
Comment capturer la magie du contrejour en photographie ?
Et si tu arrêtais de fuir le soleil en photo ? Je t’emmène pas à pas pour apprivoiser le contrejour et en faire de la pure magie.
Tu vois ces photos où le soleil explose doucement derrière une silhouette, avec une sorte d’aura dorée autour des cheveux, des feuilles ou des moustaches d’un chat ? Le genre d’image qui semble sortie d’un film. Ça, c’est le contrejour.
Sauf qu’en vrai, quand on s’y frotte, ça donne souvent : sujet tout noir, ciel complètement cramé, flare dégueu, et toi qui te dis : « Mon appareil est nul. » (Spoiler : ce n’est pas lui.)
Je te propose qu’on démêle ça ensemble, étape par étape, sans gros mots techniques et avec des astuces concrètes que tu peux tester dès ta prochaine balade au soleil.
Le contrejour, ce n’est pas “mal exposé”, c’est un choix
On va partir de la base : le contrejour, c’est simplement quand la source de lumière principale est derrière ton sujet, face à ton objectif.
Résultat, tu peux jouer sur deux grandes ambiances :
- Silhouette graphique : le sujet est volontairement sombre, presque noir, devant un ciel ou un fond lumineux.
- Lumière dorée / halo : tu gardes des détails dans ton sujet, mais avec cette lumière qui le contourne, qui fait briller les cheveux, les poils, les feuilles…
La clé, c’est que ce n’est pas un accident. Tu décides :
“Est-ce que je veux voir mon sujet, ou surtout ressentir la lumière ?”
À partir de là, tes réglages suivent ton intention.
Où placer le soleil (et toi) pour que la magie opère
Avant même de parler de boutons d’appareil, le plus gros secret, c’est… où tu te mets.
1. Ne mets pas le soleil en pleine poire de l’objectif
Si tu cadres avec le soleil en plein milieu, tu auras souvent :
- un énorme flare (ces taches colorées parfois jolies… mais pas toujours),
- une perte de contraste,
- et ton appareil qui galère à faire la mise au point.
Astuce simple :
- Place le soleil juste hors cadre, un peu au-dessus ou sur le côté.
- Ou masque-le partiellement derrière quelque chose : un arbre, un mur, une tête, un museau, une main…
Tu verras, ça change tout. La lumière devient plus douce, plus contrôlable.
2. Observe l’heure : la golden hour est ton alliée
Tu peux faire du contrejour à midi, mais c’est le mode “hardcore” : lumière dure, ombres marquées, yeux qui plissent.
Pour commencer, vise plutôt :
- Le matin tôt (juste après le lever du soleil)
- La fin de journée (juste avant le coucher du soleil)
La lumière est plus basse, plus douce, plus dorée : parfaite pour les silhouettes, les portraits, les animaux, les plantes… tout.
3. Regarde les contours, pas le sujet
En contrejour, ce qui “fait” la photo, ce n’est pas l’intérieur du sujet, c’est sa forme :
- les cheveux bouclés qui prennent la lumière,
- les oreilles d’un chien qui deviennent translucides,
- la vapeur d’un café du matin,
- les branches fines d’un arbre en hiver.
Je me surprends souvent à me dire : « Et si je me contentais de dessiner les contours avec la lumière ? » Et là, le cadrage devient beaucoup plus simple.
Les réglages : comment ne pas finir avec un gros pâté noir
Même avec un smartphone, tu peux gérer un minimum ton exposition. L’idée, c’est de dire à ton appareil quoi privilégier.
1. Sur smartphone : le geste qui change tout
Beaucoup l’ignorent, mais ton téléphone te laisse déjà un petit contrôle :
- Tu cadres ta scène.
- Tu appuies sur l’écran là où tu veux que la lumière soit “correcte” (par exemple, sur le visage ou le corps de ton sujet).
- Ensuite, souvent, tu peux faire glisser ton doigt vers le haut ou le bas pour éclaircir ou assombrir.
Pour :
- Une silhouette → tu exposes pour le ciel (tu tapes sur une zone lumineuse du ciel, puis tu ajustes un peu vers le bas).
- Un portrait lumineux avec halo → tu exposes pour le visage ou le corps (tu tapes sur ton sujet), quitte à laisser le ciel un peu cramé. Ce n’est pas grave : ton sujet, c’est la personne / l’animal, pas les nuages.
2. Sur appareil photo : priorité ouverture ou mode manuel léger
Si tu as un appareil photo, même débutant, deux options très pratiques :
- Mode priorité ouverture (A ou Av) : tu choisis l’ouverture, l’appareil gère la vitesse.
- Mode manuel : tu gères tout, mais on peut le faire sans se prendre la tête.
a) Pour un portrait doux avec fond flou
- Ouvre plutôt grand : f/1.8 à f/4 si ton objectif le permet.
- Sensibilité ISO : commence vers 100–400 ISO en plein jour.
- Pointe la mesure d’exposition sur ton sujet (tu peux passer en mesure spot ou pondérée si tu es à l’aise dans les menus), ou vise le visage avec le collimateur.
Ta priorité : ne pas transformer la personne en silhouette si tu veux voir son expression.
b) Pour une belle silhouette bien nette
- Ferme un peu plus : f/5.6 à f/11 pour des contours bien définis.
- Expose pour le ciel : laisse ton appareil “croire” que le ciel est important.
- Si ton sujet devient bien sombre et le ciel riche en couleur : tu y es.
Tu peux ajuster avec la correction d’exposition (le petit “+/-” sur la molette) :
- Pour une silhouette marquée : va vers -1, -2 IL.
- Pour éclaircir un peu ton sujet : va vers +0.3, +0.7 IL.
3. Ne te bats pas contre le soleil, triche un peu
Personne n’a dit qu’on devait suivre les règles à la lettre. Deux petites “triches” que j’utilise souvent :
- Reculer légèrement et zoomer : ça réduit l’angle de lumière qui tape directement dans l’objectif, donc moins de flare chaotique.
- Incliner très légèrement l’appareil (vers le haut, le bas ou en diagonale) pour trouver le point où la lumière fait un joli halo sans tout laver.
Je le fais souvent en mode “danse du photographe” : deux pas à gauche, un peu plus bas, je relève, je tourne… et là, magie, la lumière se pose bien.
Flare, halos, rayons : quand les “défauts” deviennent jolis
Le contrejour, c’est aussi accepter que la lumière fasse un peu sa vie. Plutôt que de lutter, tu peux décider d’en jouer.
1. Le flare contrôlé
Le flare, ce sont ces tâches de couleur ou ces voiles laiteux qui apparaissent quand la lumière entre directement dans l’objectif.
Pour le dompter :
- Place le soleil à la limite du cadre, et bouge d’un millimètre : parfois, une petite inclinaison suffit pour transformer un flare moche en léger voile poétique.
- Si tu as un pare-soleil, teste avec et sans : parfois, sans pare-soleil, ça donne une ambiance plus “ciné”.
2. Le halo autour du sujet
Pour ce halo doré :
- Place ton sujet devant la source de lumière, de manière à ce que le soleil soit juste derrière sa tête, ses oreilles, ses cheveux…
- Laisse une fine bordure lumineuse apparaître : pas besoin d’avoir le soleil en plein champ.
Si tu photographies un animal, par exemple, tu verras les poils du dos ou des moustaches s’illuminer : c’est magnifique en fin de journée.
Des idées toutes simples de scènes parfaites pour débuter
Si tu veux t’entraîner sans te casser la tête, voici quelques scènes qui marchent presque à tous les coups :
- Une personne ou un animal devant une fenêtre très lumineuse.
- Des feuilles d’arbres avec le soleil derrière, surtout en automne ou au printemps.
- Un vélo, un banc, une silhouette au bord d’un lac ou de la mer au coucher du soleil.
- La vapeur : café fumant, casserole, théière… avec une source lumineuse derrière.
- Des cheveux bouclés ou frisés au soleil (ou une barbe, ça marche aussi très bien).
Exercice simple pour progresser :
- Tu choisis une scène (par exemple : un ami devant une grande fenêtre).
- Tu fais 3 versions :
- silhouette (expose pour l’extérieur),
- portrait équilibré (expose pour le visage),
- version très lumineuse (tu surexposes légèrement pour un rendu doux et clair).
- Tu compares ensuite : qu’est-ce que tu ressens avec chaque version ? Laquelle raconte le mieux ce que tu voulais dire ?
Un mot sur la retouche : sublimer sans trahir
Même les pros ne sortent pas “la photo parfaite” tout droit de l’appareil. En contrejour, une petite retouche peut vraiment faire ressortir la magie.
Sur ton smartphone ou un logiciel simple (Snapseed, Lightroom mobile, ou même l’appli photo d’origine), tu peux jouer avec :
- Les hautes lumières : baisse-les un peu pour récupérer des détails dans le ciel.
- Les ombres : remonte-les légèrement si ton sujet est trop sombre.
- La chaleur de la couleur (température) : un peu plus chaud donne une ambiance dorée, un peu plus froid, quelque chose de plus dramatique.
- Le contraste : avec parcimonie. Trop, et tu perds la douceur du contrejour.
Astuce que j’aime bien :
- Ajouter un chouïa de vignettage (les bords plus sombres) peut aider à guider l’œil vers la lumière au centre.
Tu peux te fixer une petite règle perso : “Si je passe plus de 2–3 minutes par photo, je suis en train de la sauver, pas de la sublimer.” C’est souvent un bon indicateur.
Oser rater des photos pour réussir de vrais moments
La vérité, c’est que le contrejour est un terrain de jeu. Tu vas en rater, parfois beaucoup. Tant mieux : chaque raté t’apprend quelque chose sur la lumière.
Ce que je te propose pour ta prochaine sortie :
- Choisis un moment (matin tôt ou fin d’après-midi).
- Décide d’avance : aujourd’hui, je cherche des silhouettes / des halos dorés / des reflets.
- Fais plein d’essais en bougeant : deux pas à gauche, un genou au sol, appareil légèrement incliné.
Tu verras qu’à force, tu arrêteras de “subir” le soleil. Tu commenceras à le placer, à le cacher, à le doser comme un ingrédient.
Et le plus beau, c’est que cette manière de voir la lumière, tu ne la perdras plus, même sans appareil. Tu commenceras à repérer les moments magiques au quotidien : le chat sur le rebord de fenêtre au lever du jour, les silhouettes dans le bus, les enfants qui jouent dans la lumière du soir.
C’est là que la photo devient vraiment un plaisir : quand on ne cherche plus juste à “ne pas rater”, mais à jouer avec la magie du contrejour.
Alors, la prochaine fois que le soleil est face à toi, au lieu de tourner le dos… reste, regarde, bouge un peu. Tu seras peut-être à un pas de ta plus belle image.
La rédaction Dymastyle
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