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Comment devenir un sorcier en 5 étapes simples ?
🎭 Art & Culture

Comment devenir un sorcier en 5 étapes simples ?

Je raconte comment j’ai apprivoisé la « sorcellerie » du quotidien : rituels, lectures, musique, regard sur le monde… 5 étapes concrètes pour réveiller sa magie.

DY
La rédaction Dymastyle·8 min de lecture
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Je ne lance pas de boules de feu, je ne vole pas sur un balai, et mon chat refuse clairement d’être qualifié de familier. Pourtant, certains jours, j’ai l’impression d’être un peu sorcier. Pas dans le sens blockbuster, plutôt dans ce truc très concret : sentir que le monde est plus vaste que ce qu’on voit, et qu’il y a mille façons de s’y relier.

C’est de cette magie-là dont je parle. Celle qu’on cultive avec ses yeux, ses oreilles, ses lectures, ses gestes du quotidien. Rien de spectaculaire, mais un déplacement discret du regard qui change tout.

Alors, comment devenir un sorcier en 5 étapes simples ? Je te raconte comment j’ai apprivoisé cette idée dans ma vie de tous les jours.

1. D’abord, choisir sa porte d’entrée (les mythes qu’on adopte)

Pour moi, tout a commencé avec un livre. Pas un grimoire poussiéreux, juste un roman trouvé par hasard dans une bibliothèque de quartier. Une histoire de forêt, de vieux rites, de gens qui parlent aux arbres. C’était simple, mais ça ouvrait une porte : et si la réalité était plus épaisse que ce qu’on en voit ?

On devient sorcier, je crois, le jour où on choisit consciemment les histoires qui nous traversent.

  • Tu peux entrer par la fantasy : Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Ursula Le Guin, Robin Hobb…
  • Par la mythologie : grecque, nordique, africaine, japonaise…
  • Par la littérature fantastique : Borges, Lovecraft, Shirley Jackson, Mariana Enriquez.
  • Par les contes populaires : Perrault, Grimm, mais aussi les collectes d’oralité de chaque région.

Je ne te conseille pas un « must-read » absolu. Je te suggère un geste :

  • Va dans une librairie (ou une médiathèque).
  • Dis au libraire : « J’ai envie d’un livre où la réalité est un peu décalée, mais pas cucul. »
  • Laisse-toi guider.

On n’est pas obligé de croire aux sorts pour se laisser travailler par les mythes.

La vraie question n’est pas : « Est-ce que c’est vrai ? » mais : « Qu’est-ce que ça change à ma manière de regarder le monde ? »

2. Cultiver l’art de voir plus que ce qui est posé là

Je me suis rendu compte que la « magie » commence souvent par un truc très prosaïque : regarder mieux.

Un sorcier, dans les histoires, remarque ce que les autres ne voient pas : une ombre qui dure un peu trop longtemps, une coïncidence qui insiste, une phrase qui revient. Dans la vraie vie, ça ressemble à :

  • repérer des motifs : les mêmes expressions qui reviennent dans les conversations, les mêmes sujets qui obsèdent une époque ;
  • tendre l’oreille aux détails : un silence après une phrase, une hésitation, un regard fuyant ;
  • observer les objets comme s’ils avaient une biographie : qui les a fabriqués, pourquoi, où ils ont voyagé avant d’arriver chez toi.

Un exercice que je fais souvent :

  • Je sors marcher sans écouteurs.
  • Je choisis un objet banal (un banc, un lampadaire, une vitrine).
  • Je me demande : si cet objet avait une mémoire, qu’est-ce qu’il aurait vu ?

Ça paraît anodin, mais ça déplace tout. Tout à coup, la ville devient un décor habité, avec des couches. Et là, les œuvres d’art, les films, les séries, la musique se mettent à vibrer autrement, parce que tu vois comment ils s’enracinent dans ce réel épais.

Tu peux t’amuser à appliquer ça à ce que tu regardes :

  • Devant une série de sorcières : qu’est-ce que ça dit de notre époque ? De la peur du féminin ? Du pouvoir ?
  • Devant un clip pop aux accents mystiques : est-ce qu’on parle vraiment d’ésotérisme, ou de solitude, de désir, de deuil ?

Le sorcier moderne, c’est peut-être juste quelqu’un qui ne regarde plus rien au premier degré.

3. Créer ses petits rituels (sans bougies noires obligatoires)

On associe souvent la sorcellerie aux rituels. Dans ma vie, les rituels les plus puissants n’ont rien de spectaculaire.

Par exemple :

  • Le carnet du matin : trois pages écrites à la main, sans filtrer. Pas pour être publié, juste pour « vider la tête ». Au bout de quelques semaines, j’y ai vu apparaître des obsessions, des envies, des douleurs que je ne m’avouais pas. C’est devenu mon petit sortilège de lucidité.
  • La tasse du soir : toujours la même grande tasse, toujours le même mélange de tisanes, toujours le même fauteuil. C’est mon signal pour dire au cerveau : on bascule dans un autre état. C’est bête, mais ça fonctionne.
  • Le minuteur magique : 20 minutes sans téléphone, consacrées à une seule chose (lire, dessiner, écouter un album entier, rien faire). Je lance le minuteur comme on tracerait un cercle de protection.

Tu peux te fabriquer tes rituels autour de l’art et de la culture :

  • Lire un poème chaque matin en buvant ton café.
  • T’accorder un morceau en entier dans le noir, casque sur les oreilles, sans multitâche.
  • Regarder un tableau (en vrai ou en reproduction) 5 minutes montre en main, sans scroller.

L’important, ce n’est pas la solennité, c’est la répétition. À force, ces moments découpent la journée, comme de petites enclaves magiques.

La magie, c’est juste l’art de mettre de l’intention dans ce qu’on fait déjà.

Pas besoin d’encens (sauf si tu aimes ça). Ce qui compte, c’est : pourquoi tu le fais, et comment ça te transforme.

4. Apprendre à lire entre les lignes (et pas seulement dans le marc de café)

Je me suis souvent senti « nul » devant certaines œuvres : poésie trop obscure, installations contemporaines, films réputés « difficiles ». J’avais l’impression de manquer du mode d’emploi.

Un jour, quelqu’un m’a dit : « Ce n’est pas toi le problème, c’est le mythe que tout doit être compris du premier coup. » Ça m’a libéré.

Devenir un sorcier culturel, c’est aussi :

  • accepter de ne pas tout comprendre tout de suite ;
  • se donner la permission de revenir à une œuvre ;
  • poser des questions naïves, sans honte.

Quelques outils simples que j’utilise :

  1. Avant de voir/lire/écouter

    • Je me demande : De quoi j’ai besoin là, maintenant ? Être bousculé, consolé, nourri ?
    • Je regarde juste deux choses : le contexte de création (année, pays) et le genre (poème, essai, autofiction, thriller…).
  2. Pendant

    • Je laisse venir les images, les phrases, les sons qui accrochent. Je ne cherche pas à tout attraper.
    • Si je décroche, je le note simplement : Tiens, là, je m’ennuie / je décroche / ça me dérange. Ça fait partie de la rencontre.
  3. Après

    • Je me pose trois questions toutes bêtes :
      • Qu’est-ce qui m’a touché ?
      • Qu’est-ce qui m’a résisté ?
      • Qu’est-ce que ça déplace en moi ou dans ma vision du monde ?

Tu peux faire ça avec un album de rap, un film d’auteur roumain, une BD jeunesse. Ça marche avec tout.

La « lecture entre les lignes », ce n’est pas débusquer un sens caché que l’artiste aurait planqué. C’est :

  • remarquer les tensions (entre les personnages, entre l’auteur et son époque) ;
  • voir les manques (ce qui n’est pas dit, pas montré) ;
  • observer ta réaction comme faisant partie de l’œuvre.

Là, tu commences à jouer dans la même cour que les sorciers : tu manipules les symboles, tu circules à travers eux, tu les laisses te transformer.

5. Tisser ta propre magie quotidienne (et la partager)

À un moment, j’ai compris que la magie n’existe vraiment que si on la fait circuler.

Concrètement, ça donne :

  • Recommander des choses autour de toi, mais avec sincérité. Pas : « Il faut que tu voies ce film », plutôt : « J’ai vu ça, ça m’a secoué pour telle raison, je serais curieux de savoir ce que toi tu en penses. »
  • Offrir des œuvres comme on offrirait des talismans : un livre à quelqu’un qui traverse un deuil, une playlist pour quelqu’un qui déménage, un podcast à un ami qui cogite sur son boulot.
  • Créer toi-même, même en amateur complet :
    • un carnet de croquis,
    • un compte où tu recomandes des lectures,
    • des mini-critiques vocales envoyées à tes proches,
    • un collage sur ton frigo.

On devient sorcier le jour où on arrête de consommer la culture comme un produit, et qu’on commence à l’utiliser comme un langage.

Si je t’offre un recueil de poèmes, je ne t’offre pas juste du papier imprimé : je t’offre une certaine manière de traverser une rupture, un pays, une nuit. Si tu me fais écouter un morceau qui t’a sauvé un dimanche, tu m’ouvres une porte dans ton monde.

Chaque recommandation sincère, c’est un petit sort de lien.

Et plus on tisse, plus ça circule, plus nos vies, parfois très banales en apparence, se remplissent de signes, d’échos, de ponts.

En vrai, la seule question : quelle magie veux-tu pratiquer ?

Quand j’entends « sorcier » aujourd’hui, je ne pense plus chapeau pointu. Je pense à toutes ces personnes qui :

  • transforment leur colère en art,
  • transforment leur fatigue en humour,
  • transforment leurs blessures en récits, en gestes de soin, en engagement.

Les 5 étapes que je t’ai proposées ne sont pas un mode d’emploi, ce sont des invitations :

  1. Choisir les mythes auxquels tu veux te frotter.
  2. Apprendre à voir plus que la surface.
  3. T’inventer des rituels du quotidien.
  4. Lire / regarder / écouter sans te sentir illégitime.
  5. Faire circuler ce qui t’a touché, à ta manière.

Tu peux n’en prendre qu’une. Tu peux les détourner. Tu peux décider que ta magie sera uniquement culinaire, musicale, politique, peu importe.

Ce qui compte, au fond, c’est la sensation que ta vie n’est pas juste une suite d’obligations et de scroll infini, mais un espace où tu peux encore t’étonner, choisir, relier, transformer.

Et toi, si tu devais inventer ton premier petit geste de sorcier ou de sorcière, là, cette semaine, ce serait quoi ?

DY

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