un petit rituel : tu observes, tu ajustes… et tu te dis que oui, ton quotidien produit aussi de la richesse.

Tu veux tenter, ou améliorer celui que tu as déjà ? Le prochain sac d’épluchures peut être ton premier pas.

DY

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